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Science débats sur la montagne Sainte-Geneviève

Organisé par : Michel Bornens (Institut Curie) et Michel Morange (ENS) et Josette Rouvière-Yaniv (IBPC)

Josette Rouvière-Yaniv (IBPC), Michel Morange (ENS) et Michel Bornens (Institut Curie) organisent une série de conférences de biologie et d’histoire des sciences destinées aux chercheurs et à leurs collaborateurs, aux enseignants et aux étudiants de la montagne Sainte–Geneviève et de la Région parisienne.

Ressources en ligne

  • Paysages biologiques d’hier et d’aujourd’hui (le 21 novembre 2001) — François Gros
    Conférence donnée dans le cadre de Science débats sur la montagne.
  • Les nouvelles maladies infectieuses et comment y faire face (le 29 janvier 2002) — Philippe Kourilsky
    Entre SIDA, tuberculose et charbon, entre épidémies et bioterrorisme, les menaces infectieuses sont partout. Mais où sont les vrais risques? Comment faire usage du fameux Principe de Précaution pour les prévenir ou les contenir?
  • L’utopie de la santé parfaite (le 18 juin 2002) — Lucien Sfez
    Lucien Sfez rend compte dans sa conférence de l’enquête qu’il a mené aux Etats-Unis, en Europe et au Japon sur l’utopie de la santé parfaite.
  • Point(s) de vue de l’Amérique (le 16 décembre 2002) — Doug Brutlag et Simone Manteuil-Brutlag
    Dr Simone Manteuil-Brutlag : Des débuts de la microbiologie en France au bioterrorisme...
    Professeur Doug Brutlag : Génomique et bio-informatique : la médecine du futur
  • Du mongolisme à la trisomie 21: déchiffrage d’une maladie complexe (le 28 janvier 2003) — Jacqueline London-Girard

  • Détermination du sexe : comment et pourquoi (le 25 février 2003) — Marc Fellous

