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» Conférences d’après mars 2011 : nouveau site

 

Colloque Jean Deny : Les relations culturelles et scientifiques entre Turquie et France au XXe siècle

Organisé par : Nathalie Clayer (CNRS-EHESS) et Güneş Işıksel (Collège de France) et Emmanuel Szurek (EHESS)

Dans le cadre de la Saison de la Turquie en France, le colloque, fruit d’une collaboration entre l’EHESS (Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques), l’ENS, l’INALCO et l’Institut français d’études anatoliennes (Istanbul), propose une réflexion sur la France et la Turquie au temps de Jean Deny (1879–1963), éminent orientaliste et linguiste. Dans un premier temps, il s’agit d’analyser la réception des savoirs scientifiques français en Turquie à travers des courants d’idées (positivisme, bergsonisme, école des Annales) ou des figures (Georges Dumézil, Albert Gabriel, Henri Prost). L’accent est mis ensuite sur les enjeux diplomatiques associés aux transferts de savoir entre la France et la Turquie, à travers des activités mi-politiques, mi-scientifiques ou des transferts directs dans l’enseignement supérieur turc (science policière, science militaire…). Il s’agit enfin de s’intéresser aux formes de curiosité scientifiques, avec l’autonomisation de la turcologie française, ou profanes, avec l’objectivation de la Turquie dans les milieux journalistiques, littéraires et artistiques français émergeant en France.
Colloque international organisé avec le concours de :
– la Saison de la Turquie en France,
– l’École normale supérieure (ENS Paris),
– l’Institut français d’études anatoliennes (Istanbul),
– le Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (UMR 8032, EHESS-CNRS-Collège de France),
– l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO).
Déroulement du colloque :
– La circulation des savoirs et des savants français dans la Turquie contemporaine
1. Trajectoires de scientifiques français en Turquie (modérateur : Francis Prost, Paris I)
2. Courants de pensée et appropriations disciplinaires (modérateur : François Georgeon, CNRS/EHESS)
– Science et diplomatie, coopération scientifique et rivalités internationales
1. À l’ombre des tensions européennes : militaires et archéologues français en Turquie (modérateur : Gilles Pécout, ENS)
2. Français dans l’Université turque (modérateur : Francis Richard, BULAC)
– Autour de Jean Deny : pratiques profanes et savantes de la Turquie en France
1. De l’Orient à la "Turquie nouvelle" : inventaires (modérateur : Pierre Chuvin, Paris X)
2. De l’orientalisme à la turcologie, genèse sociale et intellectuelle d’une discipline (modérateur : Gilles Veinstein, Collège de France/EHESS)
3. La turcologie française après Jean Deny (modérateur : Jean-Louis Bacqué-Grammont, CNRS/Société asiatique)

Ressources en ligne

  • Introduction du colloque Jean Deny (le 26 mars 2010) — Nora Şeni, Huguette Chuvin, Nathalie Clayer, Jacques Legrand, İlber Ortaylı, Gilles Pécout et Emmanuel Szurek
    • Ouverture du colloque : accueil par Gilles Pécout (École normale supérieure)
    – Jacques Legrand, président de l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO)
    – Nathalie Clayer, Centre d’études turques et ottomanes (CNRS-EHESS)
    – Huguette Chuvin, Saison de la Turquie en France
    – Nora Şeni, Institut français d’études anatoliennes (CNRS-Ministère des affaires étrangères)
    • Allocution d’ouverture : İlber Ortaylı (Musée de Topkapı)
    • Présentation du colloque : Emmanuel Szurek (EHESS)
  • Albert Gabriel et les Turcs (1908–1956) (le 26 mars 2010) — Pierre Pinon
    Architecte de formation, Albert Gabriel (1883-1972) a connu sa première expérience archéologique en travaillant sur le chantier de Délos de 1908 à 1911. Mais il découvre la Turquie dès 1908, et commence alors pour lui une carrière d’"orientaliste" et une vie d’ami de la Turquie. En 1912, il publie dans la Revue socialiste un article intitulé "Les Turcs et l’opinion" dans lequel il tente, à l’instar de Pierre Loti et Claude Farrère, de réhabiliter dans l’opinion française la Turquie "humiliée" par ses défaites dans les Balkans. En 1914, dans la même revue, il critique l’occupation italienne de Rhodes. Après de nombreux voyages en Turquie (neuf entre 1908 et 1922), il devient professeur d’histoire de l’art à l’université d’Istanbul en 1926, puis premier directeur de l’Institut français d’archéologie de Stamboul en 1930. De 1926 à 1941, puis de 1946 à 1956, il séjourne en Turquie plusieurs mois chaque année. Il noue des relations avec de très nombreux chercheurs et intellectuels turcs (Reşid Saffet Atabinen, Semavi Eyice, Adnan Adıvar, Ali Macit Arda, Fuat Köprülü) et forme un grand nombre d’étudiants, futurs historiens de l’architecture turque. En 1951, dans le cadre de l’Institut français, il lance une revue au titre bien turc : Anadolu. Ses études sur l’architecture en Turquie qui le mènent à définir une architecture turque, au-delà des distinctions entre seldjoukides et ottomans, flattent le nationalisme turc, même s’il n’est lui-même pas dupe de l’interprétation que l’on fait de son œuvre. Sans doute, il s’en amuse et en joue pour séduire. En 1955, il devient "citoyen d’honneur" des villes de Bursa et d’Istanbul. A son enterrement, à Bar-sur-Aube, fin décembre 1972, assistent le premier conseiller et le premier secrétaire de l’ambassade de Turquie à Paris, en l’absence de tout personnage officiel français.
  • Dumézil. Un Loki en Turquie ? (années 1920–années 1970) (le 26 mars 2010) — Alexandre Toumarkine
    Les travaux de mythologie comparée et la trifonctionnalité indo-européenne développés par Georges Dumézil sont quasiment inconnus en Turquie, mais il n’en est pas tout à fait de même pour les travaux de caucasologie (principalement en linguistique) du savant, menés lors de séjours en Turquie dans la seconde moitié des années 1920, et surtout des années 1950 aux années 1970. En décembre 1925, Dumézil part pour Istanbul. À l’initiative de Mustafa Kemal, et sur le modèle français, vient d’être créée une chaire d’histoire des religions au sein de la faculté de théologie de l’Université d’Istanbul. Prudent face à d’éventuelles réactions des hommes de religion, Dumézil ne parle pas des religions du Livre et demande, dès la seconde année, à ce que la chaire soit transférée à la faculté des lettres. Il restera six ans en Turquie, jusqu’en 1931. Si Dumézil a des difficultés à travailler sur la mythologie indo-européenne, sans bibliothèque personnelle, la Turquie est le lieu et le moment de sa découverte du Caucase. Or c’est en cherchant en vain ces Ossètes, dont la langue appartient au groupe indo-européen, qu’il découvre à partir de 1927 la nombreuse communauté des descendants d’immigrés tcherkesses et daguestanais réfugiés massivement dans l’Empire ottoman depuis les années 1860. À coté de contacts noués à Istanbul même, il se rend dans des villages de 1929 à 1931. C’est bien sûr le cycle des Nartes, dans ses versions tcherkesses, qu’il entend traquer, mais très vite son intérêt dépasse cette première fenêtre, mythologique, pour un travail linguistique. Son objectif devient l’étude des langues caucasiques, une étude non pas livresque des langues mais telles qu’elles sont parlées, et s’attachant en priorité à celles qui sont le moins connues. Il se lance en particulier dans un travail comparatif, entre les langues caucasiques du Nord-ouest, l’adyghe, l’abkhaze et l’oubykh. Les travaux de Dumézil sur les Lazes, qui parlent une langue du groupe kartvélien, ou sur les Hemşin, arménophones musulmans, leurs voisins, travaux lancés dans les années 1930 et qu’il poursuivra dans les années 1960 à la faveur de ses séjours en Turquie, n’auront jamais l’importance de ceux consacrés par lui aux Tcherkesses et aux Oubykhs. En France, dans les années 1930 et 1940, Dumézil continue à travailler sur le Caucase du Nord grâce aux matériaux accumulés en Turquie et à ses relations au sein de la communauté des émigrés politiques arrivés au début des années 1920, après la chute de la République des Montagnards du Caucase du Nord. C’est à l’incitation de l’un d’eux, Aytek Namitok, établi en Turquie, qu’il décide de retourner lui-même en Turquie pour y étudier l’oubykh, en voie de disparition. De 1954 à 1971, Dumézil se rend, régulièrement, le plus souvent l’été, dans les villages, pour y travailler avec les derniers locuteurs de cette langue, au total une trentaine de personnes. Il mènera aussi des travaux sur des dialectes du tcherkesse disparus du Caucase russe, mais conservés dans l’immigration. Il s’appuie, à partir de 1957, sur les missions faites dans le cadre de l’Institut français d’archéologie d’Istanbul.
  • Léon-Henri Prost en Turquie : légendes, vecteurs d’influence et ombres au rayonnement (1937–1951) (le 26 mars 2010) — Jean-François Pérouse