  • Recherche actuelle sur le cancer : sa contribution pour les thérapies futures (le 18 mars 2003) — Olivier Delattre
    Deux observations initiales essentielles sont à la base de l’hypothèse d’une origine génétique du cancer. L’une, effectuée par Paul Broca, chirurgien du XIXe siècle, décrit les premiers cas familiaux de cancers du sein ; l’autre porte sur les expériences réalisées sur les Sufs d’oursin par Theodor Boveri, zoologiste, qui propose un rôle causal des altérations chromosomiques dans le développement du cancer. Au cours des trente dernières années, cette hypothèse a été largement confirmée et affinée par la convergence de travaux portant sur l’étude de pathologies cancéreuses humaines mais aussi, plus indirectement, sur l’exploration de systèmes biologiques modèles. La preuve du concept, montrant que l’étude des lésions génétiques associées au cancer peut déboucher sur de nouvelles approches thérapeutiques est apportée par les travaux récents concernant en particulier la leucémie à promyélocytes et la leucémie myéloïde chronique. Actuellement, la révolution omic et son support bio-informatique, suscite de grands espoirs pour identifier de nouvelles cibles et concevoir de façon rationnelle de nouveaux médicaments. Malgré son caractère séduisant et ses premiers succès remarquables, la route est longue, les essais thérapeutiques doivent être repensés et le haut débit, incontournable, ne doit pas exclure la recherche basée sur l’hypothèse.
  • Cellules souches embryonnaires et adultes : rêve ou réalité? (le 29 avril 2003) — Axel Kahn
    Remplacer les cellules âgées, altérées, dégénérées, malades, par leurs contre-parties fonctionnelles est à la base du rêve de la médecine régénératrice.
  • Y a-t-il une science de la Montagne Sainte-Geneviève ? (le 27 mai 2003) — Michel Morange
    Y a-t-il une science de la Montagne Sainte-Geneviève ? Quelques exemples historiques
  • Louis Pasteur, les vaches folles, les OGM et le charbon (le 18 novembre 2003) — Maxime Schwartz
    Conférence sur la génération spontanée et le travail de Pasteur revu au jour des découvertes récentes sur plusieurs maladies.
  • Le sida : vingt ans après (le 9 décembre 2003) — Marc Girard
    Des progrès considérables ont été accomplis dans le traitement du sida grâce au développement de molécules antivirales dont la combinaison (trithérapie) permet de diminuer spectaculairement la charge virale plasmatique (nombre de copies d’ARN viral/ml de plasma) et de reverser la chute des lymphocytes. Mais ces produits ne sont pas sans effets secondaires, leur utilisation est très contraignante, leur coût est élevé, et ils ne permettent pas d’éliminer le virus de l’organisme.
  • L’usage des savoirs. L’engagement des savants et l’affaire Dreyfus (le 20 janvier 2004) — Vincent Duclert
    L’engagement des savants dans l’affaire Dreyfus s’est fondé sur une éthique des savoirs considérant que la recherche de la vérité exigée par la science valait aussi pour la société, l’Etat et la République.
  • Biologiste et Citoyen (le 16 mars 2004) — Jacques Dubochet
    Conférence donnée dans le cadre du cycle "Science débats sur la Montagne" sur les questions d’éthique, de communication et de sécurité publique en rapport avec le métier de chercheur.
  • Des anneaux de Saturne aux galaxies les plus lointaines (le 18 mai 2004) — André Brahic
    Promenade dans le temps et l’espace, des confins de l’Univers à la banlieue de la Terre, des anneaux de Saturne aux galaxies les plus lointaines.
  • Sauvons la recherche... oui, mais autrement ! (le 12 octobre 2004) — Philippe Lazar
    Coup de chapeau d’abord au mouvement Sauvons la recherche, qui a su brillamment mobiliser le monde de la recherche et nombre de citoyens au printemps et obtenir un heureux redressement de la situation budgétaire catastrophique de 2004. Mais l’avenir est toujours aussi sombre, malgré les promesses, et l’on voit bien aujourd’hui comment les tentatives de récupération du mouvement sont en marche, au détriment de l’avenir d’une recherche toujours en danger, comme le répètent à juste titre, en leit-motiv, les messages de SLR.
    Que faut-il faire ?
  • Un avenir pour le néo-hippocratisme : questions à la bio-médecine (le 16 novembre 2004) — Claire Salomon-Bayet
    Néo-hippocratisme, bio-médecine, deux termes dont la juxtaposition est paradoxale. Le néo-hippocratisme est une expression vieille de plus de deux cents ans, forgée à la fin du XVIIIe siècle, au moment où la science du vivant, appuyée sur la physiologie, la chimie, l’expérimentation, la mesure, se constitue à côté du pouvoir médical, qu’elle peut sembler menacer. La bio-médecine est un néologisme vieux d’un peu plus de trente ans : certains le récusent, il appartient néanmoins à notre modernité, au croisement du biologique et du médical, du laboratoire et de la clinique.
    Aux questions que la philosophie pose à la science, sans pour autant mettre celle-ci en question, la réponse aujourd’hui ne se fait plus en termes de néo-hippocratisme comme naguère, mais en termes d’éthique, de bioéthique dont des lois peuvent être l’expression...Une manière de vouloir discerner le possible, le nécessaire, le souhaitable, pour en revenir aux distinctions stoïciennes ? Une manière de se demander, une fois encore, comme X. Bichat ou comme E. Schrödinger : qu’est-ce que la vie ? Une vie expliquée, pour reprendre un des titres de M. Morange ? Une vie créée, pour citer un de nos contemporains, et non des moindres ? une vie niée, au même titre que la mort, si vivre c’est naître et mourir ?
  • Les microbes : anges-gardiens de la biosphère (le 7 décembre 2004) — Jean Weissenbach