    En refusant les approches trop ethno- et disciplino-centriques, trop hagiographiques ou trop focalisées sur un "homme" coupé, dans toute sa superbe créatrice, de son contexte politique et économique et de ses réseaux, nous nous attacherons à analyser le cas d’un "grand urbaniste français" invité en 1936 par Atatürk en personne en vue de commander à l’aménagement d’Istanbul et qui restera officiellement en poste entre fin 1937 et fin 1950. En premier lieu, à partir des discours qui circulent toujours dans certains milieux en Turquie et qui se répercutent dans d’innombrables écrits, nous nous attacherons à analyser les légendes relatives à L.-H. Prost, qu’elles soient noires ou dorées, qui révèlent la méconnaissance dont souffre cette période de l’histoire de l’aménagement urbain à Istanbul, ainsi que divers processus d’occultation. Ces légendes opèrent des lectures sélectives et fixistes. En un second temps, on s’emploiera à analyser les vecteurs de l’influence de L.-H. Prost, qui sont à la fois institutionnels (la mairie d’Istanbul, l’académie des Beaux Arts, le lycée Galatasaray, la revue Arkitekt) et très personnels (Hüseyin Avni Lifij, Osman Hamdi Bey, Feridun Akozan, Angel Aron, Şemsa Demiren...). En troisième lieu enfin, pour comprendre les occultations et distorsions, on prendra en compte les obstacles à l’influence, dans une période de concurrence entre urbanistes et de sérieuses difficultés financières des pouvoirs publics.
  • Le positivisme et son héritage en Turquie (1895–1923) (le 26 mars 2010) — Enes Kabakçı
    Notre communication se propose de saisir d’une part les conditions dans lesquelles fut introduit le positivisme en Turquie et d’autre part les mécanismes de réinterprétation qui influèrent sur son appropriation par les élites politiques et intellectuelles ottomanes/turques. L’avènement du positivisme en Turquie vers la fin du XIXe siècle relève du processus général de modernisation dans l’Empire ottoman. Les élites modernisatrices ottomanes, en quête d’un remède pour l’"Homme malade", perçoivent la pensée comtienne comme une idéologie modernisatrice et un moyen de s’universaliser. Dans le processus de construction de l’État-nation en Turquie, les idéologues républicains perçoivent le positivisme comme un outil d’analyse sociale ainsi que comme une idéologie pour réformer la société. Aussi bien à l’époque ottomane que républicaine, la pensé comtienne n’est pas importée telle quelle mais réinterprétée et accommodée aux conditions sociales et culturelles du milieu d’accueil. Nous nous focaliserons en particulier sur les idées et l’action politique d’Ahmed Rıza Bey (un des principaux leaders du mouvement jeune turc, membre actif de la Société positiviste et futur président du parlement ottoman) et de Ziya Gökalp (idéologue du nationalisme turc et promoteur d’une sociologie positiviste-durkheimienne en Turquie) et nous parcourrons les publications à tendance positivistes du premier quart du XXe siècle.
  • L’essor du bergsonisme en Turquie : une lecture de la guerre d’indépendance à travers la revue "Dergâh" (1921–1923) (le 26 mars 2010) — Dilek Sarmiş
    L’impact du courant positiviste français du XIXe siècle est un objet d’étude fréquent de l’histoire des idées à la fin de l’Empire ottoman et en Turquie. Outre le fait qu’il reste cependant difficile d’évaluer la nature et l’importance du rôle de ce courant dans l’organisation de la pensée politique des réformateurs turcs – jeunes ottomans puis jeunes turcs -, il apparaît également que l’appropriation des courants de pensée français à la fin de l’Empire ottoman présente des visages variés qui répondent à des particularités du contexte socio-politique du début du XXe siècle. Multiplication du nombre des revues suite à la libéralisation de la seconde période constitutionnelle (1908–13) riche en expérimentations intellectuelles et philosophiques ; réflexions sur une reconstruction identitaire inspirées par la guerre d’indépendance ; redéfinitions de la tradition, de la société et du citoyen ; revendication de valeurs nationales et spirituelles : autant d’éléments qui convergent pour expliquer la place prise progressivement par la philosophie bergsonienne dans les débuts du XXe siècle ottoman. Cette dernière, présentée par l’historiographie comme une composante de la pensée anti-matérialiste, donne corps à des inflexions spiritualistes favorisées par l’aridité du positivisme. Mais c’est surtout la guerre d’indépendance (1919–23) qui est à l’origine d’une réelle diffusion du bergsonisme en Turquie. En effet, l’une des plus importantes revues de cette période de troubles nationaux, Dergâh, parue entre 1921 et 1923, durant la période dite de l’"armistice", fédère autour d’une inspiration bergsonienne et anti-intellectualiste des penseurs et universitaires engagés dans l’urgence historique de la libération. Le bergsonisme turc est donc intimement lié à la guerre d’indépendance, interprétée dans certains articles de ce périodique comme un ébranlement douloureux mais salvateur, propice à une redéfinition indispensable de l’individu et de la société dans la perspective d’une renaissance, d’une révolution nationales.
  • Entre Obst et Chaput : influences européennes et création de l’école turque de géographie (1915–1943) (le 26 mars 2010) — Nicolas Ginsburger
    La première moitié du XXe siècle a été marquée, pour l’espace turc, par des tentatives de modernisation sur le modèle occidental, sous influence allemande et française. La géographie universitaire est un bon exemple, jusqu’ici peu étudié, de ce processus et de ses limites. La constitution d’une école turque de géographie s’est ainsi opérée en deux périodes clairement différenciées, mais toutes deux marquées par la rivalité franco-allemande et par la volonté d’établir, à travers des diplomaties culturelles plus ou moins actives, des liens scientifiques particuliers. Entre le début du siècle et la fin des années 1920, on observe ainsi l’émergence d’un groupe de spécialistes turcs, formés en France, en Suisse ou en Allemagne, accédant à des postes encore rares, mais se multipliant avec l’institutionnalisation de la discipline. Faik Sabri Duran (1882–1943) et Ibrahim Hakki Akyol (1888–1950) furent ainsi les pionniers de la géographie académique turque, le premier ancien étudiant à Paris, le second à Lausanne, tandis que la période de la Première Guerre mondiale vit une tentative, brève (1915–18) mais significative, d’implantation directe de professeurs allemands à Istanbul, avec l’action d’Erich Obst (1886–1981) que nous analyserons. On constate ensuite, dans le cadre des réformes kémalistes, la volonté d’accélérer le processus, par la nomination de deux géographes étrangers : en 1928, le géologue dijonnais Ernest Chaput (1880–1943) devint professeur de géographie physique à Istanbul ; en 1935, le géomorphologue berlinois Herbert Louis (1900–1985) fut appelé à Ankara. Les figures de ces deux géographes relativement peu connus seront ici évoquées à la lumière de sources nouvelles. Leurs itinéraires parallèles (Chaput n’a vraisemblablement jamais rencontré son cadet de 20 ans), leurs actions croisées (mêmes méthodes d’observations sur le terrain, même focalisation sur la géographie physique), leurs présences concurrentes (incarnant la rivalité entre les deux capitales), aboutirent à un résultat commun : en 1943, alors que Chaput et Faik Sabri disparaissaient et que Louis retournait en Allemagne, une nouvelle génération de jeunes géographes turcs prit la main, organisant une société de géographie autonome à Ankara, et un congrès propre de géographie. Peut-on cependant parler à cette date d’une réelle "école turque de géographie" ? Sur quel modèle ? Nous verrons qu’en la matière, à l’issue de cette confrontation franco-allemande feutrée, c’est plutôt l’organisation allemande qui marque la nouvelle communauté disciplinaire, tandis que, du point de vue des connaissances, l’apport français tend à équilibrer une prédominance allemande ancienne, ébranlée par la défaite de 1945.
  • La fondation de l’Institut d’archéologie de Stamboul (1930–1932) (le 26 mars 2010) — Jacques Thobie
    Un difficile accouchement. Quatre essais non transformés : la suggestion de l’archéologue Charles Clermont-Ganneau (1886) ; les initiatives de l’ambassadeur Paul Cambon avec l’archéologue André Joubin et Osman Hamdi bey (1896–98) : opposition intransigeante de l’École d’Athènes ; suggestion de l’archéologue Gustave Mendel (1913) : trop cher ; mise au point sous l’occupation, sous la houlette du général Pellé, après les missions de Maurice Pernot et Charles Diehl, par Charles Picard, docteur de l’École française d’Athènes, d’un projet consistant (1919–22) mais victoire des kémalistes. Le cinquième essai est transformé. En 1929 est inauguré l’Institut allemand d’archéologie. R. Dussaud "qui contrôle tous les leviers de l’archéologie française au Moyen-Orient" propose au retour d’une mission d’installer, dans le bâtiment de l’ancien drogmanat, un institut français d’archéologie permanent, "qui orienterait les recherches concernant la langue turque, les antiquités islamiques et proprement anatoliennes". L’affaire est alors entre les mains de deux amis : Jean Marx, chef de la section universitaire et des écoles au ministère des Affaires étrangères et Albert Gabriel, architecte, archéologue et historien en poste à Strasbourg, premier directeur du futur institut. Seront passés en revue les différents problèmes posés par une telle création : l’articulation des relations entre le ministère (Jean Marx), le futur directeur et les autorités sur place (l’ambassadeur) ; la transformation du drogmanat en institut de recherche : expulser les occupants sans droit, déplacer des cloisons, meubler et recruter une secrétaire permanente, etc. Tâche à laquelle s’attelle, avec succès et sans dépasser les crédits, Albert Gabriel ; la procédure théorique et pratique du choix des pensionnaires et des missionnaires et le choix des personnalités de passage ; la mise en place d’une bibliothèque et d’un projet de publication. L’institut commencera sans bruit ses activités avec un seul pensionnaire (alors que deux postes sont financés) en novembre 1930. L’autorisation de la Turquie ne viendra que le 28 février 1931. L’année 1931–32 sera de rodage avec de nouveau le recrutement d’un seul pensionnaire. L’année 1932–33 fonctionne avec le même seul pensionnaire, mais le directeur peut effectuer avec des collègues choisis d’importantes recherches en Anatolie. Une question se pose, pourquoi ce malthusianisme dans le recrutement ? Quelle est la stratégie du directeur ?
  • La présence archéologique française en Turquie (1912–1939) (le 26 mars 2010) — Nicole Chevalier
    Malgré une tradition très ancienne de recherches sur le terrain, en 1912, l’archéologie française dans l’Empire ottoman traverse une crise. Les autorités scientifiques éclairées sur la gravité de la situation par Gustave Mendel, ancien Athénien et conservateur des Musées impériaux ottomans, tentent avec son assistance de mettre sur pied un programme cohérent de recherches archéologiques. Bien que cette tentative de redressement ait été trop vite interrompue par la guerre, au lendemain de l’armistice de Moudros, les motivations qui ont inspiré ces mesures sont intactes et expliquent l’empressement avec lequel la France s’engage sur le terrain de l’archéologie. Toutefois, dans le cas de l’Anatolie, quand les archéologues expriment leur désir de reprendre effectivement leurs activités de terrain, celles-ci doivent non seulement être conformes aux volontés du nouveau régime instauré en Turquie mais également trouver leur place dans le plan d’ensemble de la recherche archéologique française au Moyen-Orient. Dans ce contexte, à part les travaux conduits dans le cadre du Corps d’occupation français de Constantinople sous la direction de Robert Demangel, un ancien Athénien, et les courtes fouilles de Téos, les archéologues français, contrairement à leurs collègues des autres pays, ne remettent presque pas les pieds en Turquie. Aussi lorsqu’en 1930 René Dussaud, conservateur du département des antiquités orientales du musée du Louvre, se rend à Ankara, il prend conscience de ce désert archéologique et œuvre non seulement pour que des fouilles hittites soient proposées à la France par la Turquie mais pour que le ministère des Affaires étrangères décide de fonder à Istanbul un institut d’archéologie qui pourrait devenir pour les "jeunes savants la porte de l’Anatolie" (R. Dussaud).
  • Mobiliser des compétences linguistiques et culturelles. L’organisation du service de langues dans l’armée française en Orient pendant la Première Guerre mondiale (le 26 mars 2010) — Franziska Heimburger
    Il existe, somme toute, relativement peu de travaux sur le front d’Orient de la Première Guerre mondiale, à l’exception de quelques chantiers très précis, comme sur l’expérience des ANZAC à Gallipoli. Ces travaux font tous l’impasse sur les problèmes linguistiques pouvant surgir à la fois à l’intérieur de la coalition alliée (troupes parlant anglais, français, italien, serbe, russe, grec et les langues des contingents coloniaux) et face à un ennemi linguistiquement divers (turc, bulgare, allemand, hongrois, albanais). Pour soutenir le Corps expéditionnaire d’Orient (qui deviendra par la suite le Corps expéditionnaire des Dardanelles, avant de former l’Armée d’Orient en 1916 et l’Armée française d’Orient à partir d’octobre 1918), l’armée française déploie un effort particulier pour recruter des linguistes compétents, appelés à renforcer les contingents d’Orient, tant pour la coordination entre les alliées que, par exemple, pour l’interrogatoire des prisonniers de guerre. Le témoignage sans doute le plus connu de cet effort demeure les Souvenirs de la guerre en Orient (Paris, Hachette, 1970) de Jérôme Carcopino, qui se trouve à partir de 1916 à la tête du 2e Bureau de l’Armée d’Orient, et qui dirige le corps des interprètes militaires, parmi lesquels se trouve Jean Deny, pour la langue turque. Cette communication explorera les stratégies de recrutement de l’armée à partir des archives militaires conservées au Service historique de la défense, ainsi qu’à partir de nombreux ego-documents, publiés ou non. Quelles populations sont visées ? Par quels moyens l’armée réussit-elle à repérer les locuteurs des langues nécessaires ? Comment le service est-il organisé et à quelles fins ? Ces stratégies, qui répondent en premier lieu à des besoins militaires concrets, en disent long sur la perception par l’institution militaire des spécialistes de langues orientales.