    Depuis plus de trois milliards d’années, les microorganismes, premiers occupants de la planète, ont façonné notre environnement. Ils sont notamment à l’origine de changements majeurs de la composition chimique de la biosphère. Si de tels changements ont été observés au cours des ères géologiques, à l’inverse l’action des microbes à l’échelle de temps de l’histoire humaine est un grand facteur de stabilité. Ce sont eux qui recyclent une grande partie des déchets organiques et minéraux, notamment ceux d’origine humaine. Cette action de recyclage est connue depuis de nombreuses années mais ce n’est que récemment que nous avons réalisé que nous en connaissions qu’une infime fraction (1%) des microbes de notre environnement. Il nous reste aussi beaucoup à apprendre sur leur rôle dans la chimie de la biosphère et peut-être devrions-nous essayer d’imiter certaines de leurs actions.
  • La Biologie va-t-elle changer nos approches diagnostiques et thérapeutiques des cancers ? (le 11 janvier 2005) — Daniel Louvard
    La compréhension des mécanismes moléculaires de la cancérogenèse a ouvert de nouvelles possibilités diagnostiques et thérapeutiques. L’étude des génomes et les analyses génomiques fonctionnelles ou protéomiques offrent des outils nouveaux qui associés aux analyses bio-informatiques permettent d’identifier à partir d’un prélèvement tumoral l’ensemble des mutations présentes dans une tumeur.
    De nouvelles cibles potentielles, pour lesquelles des médicaments ont été façonnés, ont déjà été utilisées chez les patients. Ces nouveaux traitements sont plus spécifiques, plus efficaces et dotés d’effets secondaires réduits, mais il est essentiel de bien choisir leurs domaines d’utilisation.
  • Bio-médecine et philatélie (le 22 février 2005) — Alain Laugier
    Le présentateur invite à voir rapidement une sélection de la collection de timbres-poste qu’il a accumulée en un demi-siècle de passion. Près de deux milliers de vignettes de très nombreux pays du monde évoquent les sciences en général et surtout la biologie et la médecine. Quelques-uns parmi les plus remarquables quant à la raison de leur émission - et parmi les plus artistiques quant au graphisme - seront projetés. Eisnstein, les Curie et Pasteur ont été le plus souvent timbrifiés, presque tous les prix Nobel l’ont été aussi.
  • Protéomique et diagnostic au service de la santé (le 15 mars 2005) — Ed Brody
    Pour détecter dans une population des signes biologiques associés à certaines maladies, ou faire le bilan des réponses à certains traitements ou encore - c’est tout récent - pour faire le choix du traitement le plus adéquat, on effectue l’analyse quantitative de protéines uniques. Cette analyse se fait couramment dans divers liquides physiologiques comme le sang, l’urine, le liquide céphalorachidien ou la salive. Mais, mis à part la mesure de la gonadotropine humaine très utilisée pour diagnostiquer une grossesse, cette quantification de protéines uniques manque de précision et donne souvent des résultats faussement positifs ou faussement négatifs. Par exemple, le PSA (antigène spécifique de la prostate) est couramment utilisé pour détecter les cancers de la prostate, mais les biopsies de la prostate faites chez des hommes n’ayant qu’une légère augmentation de leur niveau de PSA, se révèlent très souvent négatives.
    La construction d’algorithmes permettant de mesurer simultanément plusieurs centaines ou plusieurs milliers de protéines, augmente considérablement la précision des analyses. Avec l’aide de ces algorithmes, de nombreuses approches expérimentales permettent ces recherches mais étant trop difficiles à utiliser ou trop coûteuses, elles ne peuvent pas trouver leur place dans le cabinet du médecin.
    Je vais décrire ici l’utilisation de photoaptamères pour l’analyse protéique multiplexe et vous présenter quelques-unes de ses applications cliniques.
  • Les Républicains espagnols dans la France libre et combattante (1940-1945) (le 5 avril 2005) — Joseph Parello
    Les Républicains espagnols dans la France libre et combattante (1940-1945) : une facette de l’histoire de la France contemporaine.
    La présence des Républicains espagnols dans la France libre à partir de l’été 1940, et dans la France combattante, à partir de l’été 1942, correspond à une donnée historique bien établie. En juillet 1940, en Angleterre, la France libre comptait environ 7.000 hommes, parmi lesquels près d’un millier de Républicains espagnols provenant du corps expéditionnaire franco-britannique en Norvège (printemps 1940), d’autres étant des transfuges de la campagne de France. Une première analyse d’archives des camps d’internement en France (1939-1940), jointe à celle de "journaux de marche" (archives de la Légion étrangère), ainsi qu’une série d’interviews filmées d’anciens légionnaires espagnols, permettent d’aborder une problématique, peu traitée jusqu’à présent, sur les motivations qui firent de ces hommes un groupe spécifique de combattants de la deuxième guerre mondiale s’insérant intimement dans l’histoire de la France contemporaine.
  • Les maladies rares : situations modèles de la recherche médicale (le 7 juin 2005) — Alain Fischer
    Les maladies rares : situations modèles de la recherche médicale. En exemple, des maladies génétiques du système immunitaire
    Les maladies rares représentent un enjeu de santé publique fortement sous-estimé. Elles frappent de façon très diverse près de trois millions de personnes en France, et vingt millions en Europe. Elles sont encore à l’écart des préoccupations de l’Industrie pharmaceutique. Elles rejoignent ainsi en tant que maladies négligées, à l’autre extrémité du spectre des systèmes de santé, les maladies fréquentes des pays pauvres.
    Ces maladies doivent retenir l’attention des chercheurs parce qu’il est impératif d’améliorer la condition de ces patients, mais aussi parce qu’elles constituent des modèles d’études privilégiés des systèmes biologiques. Ces efforts impliquent une volonté politique malheureusement encore bien balbutiante malgré l’action des associations de malades, et une mobilisation internationale - européenne notamment- qui a du mal à se mettre en place.
  • La Science européenne est-elle nulle ? (le 22 novembre 2005) — Claude Allègre