  • Le grand bluff ? La "diplomatie universitaire" française en Turquie (1910–1940) (le 27 mars 2010) — Guillaume Tronchet
    L’"impérialisme académique" français qui, tout au long de la IIIe République, vise à coloniser les postes et les chaires d’enseignement dans les lycées et les universités à l’étranger, doit faire face à un double problème en Turquie : le manque de candidats au départ – une mission en Turquie fait souvent figure d’exil –, ce qui favorise la concurrence étrangère (principalement celle des professeurs et des savants allemands) ; la nécessité, à partir des années 1920, de répondre aux nouvelles exigences des autorités académiques turques qui entendent privilégier l’accueil d’universitaires déjà reconnus dans leur propre pays. Ces contraintes poussent la "diplomatie universitaire" française à jouer la carte d’un bluff permanent, à double tranchant : d’un côté, on présente la Turquie comme un pays de cocagne à des enseignants français qui, une fois sur place, nourrissent de fortes désillusions et peinent même à rentrer en France ; de l’autre, on n’hésite pas à gonfler artificiellement le capital symbolique des candidats français, au risque de froisser les Turcs et de se fermer les portes de leurs établissements une fois le pot aux roses découvert. Au-delà des discours uniformes et consensuels sur le rayonnement culturel de la France à l’étranger, la compréhension du mode d’agir français dans les relations universitaires franco-turques au cours du premier XXe siècle passe par l’étude de ces enjeux académiques et des multiples conflits d’institutions ou de personnes dont ces derniers sont porteurs.
  • Français, Allemands et Suisses dans la réforme de l’Université turque (1908–1933) (le 27 mars 2010) — Günce Berkkurt
    L’analyse de la production et de la circulation des courants scientifiques et des idées pédagogiques en Turquie permet de saisir la genèse de ce qui apparaît a posteriori comme une réforme de l’éducation ou comme une politique publique de l’enseignement. On se propose d’étudier parallèlement l’arrivée d’universitaires européens en Turquie, en nombre croissant jusqu’à la fin des années 1930, et le processus qui aboutit à la recréation de l’université turque. Il s’agira d’analyser les conditions d’institutionnalisation de l’enseignement supérieur à la fin de l’époque ottomane et au début de la période républicaine, en mettant l’accent sur l’œuvre académique ou professionnelle des enseignants français, allemands et suisses. Dans ce contexte, les relations (académiques et politiques) que les professeurs étrangers entretiennent avec le gouvernement et l’université turcs d’une part, avec les universités et les réseaux philanthropiques occidentaux, d’autre part, orientent et conditionnent les stratégies de reproduction des élites en Turquie. La réforme de l’enseignement universitaire se révèle tributaire des stratégies kémalistes de repositionnement de la nouvelle Turquie dans le système politique international. Ainsi se pose la question de savoir comment des transactions entre différents types d’acteurs, engagés dans un espace transnational, peuvent contribuer à définir les politiques nationales, telles que la réforme de l’université, avant même leur prise en charge par le gouvernement.
  • La turcologie avant Jean Deny : la place des drogmans (le 27 mars 2010) — Gilles Veinstein
    Par la valeur et l’abondance de son œuvre, par sa position académique et le magistère qu’il a durablement exercé, Jean Deny a ouvert une nouvelle étape des études turques en France. Consciemment ou non, nous en sommes tous les héritiers. Des études turques ont cependant existé dans ce pays avant Jean Deny. C’est une évidence qu’il convenait de rappeler en apportant modestement quelques précisions à ce sujet. A l’origine, il y a la place de l’Empire ottoman en Europe et la place de la relation franco-ottomane dans la diplomatie française. Les considérations politiques et commerciales et les besoins très pratiques qu’elles ont induits ont été premiers dans l’intérêt pour la langue turque et sa production écrite, et non des motivations proprement scientifiques et religieuses comme pour d’autres "langues orientales", telles que l’arabe, l’hébreu ou le syriaque. C’est à travers l’École des "Jeunes de langue", qui se met en place à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècles, et où le turc est prédominant – ou, plus précisément, à travers certains de ses anciens élèves, devenus "drogmans" et "secrétaires-interprètes", que commencera à se faire le passage d’un apprentissage pratique à une recherche plus scientifique. La création d’une chaire de "langues orientales" (le turc et le persan) au Collège de France à la fin du XVIIIe siècle et d’une chaire de langue turque, en 1805, illustre ce passage. Quant à l’"École spéciale des langues orientales", créée par la Convention en 1795, et qui coexistera un temps avec celle des Jeunes de langue supprimée par la Révolution et rétablie par Napoléon jusqu’à la fusion des deux établissements en 1873, elle maintiendra cette double orientation, préparant des interprètes en même temps qu’elle devenait le foyer d’une turcologie française. Comme Barbier de Meynard avant lui, Jean Deny était encore issu du concours des "drogmans".
  • Une galaxie en action : autour de la famille Deny-Basset (le 27 mars 2010) — Guy Basset
    Lorsque Jean Deny épouse en janvier 1916 Suzanne Basset, la situation sociale et intellectuelle de René Basset, son futur beau-père, est assurée et consolidée depuis une dizaine d’années et la Faculté des lettres d’Alger a pris place parmi les hauts lieux de l’orientalisme international. Dès 1904, la Revue historique attire l’attention de ses lecteurs sur la qualité des travaux de ce qu’il sera convenu d’appeler l’École d’Alger. La tenue, à Alger, en 1905 du Congrès international des orientalistes, pour la première fois en terre africaine, lieu même d’exploration scientifique ; la transformation de l’École des lettres d’Alger en Faculté des lettres au 1er janvier 1910 ; l’accession de son directeur, René Basset, à la fonction de doyen ; la direction française de l’Encyclopédie de l’Islam (assurée par René Basset, le premier tome paraît en 1913) en sont quelques signes tangibles. Jean Deny, ancien élève de l’École des Langues orientales, et, comme son futur beau-père, de Barbier de Meynard, s’inscrit ainsi dans cette mouvance française et internationale, faite de relations organisées en réseaux, où l’on croise notamment des universitaires, des diplomates et des militaires. Il épouse Suzanne Basset à un moment où la transmission se met peu à peu en place au sein-même de la famille Basset, étendant structurellement le domaine de l’Algérie à celui du Maroc. Henri Basset, fils ainé de René, commence à y enseigner sur demande de Lyautey. Et André Basset, qui épousera une fille de Célestin Bouglé, poursuit avec Meillet et Vendryes l’apprentissage qui le conduira, à partir de 1940, à devenir le collègue du professeur de turc et le "subordonné" de l’administrateur de l’École des Langues, Jean Deny. Dans une tradition où la notion de famille est importante, et où la vie sociale est intense, l’interpénétration des réseaux est patente, permettant de croiser les plus grands noms de l’orientalisme, notamment français, du XXe siècle.
  • Jean Deny, la Turquie et la turcologie française (1908–1949) (le 27 mars 2010) — Emmanuel Szurek
    Un établissement d’enseignement supérieur français : l’École spéciale – puis nationale – des langues orientales vivantes. Un pays : la Turquie républicaine. Un label scientifique : la turcologie. Comment expliquer l’apparition d’une discipline spécifiquement dévolue au monde turc dans la division institutionnelle du travail universitaire français ? Cette différenciation scolaire est indissociable de trois déterminations majeures, qui opèrent à des échelles sociales différentes et selon des temporalités distinctes. Premièrement, la professionnalisation de l’École de la rue de Lille et l’autonomisation de l’orientalisme scientifique. A partir du début du XXe siècle, le recrutement du corps enseignant des Langues orientales s’émancipe des milieux coloniaux et diplomatiques. Les drogmans cèdent la place aux universitaires. L’orientalisme académique échappe progressivement aux logiques exogènes qui présidaient à ses destinées depuis la création des Langues orientales en 1795 et l’expédition d’Égypte en 1798. Si le savoir orientaliste demeure inféodé au jeu des relations internationales, c’est de plus en plus comme scientifiques que les chercheurs français de la Troisième République deviennent les "ambassadeurs" (Christophe Charle) de leur pays à l’étranger. Deuxièmement, l’apparition d’un nouvel État sur la scène internationale après 1923. L’Empire ottoman était, pour plagier Mirabeau un "agrégat inconstitué" de peuples, de confessions et de langues désunies, saisis, sous le regard des savants occidentaux, dans l’accumulation souvent fixiste d’un orientalisme indifférencié. La "Turquie nouvelle", est, dans l’Entre-deux-guerres, en voie d’homogénéisation ethnique, religieuse et linguistique. En quête d’indépendance politique – face à l’Occident – et culturelle – face au monde musulman –, elle exige d’être pensée selon des catégories également renouvelées. La recomposition de la carte politique à l’est de la Méditerranée appelle la refonte disciplinaire de la cartographie orientaliste en France. Troisièmement et corollairement, l’institutionnalisation de la turcologie française. Homme de la transition, ancien drogman, mais formé à la philologie à l’École pratique des hautes études, Jean Deny (1879–1963) occupe la chaire de turc aux Langues orientales à partir de 1908, année de la révolution jeune turque ; il la quitte en 1949, dernière année de règne du parti unique en Turquie. Grammairien, historien, vulgarisateur, publiciste, expert-traducteur, officier-interprète, haut fonctionnaire, administrateur et conseiller diplomatique, Deny accède à une position qui s’apparente parfois à un monopole, dans le commerce intellectuel entre la Turquie et la France. Il contribue activement à la création d’institutions qui inaugurent et légitiment la place nouvelle – mais précaire – de la turcologie dans le paysage universitaire français et accentuent en retour sa propre centralité : en particulier l’Institut français d’archéologie de Stamboul (1930) et le Centre d’études turques de la Sorbonne (1935).
  • Robert Mantran et l’histoire d’Istanbul (le 27 mars 2010) — Edhem Eldem
    En 1962 paraissait chez Adrien Maisonneuve Istanbul dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Dans le sous-titre, l’auteur, Robert Mantran, définissait ce travail comme un essai d’histoire institutionnelle, économique et sociale. Remarquable ouvrage, tant par son originalité que par la profondeur de la recherche engagée, l’Istanbul de Robert Mantran a marqué l’écriture de l’histoire ottomane par son caractère pionnier dans le domaine de l’étude des centres urbains de l’empire. Il a aussi déterminé la suite de la carrière de son auteur dont l’œuvre, à partir de cette date, s’est en grande partie tournée vers l’étude de la capitale ottomane et vers une vision de l’empire fortement axée sur la centralité de cette "ville-ventre" dans le fonctionnement du système politique et économique ottoman.
  • Atlantisme et érudition. Dans les coulisses des "Philologiae Turcicae Fundamenta" (1951–1963) (le 27 mars 2010) — Güneş Işıksel
    La naissance et le développement de la turcologie en tant que discipline académique ne peuvent s’étudier indépendamment des relations entre le milieu universitaire et la politique. La Grande Guerre, la Révolution de 1917, la fondation de la République de Turquie, suivie de l’abolition du califat, enfin et surtout la Seconde Guerre mondiale, non seulement influencent le rapport des turcologues à leur objet mais conditionnent également les modalités de la division internationale du travail et de la production scientifique. L’élaboration internationale, au cours des années 1950, d’un Grundriss de philologie et d’histoire turques, avec l’ambition de couvrir la totalité des zones géographiques turcophones, n’échappe pas aux conditions imposées par la Guerre froide à la recherche scientifique. La correspondance de Jean Deny, nommé président du comité de rédaction des Philologiae Turcicae Fundamenta entre 1951 et 1963 éclaire la planification scientifique de l’ouvrage, la sélection des contributeurs et le rôle des organisations nationales et inter-étatiques qui contribuent financièrement à la réalisation du projet. De fait, elle révèle aussi bien les tâtonnements d’une jeune discipline que les contingences de la politique internationale sur le travail philologique et historique. On trouve un exemple significatif de l’enchevêtrement des préoccupations scientifiques et politiques dans un conflit pseudo-scientifique qui oppose l’historien Zeki Velidi Togan (1890–1970) à l’ethnologue Pertev Naili Boratav (1907–1998), dont l’analyse illustrera la tension entre atlantisme et érudition turcologique.