  • Grippe aviaire : menace pandémique (le 6 décembre 2005) — Sylvie van der WERF
    Depuis fin 2003, des virus grippaux A (H5N1) hautement pathogènes ont été responsables d’épizooties associées à une forte mortalité dans les élevages de volailles dans de nombreux pays de l’Asie du Sud-Est et chez différentes espèces d’oiseaux sauvages. Depuis juillet 2005 la circulation de ces virus s’est étendue pour atteindre l’Europe (volailles en Roumanie et en Turquie, cygnes en Croatie). Parallèlement, le virus A (H5N1) a été responsable de 131 cas d’infection chez l’homme dont 68 mortels (Vietnam, Thailande, Cambodge et plus récemment en Indonésie ainsi qu’en Chine (données OMS, 24 novembre 2005). Outre l’homme, le virus A (H5N1) peut infecter différentes espèces de mammifères mais ne fait pas actuellement l’objet d’une transmission active de mammifère à mammifère ou d’homme à homme.
    La possibilité que les virus H5N1 aviaires puissent s’adapter à l’homme soit par acquisition de mutations successives, soit par réassortiment avec un virus humain à l’occasion d’une co-infection fait l’objet d’une surveillance intensive et justifie la mise en place de mesures dans le cadre du plan pandémique.
  • Les nanotechnologies : un champ d’expérimentation sociale (le 10 janvier 2006) — Bernadette Bensaude-Vincent
    Les Nanosciences et nanotechnologies se caractérisent par un mélange des genres. Elles brouillent bien des distinctions qui servaient de repères, entre la science et la fiction, entre science fondamentale et applications, entre le monde académique et celui des affaires, entre science et société enfin. On est en présence d’un nouveau style de recherche promu par des visionnaires qui ont renoncé à maintenir une cloison étanche entre les énoncés de science et les valeurs sociales et culturelles. D’où la décision d’accompagner la « R & D » (Recherche et Développement) par une étude prospective, en amont, de l’impact des nanotechnologies sur l’éthique et la société.
    Quel est le sens des programmes ELSA (acronyme pour « ethical, legal, societal aspects ») mis en place ? Que visent-ils et à quoi nous préparent-ils ? S’agit-il de se préparer à affronter le public au cas où il se montrerait hostile aux nouveaux nanoproduits qui doivent inonder le marché ? Ou s’agit-il de faire participer le public aux choix scientifiques et technologiques ?
    Pour tester la différence possible entre deux modèles de relation au public, il faut aller au-delà des déclarations d’intention pour examiner attentivement les initiatives et mesures prises en divers pays.
  • Heurs et Malheurs du clonage humain (le 31 janvier 2006) — Anne Fagot-Largeault