Organisateurs

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Nathalie Clayer (CNRS-EHESS)

Nathalie Clayer est directrice du Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBAC), UMR 8032 (EHESS-CNRS-Collège de France).

Güneş_Işıksel

Güneş Işıksel (Collège de France)

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Emmanuel Szurek (EHESS)

En savoir plus sur le cycle...

La trajectoire du turcologue Jean Deny (1879–1963) offre un cadre de réflexion intéressant pour aborder les relations culturelles et scientifiques entre la Turquie et la France au XXe siècle. Après avoir servi comme drogman, puis comme vice-consul, à Beyrouth, Jérusalem, Tripoli de Syrie et Marache (1904–1908), où il assiste à la révolution jeune turque, Jean Deny est appelé, à Paris, pour prendre la succession de Casimir Barbier de Meynard à la chaire de turc de l’École spéciale des langues orientales vivantes. Tout au long de son professorat (1908–1949), il est le témoin des changements qui affectent la Turquie ottomane, puis républicaine, où il retourne régulièrement : en tant que militaire pendant la Première Guerre mondiale (aux Dardanelles en 1915, puis comme officier interprète avec le corps d’occupation français à Constantinople) ; en tant que linguiste, souvent invité par les universitaires turcs, jusqu’à la fin de sa carrière. Auteur en 1921 d’une Grammaire de la langue turque. Dialecte osmanli qui assoit sa réputation de philologue, il joue un rôle essentiel dans l’autonomisation disciplinaire et institutionnelle de la turcologie française. Au cours de sa longue carrière, il forme de nombreux savants, tels Edmond Saussey, Roger Lescot, Maxime Rodinson, Claude Cahen, Irène Mélikoff, Louis Bazin, Robert Mantran, Marcel Colombe, Jean-Paul Roux, Bernard Lewis. Homme de la Troisième République, administrateur de l’École des langues orientales entre 1938 et 1949, Jean Deny est un pivot de l’orientalisme français, tant dans ses aspects diplomatiques, coloniaux, militaires que dans l’ordre de l’érudition.


Colloques et journées d’études

École d’été bio-image

Éthique à l’ENS

5e journée de protohistoire celtique : les Celtes à l’époque de la Tène moyenne

Atelier La recherche philosophique et l’organisation des masters en Europe

Atelier sur la transdisciplinarité

Bergson et Jaurès : Métaphysique, politique et histoire

Bergson professeur

Catastrophe et Récit

CAVOUR L’EUROPEEN et la "révolution diplomatique"

Colloque Éthique et esthétique de la corrida

Colloque Évaluer, dévaluer, réévaluer l’évaluation

Colloque "École 2.0 ?"

Colloque "De Brunschvicg à Bachelard"

Colloque "J’ai tué" : Violence guerrière et fiction

Colloque "Le déni de l’Holocauste" / "Holocauste Denial" Conference

Colloque "Vous avez dit Hopper ?"

Colloque Alain, littérature et philosophie mêlées

Colloque Albert Camus : littérature, morale, philosophie

Colloque Architectures au-delà du mur, Berlin-Varsovie-Moscou, 1989–2006

Colloque Autour de "Logiques des Mondes" d’Alain Badiou

Colloque Cavaillès, Lautman, Canguilhem : le concept, l’être, la vie

Colloque Ceci tuera cela : Autour de Victor Hugo

Colloque Celtes et Gaulois : L’archéologie face à l’histoire

Colloque Continuous Dynamics and Computability

Colloque Daniel Arasse

Colloque De l’imitation dans les musées

Colloque Derrida, la tradition de la philosophie

Colloque Einstein chez les philosophes : La réception philosophique de la relativité

Colloque en l’honneur du bicentenaire de la publication de Philosophie zoologique de Lamarck

Colloque Enseignement des sciences à l’école primaire : Éducation à l’environnement pour un développement durable

Colloque Figures de l’imposture, entre philosophie, littérature et sciences

Colloque Fonctionnement cérébral et apprentissage

Colloque Fractures et recompositions

Colloque Jean Deny : Les relations culturelles et scientifiques entre Turquie et France au XXe siècle

Colloque Jean-Paul Sartre : De L’Être et le Néant à la Critique de la raison dialectique

Colloque L’œuvre d’art totale, un simple décor ?

Colloque L’amitié et les sciences, de Descartes à Lévi-Strauss

Colloque L’art et la mesure : Histoire de l’art et approches quantitatives, sources, outils, méthodes

Colloque L’essor des neurosciences, France, 1945–1975

Colloque L’histoire des sciences, des techniques et de la médecine en Europe

Colloque La critique / Le critique

Colloque La pensée de Pierre Boulez à travers ses écrits

Colloque La philosophie du soin - Éthique, médecine et société

Colloque La physiognomonie à la Renaissance / The Arts and Sciences of the Face 1500–1850

Colloque La terminologie, discipline scientifique

Colloque Le corps souffrant sur la scène contemporaine

Colloque Le dialogue ou les voies du dissensus : Philosophie et théâtre contemporains

Colloque Le rayonnement de la philosophie polonaise au XX° siècle

Colloque Le terrorisme : Un défi à la pensée politique

Colloque Les défis d’Hilary Putnam

Colloque Les disciplines face à leur histoire

Colloque Les engagements ontologiques des sciences

Colloque Levinas et la philosophie du XXe siècle en France

Colloque Littérature et vanité : La trace de l’Ecclésiaste de Montaigne à Beckett

Colloque Littérature et vanité : La trace de l’Ecclésiaste de Montaigne à Beckett

Colloque Mathématiques, Sciences expérimentales et d’observation à l’école primaire

Colloque Mutations de l’écriture : Arts et sciences

Colloque Neurosciences cognitives du développement

Colloque Origines de la vie : auto-organisation et/ou évolution biologique ?