  • Drogues et processus addictifs : les mécanismes, les approches de prévention et de traitement (le 28 février 2006) — Bernard Roques
    Les drogues agissent sur le système nerveux central par des mécanismes fondamentaux similaires en changeant nos états de conscience et en entraînant potentiellement un état de dépendance avec recherche compulsive du produit en question. Ces substances (y compris l’alcool) agissent sur des cibles physiologiquement activées par des effecteurs endogènes. C’est le cas par exemple de l’héroïne qui stimule de manière ubiquitaire le système de nos morphines internes (enképhalines). Celles-ci ont un rôle physiologique critique dans des comportement essentiels à la vie tels que la sexualité, la prise alimentaire, les conduites d’adaptation, etc. De tels comportements sont associés à une stimulation puissante de la voie dopaminergique mésolimbique et à une sensation de plaisir visualisée par neuroimagerie. Les pulsions issues de l’activation de ce système hédonique sont à la fois équilibrées par des mécanismes de contre-action et chez les espèces supérieures par le système cortical. L’utilisation de souris dépourvues des cibles des drogues (KO) a permis de démontrer le rôle majeur du système opioïde dans les processus addictifs. Il reste que le passage de l’abus à la dépendance est fortement tributaire de facteurs génétiques et environnementaux.
    Les modifications biochimiques qui sous-tendent les processus addictifs et la thérapeutique de la dépendance seront discutées. La dangerosité des drogues est inégale à cause de leurs effets différentiels sur la santé de l’individu lui-même, sa descendance et son environnement.
  • Ni dieu, ni maître dans l’évolution (le 14 mars 2006) — André Langaney
    La théorie de l’évolution a mis, en Europe, quatre siècles à émerger comme représentation scientifique de l’histoire de la vie, malgré les persécutions religieuses et l’opposition des fondamentalismes monothéistes. Dans cette histoire, il convient de restituer à chacun sa contribution, souvent obscurcie par les censures et les stratégies de communication scientifique des auteurs.
    Les terrains de bataille ont beaucoup changé et varient encore du fondamentalisme le plus borné jusqu’au prétendu "intelligent design". Dans cette affaire, les torts des scientifiques sont souvent de chercher, eux aussi, à répondre à des questions hors du champ de la science, d’accepter un terrain de lutte idéologique qui n’est pas le leur, d’employer les méthodes approximatives et émotionnelles de leurs adversaires, souvent avec moins de talent. Ceci quand ils ne cherchent pas l’argument de l’autorité d’illustres "maîtres" du passé ou contemporains, à qui l’on prête sans cesse des découvertes ou des problématiques qui ne furent pas les leurs.
    La recherche de "dieu(x)" par des méthodes scientifiques a commencé bien avant l’établissement de la théorie actuelle de l’évolution et les errements teilhardiens. Des variantes récentes ont clamé son succès par suite de l’observation des chromosomes des anthropomorphes, de conjectures mathématiques sur la probabilité de l’oeil, sur les fossiles, les phylogénies moléculaires ou le sphénoïde des primates. Les plus aberrants des "chercheurs" concernés n’hésitent pas à nous prédire un futur lointain que même nos lointains descendants auront du mal à mettre à l’épreuve ! Les dieux et leurs variantes sont décidément des hypothèses trop complexes, non réfutables et non conformes au statut moderne de la science.
  • Thérapie génique : grandeur et misère des biothérapies (le 14 novembre 2006) — Olivier Danos
    Conférence introduite par Moshe Yaniv.
    La mise au point de thérapies géniques, cellulaires ou vaccinales suppose l’existence de technologies qui permettraient de reprogrammer, de régénérer ou d’éduquer le vivant. Ces biothérapies misent donc sur une plasticité des systèmes biologiques que notre science s’efforce de décrire, mais peine à maîtriser. Les concepts et les pratiques des biologistes permettent-ils de prédire le comportement des systèmes vivants de manière suffisamment précise et fiable ? Est-ce nécessaire ? L’ingénieur des processus vivants peut-il faire mieux que l’évolution dont on a dit qu’elle bricolait ?
    Nous évoquerons ces questions à l’occasion d’une revue des ambitions et des réalisations de la thérapie génique.
  • Diversité du génome humain : de l’histoire des populations aux maladies infectieuses (le 19 décembre 2006) — Lluis Quintana-Murci
    Différents processus d’ordre environnemental, démographique et sélectif, ainsi que des forces socio-culturelles et des modes de vie particuliers, influencent la variabilité génétique des populations humaines. L’étude de la variabilité du génome humain nous permet de mieux comprendre l’histoire de notre espèce, l’étroite relation entre l’homme et les microbes et, à terme, de faciliter l’identification des gènes responsables de maladies complexes.
    Comment peut-on utiliser la variabilité du génome humain pour mieux comprendre l’origine et les migrations humaines ? En étudiant cette variabilité génomique, peut-on déchiffrer la façon dont les microbes ont influencé notre patrimoine génétique ? En utilisant une approche de génomique des populations nous allons voir comment on peut mieux comprendre l’origine et l’histoire démographique de notre espèce et comment l’adaptation de l’homme aux pathogènes a influencé la diversité génétique des populations humaines.
  • L’information publique, ou comment des voisins indiscrets peuvent conduire à l’évolution culturelle (le 30 janvier 2007) — Étienne Danchin
    La première partie, très illustrée, sera une mini-revue des arguments démontrant l’utilisation de l’information publique chez de nombreux êtres vivants, plantes inclues. La deuxième partie visera à préciser la question de l’évolution culturelle, et à la relier à des questions fondamentales de la biologie évolutive.
  • L’histoire de la mortalité du paléolithique à nos jours (le 13 février 2007) — François Taddeï
    L’évolution de l’espérance de vie depuis le paléolithique montre de grandes variations avec des reculs importants probablement associés à de grandes pandémies ; le point le plus bas étant historiquement associé à la Rome antique où l’espérance de vie était pour les habitants de la capitale de l’Empire, de 15 ans seulement ! Pour les femmes françaises cette espérance de vie a plus que triplée depuis le 18ème siècle. De manière surprenante, cet accroissement est d’une très grande régularité puisqu’on gagne ici un an tous les 4 ans depuis au moins 160 ans. Les causes extrinsèques de mortalité (liées par exemple aux maladies infectieuses, aux guerres, aux famines, etc..) étant vaincues les unes après les autres, on observe aujourd’hui que la croissance de la probabilité de mourir avec l’âge est exponentielle, doublant tous les 8 ans, de 10 à 90 ans pour les femmes françaises. Ces régularités étonnantes sont à ce jour inexpliquées. Nous discuterons de ces grandes tendances, de leurs causes possibles et de leurs conséquences.
  • Tout va très bien Madame la Marquise : le Pacte pour la Recherche (le 20 mars 2007) — Francis-André Wollman
    En cette période de campagne présidentielle, l’importance de la recherche pour l’avenir du pays est évoquée avec plus de force qu’en 2002. Ce résultat indéniable de la mobilisation des chercheurs de l’année 2004 est-il son seul aspect positif ? Le Pacte pour la Recherche doit-il être considéré comme un dispositif destiné à affaiblir la Recherche publique ou comme un moindre mal ? Quelle est la part des difficultés rencontrées par les chercheurs auprès des pouvoirs publics qui relève de désaccords politiques ou d’incompréhensions culturelles entre deux univers professionnels éloignés ?
  • Gènes, synapses et autismes (le 3 avril 2007) — Thomas Bourgeron
    L’autisme n’est plus considéré comme une entité unique, mais plutôt comme un ensemble de troubles que l’on nomme « les troubles du spectre autistique » (TSA). Les TSA sont caractérisés par des troubles de l’interaction sociale et du langage, et la présence de comportements répétitifs et stéréotypés. Les études épidémiologiques estiment qu’environ un enfant sur 166 est atteint de TSA. Dans 10-25 % des cas, les TSA sont associés à des maladies génétiques connues, comme la sclérose tubéreuse et le syndrome de l’X fragile; cependant, dans la majorité des cas, l’étiologie de l’autisme demeure inconnue. Très récemment, certaines voies biologiques ont été identifiées mettant en cause des gènes (NLGN3/4, SHANK3, NRXN1) impliqués dans la formation et le maintien des connections neuronales (1-4). Sur la base de ces résultats encourageants, de nouvelles études, qui utilisent à la fois des approches génétiques, neurobiologiques et d’imagerie cérébrale, sont actuellement en cours. Les résultats de ces analyses devraient nous permettre à la fois de mieux comprendre ce syndrome complexe qu’est l’autisme, mais aussi de nous renseigner sur les origines du langage et la communication sociale, des processus influencés par les gènes et l’environnement.
    Références :
    1. Jamain S, et al. Mutations of the X-linked neuroligins NLGN3 and NLGN4 are associated with autism Nature Genetics (2003) 34, 27-29.
    2. Durand C, et al.Mutations of the synaptic scaffolding protein SHANK3 are associatedwith autism spectrum disorders.NatureGenetics (2006) 39:25.
    3. Belmonte MK and Bourgeron T. Fragile X Syndrome and Autism at the Intersection of Genetic and Neuronal Networks. Nature Neuroscience (2006) 9:1221-1225.
    4. Persico A. and Bourgeron T. Searching for ways out of the autism maze: Genetic, epigenetic, and environmental clues. Trends in Neurosience (2006) 29, 349-358.
    5. The Autism Genome Project Consortium. Mapping autism risk loci using genetic linkage and chromosomal rearrangements Nature Genetics. 2007 39:319-28.
  • Mucoviscidose et cancer. Quels liens ? (le 26 juin 2007) — Jean-Yves Lallemand
    À partir d’une observation clinique curieuse et de recherches à caractère fondamental sur la protéine dont certaines mutations sont responsable de la mucoviscidose, nous avons exploré une stratégie alternative basée sur l’activation, par un traitement médicamenteux, de l’expression de protéines voisines de la protéine déficiente et susceptibles de la remplacer partiellement au niveau de ses fonctions. Il se trouve que ces protéines sont également responsables de la résistance de cancers à la chimiothérapie...
  • La recherche en Biologie en France : état des lieux, organisation et perspectives (le 6 novembre 2007) — Frédéric Dardel

  • Les OGM en question : la recherche, l’expertise et le « Grenelle de l’environnement » (le 11 décembre 2007) — Bernard Chevassus-au-Louis et Marc Fellous
    Le débat sur les OGM mêle différents questionnements que nous essaierons de distinguer :
    Les OGM précieux outils de recherche qui ont valu le prix Nobel de Médecine cette année ;
    Les risques sanitaires et environnementaux liés à la culture ou à la consommation d’OGM et la capacité de la Science à les appréhender ;
    Le processus d’expertise, dans ses règles, ses critères et ses participants ;
    Le modèle économique et le type d’agriculture à promouvoir en Europe ;
    Les questions socio-éthiques autour des questions d’appropriation et de «manipulation» du vivant et du droit à l’information.
  • Once more, scientists are embroiled in arguments about race and genetics (le 8 janvier 2008) — Jon Beckwith
    Les scientifiques s’embrouillent, une fois de plus, au sujet de la race et de la génétique !
  • Marqueurs génétiques, maladies à révélation tardive et médecine : où allons-nous ? (le 11 mars 2008) — Dominique Stoppa-Lyonnet
    Les connaissances acquises ces quinze dernières années ont permis d’identifier la plupart des gènes impliqués dans les maladies mendéliennes (mono-géniques) à révélation tardive, en particulier les prédispositions aux cancers et aux maladies neuro-dégénératives.
    La pratique médicale est en train de changer : les consultants ne sont plus des malades, mais des personnes en bonne santé – dites à risque ; ’consentement’ et ’décision partagée’ vont devenir les mots-clefs de cette nouvelle médecine. Ce sera cependant une médecine à haut(s) risque(s) – transfert trop rapide dans la pratique médicale de tests non validés, tests générateurs d’anxiété, dérives commerciales, discrimination, eugénisme.
    Nous tenterons de voir comment être attentifs au progrès des connaissances et de leurs applications médicales tout en évitant les pièges correspondants.
  • Que nous faut-il pour construire une bactérie synthétique ? (le 6 mai 2008) — Antoine Danchin
    La comparaison de très nombreux génomes bactériens conduit à voir ces organismes comme des machines de Turing qui sauraient se reproduire. L’analyse du programme génétique – le génome – sépare ce dernier en deux grandes fonctions, celles qui permettent de dérouler et de perpétuer la vie, et celles qui permettent de vivre en contexte. Ce sont les premières que nous devrons identifier et reconstituer pour construire une bactérie synthétique, et le cas échéant, en changer la nature matérielle, tout en en gardant les règles de construction et la dynamique.
  • Sociétés savantes, académies, … qu’en faire ? (le 10 juin 2008) — Édouard Brezin
    Une comparaison de ces ONG scientifiques que sont les sociétés savantes et les académies dans quelques pays permet de réfléchir sur notre organisation et sur le poids de notre communauté scientifique dans l’opinion et vis-à-vis des pouvoirs publiques. Durant cette période de changements de l’organisation de la recherche en France, il convient de s’interroger sur les moyens dont les scientifiques disposent pour exprimer leur point de vue.
  • Relire Darwin : le meilleur moyen de défendre la théorie de l’évolution (le 25 novembre 2008) — Michel Morange
    Relire Darwin, en particulier L’origine des espèces qui représente le livre central de son œuvre, est un des meilleurs moyens pour défendre correctement la théorie de l’évolution. Non que L’origine des espèces contienne tous les développements de la biologie évolutive qui sont intervenus pendant le XXe siècle, ni que Darwin ne se soit pas trompé. Mais cette lecture fait comprendre toutes les difficultés que Darwin rencontre pour introduire une théorie aussi révolutionnaire que celle de l’évolution par sélection naturelle, ainsi que le soin et l’honnêteté avec lesquels il décrit les faits qui s’opposent à son modèle, et les théories concurrentes. Darwin n’exclut aucun mécanisme pour l’évolution, mais privilégie l’action de la sélection naturelle.
  • Pourquoi une autorité pour la qualité et la sécurité des soins ? (le 10 février 2009) — Laurent Degos
    Comment apporter une vision scientifique pour améliorer la qualité des soins ? La Haute Autorité de santé évalue scientifiquement, recommande et agit pour plus de qualité. Mais la qualité vue par l’individu est-elle la même que celle vue par la collectivité ? Comme toujours en science, on doit décrire l’existant, chercher les mécanismes évolutifs et agir sur ces mécanismes. Cette fois, pourtant, il ne s’agit pas d’expérience dans un laboratoire, mais de la population française.
  • La révolution biophysique vue par un biologiste (le 17 mars 2009) — Antoine Triller
    Depuis quelques années, les frontières entre les différentes sciences naturelles s’estompent. La complexité et la matière du vivant sont devenues des sujets intéressants pour les physiciens. Les techniques et les concepts autrefois réservés aux physiciens sont maintenant entre les mains des biologistes. La transdisciplinarité est devenue une réalité dans la pratique expérimentale. Des progrès spectaculaires sont à attendre aux frontières des disciplines classiques que sont la biologie, la physique, la chimie et les mathématiques. Il y a là une modification radicale de l’approche de la complexité du vivant grâce à une convergence de théories, de méthodologies et de pratiques de recherche. Tous les champs de la biologie sont concernés : biologie moléculaire, biologie cellulaire, neurobiologie, cancérologie, etc. J’en illustrerai un aspect au travers de mon expérience de neurobiologiste.
  • Une définition axiomatique et matérialiste de l’âme (le 6 avril 2009) — Philippe Lazar
    Ce titre se veut la justification formelle d’un exposé qui, en fait, tranche quelque peu avec la teneur scientifique habituelle des réunions de Science Débats. Son contenu est en effet plutôt d’ordre philosophique. Toutefois, la démarche proposée a quelque chose qui relève de la pensée mathématique : on part de la définition qualifiée d’axiomatique (c’est-à-dire non susceptible de donner lieu à "démonstration") d’une entité purement matérielle à laquelle, sur la base d’une argumentation, on attribue le nom d’âme et l’on déduit "logiquement" de cette définition de multiples conséquences. Celles-ci ont trait à la personne (sa définition et son émergence lors de la phase embryonnaire de tout individu), à la culture (au sens anthropologique du terme, et notamment à ses manifestations "communautaires"), à la mort, à la liberté...
  • Les grands défis de la neuroscience au XXIe siècle (le 30 novembre 2009) — Jean-Pierre Changeux
    Attention : l’École normale supérieure présente ses excuses pour le fait que les dix premières minutes de l’exposé de Jean-Pierre Changeux font défaut dans l’enregistrement. Le document d’accompagnement (format .pdf) permet toutefois d’en reconstituer la teneur.
  • Les femmes dans les sciences : pourquoi sont-elles si peu nombreuses ? (le 1er février 2010) — Petra Rudolf