Colloque Ouvrir la logique au monde

Colloque Penser la catastrophe : Entre nature et politique

Colloque Promenade dans la physique d’aujourd’hui / A Stroll through Today’s Physics

Colloque Proust dans l’œil des philosophes

Colloque Qu’est-ce qui est réel ?

Colloque Raymond Aron : Genèse et actualité d’une pensée politique

Colloque Roland Barthes : Littérature et philosophie des années 1960

Colloque Science, technologie et créativité

Colloque Simone Weil et la philosophie du XXe siècle

Colloque Temps long : De la physique aux sciences humaines

Colloque Vladimir Jankélévitch : Actuel inactuel

Colloque Voyage au centre du récit

Conférence sur les travaux de la commission Sen-Stiglitz

De-Teleologising History of Money and Its Theory

Des psychanalystes face à la politique française à l’égard des Roms et des Gens du Voyage

Ecole d’été Langues et langage : compréhension, traduction, argumentation

Enfance et littérature : colonies et colonisation

Ethnografeast II : La fabrique de l’ethnographie

Forum de la régulation 2003

Journée Économie et sciences sociales

Journée Agriculture, forêts, pêche : nature exploitée et ingénierie écologique

Journée Architectures imaginaires

Journée Aspects historiques et philosophiques de la théorie des Catégories

Journée Conservation, restauration, évaluation écologique

Journée d’études : Dessiner le monde, une exploration des imaginaires cartographiques

Journée d’études autour de Richard Shusterman

Journée d’études L’anneau des disciplines

Journée d’études sur la représentativité

Journée Empirical Study of Juridical Review

Journée Environnement, agriculture et éthique (aspects scientifiques, industriels, et sociétaux)

Journée Environnement, agriculture, éthique

Journée GDR Dynamo à l’Institut Henri-Poincaré

Journée Georges Bram 2011 (10ème journée de Conférences en Histoire des sciences et épistémologie)

Journée Henri Cartan

Journée Images, raison et raisonnement

Journée Intrications philosophie-sciences de la nature

Journée Jean Hyppolite : Entre structure et existence

Journée Jean Wahl, le multiple

Journée Jules Verne et la vulgarisation scientifique

Journée L’action : Délibérer, décider, accomplir

Journée L’Europe face à sa constitution

Journée L’histoire de l’art, de l’Université à l’École (INHA)

Journée La classification : Problèmes logiques et épistémologiques

Journée La justice, approches croisées

Journée Le bijou, ses fonctions et ses usages de la Préhistoire à nos jours

Journée Le classicisme hollywoodien

Journée Le concept de ‘randomness’ : aléatoire et stochastique

Journée Les Principles of Psychology de William James et leur postérité scientifique aujourd’hui

Journée Les archives de l’enseignement supérieur français contemporain

Journée Lyrisme : Autour de Jonathan Culler

Journée Mathematical Foundations of Learning Theory

Journée Michel Foucault : Travaux actuels

Journée Parsifal, une œuvre pour notre temps ?

Journée Perspectives nouvelles en biologie théorique

Journée Pierre Hadot et la philosophie française contemporaine

Journée Pilotage, gouvernance, excellence

Journée publique de réflexion : Quelle éthique face au changement climatique ? Agir en situation d’incertitude

Journée Regards insolites sur la sexualité

Journée Science et démocratie

Journée Trois corps, classique-quantique, discret-continu

Journée Visualization of High-Resolution 3D Turbulent Flows

Journées d’études publiques du groupe MENS (Métaphysique à l’ENS)

Journées Esthétique : histoire et théories

L’héritage scientifique de Jacques Herbrand

La dynamique non linéaire du climat : journée scientifique en l’honneur de Michael Ghil

La philosophie française contemporaine en Asie

La place du mécénat dans les institutions publiques : quelles contreparties ?

La psychothérapie en Europe, spécificités nationales et tendances communes

Le mois de la science-fiction de l’ENS

Le rayonnement oriental des Parthes

Les chantiers de construction en Italie et dans les provinces romaines – III. L’économie des chantiers

Les inspirations françaises dans l’Empire ottoman et la Turquie moderne

Littérature et thérapeutique des passions : la catharsis en question

Portrait de villes américaines à l’âge global

Quatrième journée de protohistoire celtique : Le chercheur, le gisement archéologique et les problématiques de l’âge du Fer européen

Questions de phrasé

Réseaux sociaux, analyse et data mining

Rencontres sur l’archéologie de la construction : les chantiers publics de l’Occident romain

Round Table - GPC 2007 (Grid and Pervasive Computing)

Séminaire ARC2 "Accumulation, régulation, croissance et crise"

Semaine arabe 2011

Semaine de commémoration et de réflexion sur la Shoah

Semaine de l’Europe

Semaine de l’histoire 2003 : L’histoire face à la demande sociale

Semaine de l’histoire 2006 : L’historien et les images

Semaine de l’histoire 2007 : L’historien face à l’actualité de l’Antiquité à nos jours

Semaine de l’histoire 2008 : L’historien et les modes

Semaine de l’histoire 2009 : Histoire et fiction

Symposium Facets of quantum physics at ENS

The Journées 2010 "Systèmes de référence spatio-temporels"

Troisième congrès de la SPS : Sciences et décision