    Les femmes exercent-elles leur métier de chercheur différemment des hommes ? La productivité des femmes chercheurs est-elle jugée de la même façon que celle de leurs collègues masculins ? Les femmes évaluent-elles le succès scientifique d’une façon différente ? J’apporterai une réponse à ces trois questions en m’appuyant sur des études comparatives réalisées en Europe, aux États-Unis et au Japon. Ces études concernent le processus d’évaluation des publications par les pairs, le nombre d’articles publiés par les chercheurs hommes et femmes, et leur comportement pendant les entretiens de sélection. J’aborderai la façon dont les femmes scientifiques se considèrent elles-mêmes et la façon dont elles sont considérées, ainsi que les différences d’interaction entre les environnements familial et professionnel pour chacun des scientifiques des deux sexes. À la lumière des tendances qui se dégagent de ces études, je proposerai aussi quelques mesures pour passer, après la prise de conscience, aux actes qui favorisent la parité hommes-femmes dans le monde de la recherche.
  • Effets de faibles doses d’agents génotoxiques : réalités ou quête du Graal ? (le 15 février 2010) — Ethel Moustacchi
    La détection des dommages de l’ADN, l’analyse de leur devenir et de leurs conséquences mutagènes et cancérigènes, lors d’expositions à de fortes doses d’agents physiques ou chimiques génotoxiques, sont à la base de l’établissement des relations quantitatives "dose-effet" : les diverses réglementations internationales en découlent. Or les risques éventuels associés aux expositions à de faibles doses sont difficiles à établir et leurs évaluations font encore l’objet de controverses, car elles résultent d’extrapolations théoriques des fortes aux faibles doses. La sur-estimation ou sous-estimation des risques peut conduire à des coûts insupportables et inutiles ou, inversement, à de dramatiques insuffisances de protection des populations.
    L’évaluation des effets biologiques des radiations ionisantes constitue un paradigme de gestion des risques en situation d’incertitude scientifique. Divers événements cellulaires et moléculaires sont à présent détectables à des doses à peine supérieures à celles du bruit de fond naturel, et l’on constate que l’expression de gènes diffère à forte et faible dose et selon le mode d’administration de celle-ci (par exemple, chronique vs fractionnée, etc.). La réglementation internationale admet actuellement une relation dose-effet linéaire sans seuil. La manière dont l’acquisition de nouvelles données pourrait permettre de revoir ou non les politiques réglementaires fera l’objet de ce débat.
  • L’hôpital malade de la rentabilité (le 22 mars 2010) — André Grimaldi
    Notre système de santé connaît une triple crise, de démographie, d’adaptation et de financement. C’est la conjonction de ces trois crises qui en fait la gravité potentielle.
    1. Une crise démographique, conséquence d’un numerus clausus prolongé pendant vingt-cinq ans, ayant entraîné la réduction de la formation du nombre de médecins de 8500 à 3500 par an, nécessitant l’importation de 10000 médecins étrangers. Cette politique, qui faisait consensus, a été d’autant plus délétère qu’elle ne s’est accompagnée d’aucune modification de notre système de soins. Au contraire : le numerus clausus médical s’est doublé d’un numerus clausus pour les infirmières auxquels est venue s’ajouter l’application des 35 heures.
    2. Une crise d’adaptation du système de santé, et en particulier des hôpitaux, aux conséquences du progrès de la médecine, aux changements des pathologies, aux modifications des besoins des populations et aux changements des conditions de travail des professionnels. Cette évolution de la médecine se fait dans un double sens : d’une part, une spécialisation accrue secondaire aux progrès scientifiques et techniques, nécessitant de regrouper les moyens et de définir des filières de soins, et d’autre part, le développement des pathologies chroniques, en particulier chez les personnes âgées, nécessitant une prise en charge à la fois globale et pluridisciplinaire. Une réforme du système de santé devrait avoir pour fil à plomb cette distinction entre les pathologies aiguës et les gestes techniques d’une part, et la prise en charge des maladies chroniques d’autre part. Ce ne sont pas les mêmes modes de prise en charge, ni les mêmes modalités de suivi, ni les mêmes relations médecin-malade, ni les mêmes relations médecins-paramédicaux. Cela ne devrait pas être le même mode d’organisation et surtout de financement. Or, tout est pensé à partir du modèle des maladies aiguës et des gestes techniques qui facilitent la quantification et en conséquence la marchandisation.
    3. Une crise de financement. L’augmentation des coûts de la santé nécessite une régulation. La régulation par les professionnels et les malades citoyens est insuffisante. Il faut donc définir en alliance avec eux une régulation publique, effective, traquant les gaspillages nombreux (coût du marketing de l’industrie, non respect du "juste soin au juste coût", etc.), ou bien faire confiance au marché. C’est cette dernière solution qui a été choisie par les décideurs influencés par le néolibéralisme. Ils mettent donc en place progressivement les conditions pour créer un marché : changement de vocabulaire, création de la T2A (Tarification à l’activité), mise en place progressive d’une convergence tarifaire "public/privé", partenariat "public/privé", changement de statut des professionnels puis des hôpitaux eux-mêmes, augmentation du reste à charge pour les patients et de la part de financement par les mutuelles et assureurs privés, qui demandent en échange de participer à l’organisation des soins. Pourtant, comme l’ont montré toutes les expériences historiques et comme le montre le modèle américain, le marché ne peut pas répondre aux exigences des besoins de santé pour la bonne raison que le patient n’est pas un client averti ayant choisi d’être malade, et que les besoins de santé sont infinis, du moins si on adopte la définition de la bonne santé de l’OMS : "un état de bien être, non seulement physique, mais social et psychologique". Il s’agit donc d’un marché potentiellement illimité, totalement manipulable. La logique de cette politique néolibérale est d’aboutir à une "coproduction franco-américaine", gardant du système français le financement solidaire pour les plus pauvres, et pour les cas les plus graves et les plus chers, et ouvrant à la libre concurrence entre les assureurs privés, les mutuelles et la Sécurité sociale transformée en assurance publique, l’ensemble des "soins ordinaires". On passera du "à chacun selon ses besoins" au "à chacun selon ses moyens et selon ses risques". Un rêve pour les assureurs et les nouveaux managers, un cauchemar pour les patients et pour les médecins.
  • Science et idéologie : opposition ou complémentarité ? (le 10 mai 2010) — Raymond Pictet
    Plus que jamais, l’espèce humaine se trouve confrontée à une série de problèmes dont la solution semble faire appel à la "connaissance scientifique". Celle-ci n’a jamais été aussi grande ni aussi accessible. On s’attendrait donc à voir se développer un pouvoir décisionnel de la science (ce qui est prouvable) et des scientifiques. Or c’est l’inverse qui se produit. En effet, dans le traitement de nombreuses questions de société, des OGM aux nanotechnologies en passant par le climat, l’idéologie semble l’emporter sur la raison. Cet antagonisme est-il intrinsèque à la "nature biologique" de l’être humain ?

Organisateurs

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Michel Bornens (Institut Curie)

Michel_Morange

Michel Morange (ENS)

Michel Morange, biologiste moléculaire et historien des sciences, est professeur à l’université Paris-VI et à l’ENS (laboratoire de génétique moléculaire), à Paris. Chercheur au département de biologie de l’Ecole normale supérieure, Michel Morange est spécialiste de la structure, de la fonction et de l’ingénierie des protéines. Ses travaux portent également sur l’ADN et sa structure.

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Josette Rouvière-Yaniv (IBPC)

En savoir plus sur le cycle...

Les conférences ont lieu à l’École normale supérieure (salle Dussane) un mardi par mois à 18h30 depuis l’année 2001-2002.
Le programme des prochaines séances est disponible sur le site de l’Association de la montagne Sainte Geneviève.


Conférences, débats et tables rondes

Éthique à l’ENS

Éthique à l’ENS, avec le comité d’éthique de l’INSERM

4e Conférences Pierre Duhem

Autour du livre "Zones humides du littoral français" (F. Verger)

Conférence organisée par les Archives Husserl.

Conférence-débat Neurosciences : essor et enjeux

Conférences "Colloquium de l’ENS"

Conférences de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) à l’ENS

Conférences de la Semaine du cerveau

Conférences de rentrée 2001

Conférences de rentrée 2002

Conférences de rentrée 2003

Conférences de rentrée 2004

Conférences de rentrée 2005

Conférences de rentrée 2006

Conférences de rentrée 2007

Conférences de rentrée 2008

Conférences de rentrée 2009

Conférences des Docteurs "honoris causa" de l’ENS, 2003

Conférences du Club Montagne Sainte-Geneviève

Conférences exceptionnelles

Conférences Jean-Nicod de philosophie cognitive

Conférences Pierre Duhem

Conférences-débats de l’Association Emmaüs et de l’École normale supérieure

Cycle de conférences Changement climatique

Département des sciences sociales

Formation continue : Programme de l’École d’économie de Paris

Journée de chimie : La chiralité

Journée Georges Bram 2009 (7e conférences en histoire des sciences et épistémologie)

Journée Georges Bram 2010 (8e/9e conférences en histoire des sciences et épistémologie)

Journée L’histoire de l’art, de l’Université à l’École (INHA)

Journée Typologies et analyse spatiale de l’âge du Fer européen

Journées de chimie : Les processus biologiques sous le regard des chimistes

La rentrée des revues

Les conférences d’Alain Badiou

Les conférences de l’association EcoCampus

Les débats de l’École d’économie de Paris

Les Invités d’Ulm

Les jeudis de l’archéologie

Les lundis de la philosophie

Open Forum à l’Observatoire de Paris

Projection-débat "DADVSI : Quelle liberté numérique ?"

Regards de physiciens

Rencontres autour du livre à l’ENS

Rencontres des Éditions Rue d’Ulm et des Bibliothèques de l’ENS

Rencontres EIST 2008 (Enseignement intégré de science et technologie au collège)

Rencontres EIST 2009 (Enseignement intégré de science et technologie au collège)

Respublica Literaria (Institut européen d’histoire de la République des lettres)

Séminaire d’élèves : Discussion et réflexion politiques à l’ENS

Séminaire de l’Institut de l’École normale supérieure

Science débats sur la montagne Sainte-Geneviève

Semaine de l’histoire 2006 : L’historien et les images

Stage de rentrée : Pratiques actuelles de la philosophie

Une poétique de la pensée