Lien 
vers le site de l'ENS
ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEUREPARIS
Lien vers l'accueil
lancer la recherche

» Conférences d’après mars 2011 : nouveau site

 

Journée Georges Bram 2009 (7e conférences en histoire des sciences et épistémologie)

Organisé par : Clotilde Policar (ENS)

Les journées Georges Bram sont nées du constat que l’histoire des sciences n’est que peu enseignée dans les cursus scientifiques des universités. Georges Bram, chimiste qui a introduit cette discipline dès 1989 dans la maîtrise de chimie de l’université Paris-Sud (Paris XI), est en cela un pionnier. Au cours de leur carrière, les chercheurs n’ont généralement que peu de questions à se poser (au sens de grandes questions structurantes) : il est donc important de bien les choisir. Les journées Georges Bram ont notamment pour mission, précisément, de susciter l’intérêt pour l’histoire des sciences des doctorants mais aussi des chercheurs.

Ressources en ligne

  • La genèse de la théorie newtonienne des phénomènes de la couleur (le 5 juin 2009) — Michel Blay
    Dans le texte de 1672 comme dans l’Optique de 1704, Newton introduit l’idée d’un nombre indéfini de lumières homogènes où prédominent sept tonalités principales. Chaque rayon se trouve caractérisé, non par une impression subjective, mais par un degré de réfrangibilité, de telle sorte qu’il est possible, sur la base de la mesure de ces degrés de réfrangibilité, de construire une échelle quantitative des rayons colorés, c’est-à-dire des rayons qui engendrent telle ou telle sensation de couleur, et ainsi de parvenir à la mathématisation des phénomènes de la couleur (arc-en-ciel, lames minces). Newton peut ainsi expliquer pour quelles raisons telle ou telle couleur apparaît en tel ou tel endroit dans le ciel, s’il s’agit par exemple d’un arc-en-ciel, en revanche il ne dit pas, dans ce cadre théorique, en quoi dans sa nature le rouge diffère du bleu, ni a fortiori comment s’effectue la perception des couleurs.
    À l’issue de son travail expérimental associé à la construction d’un experimentum crucis se trouve établi, non – comme le laisse entendre Newton – l’hétérogénéité en réalité indécidable de la lumière blanche, mais le fait de la multiplicité des rayons différemment réfrangibles tel qu’à chaque degré de réfrangibilité corresponde une couleur donnée ; ou, de façon plus concise, le fait de la multiplicité des lumières homogènes ou monochromatiques. Quelle est la nature de ce fait de la multiplicité des lumières homogènes ?
    Ce fait, à partir duquel tous les phénomènes de la lumière et des couleurs vont être maintenant interprétés, présente un intérêt épistémologique tout particulier. D’une part, même s’il peut apparaître au physicien moderne comme une donnée quasi immédiate de l’expérience, ce n’est là qu’une simple impression produite par trois siècles d’utilisation et de confirmations successives dissimulant en réalité son origine hypothétique et conjecturale ; d’autre part, ce fait n’est établi qu’avec l’aide de l’experimentum crucis qui, pour sa part, n’est construit que dans la perspective de fournir un moyen indirect pour saisir cette réalité non immédiatement perçue que constitue la multiplicité des lumières homogènes. Ainsi, la démarche par laquelle ce fait, qui n’a pas d’existence au niveau des objets de la réalité immédiate, est établi ou pour mieux dire construit, relève pour sa plus grande part du raisonnement, même si le recours à l’expérience est fondamental. À la réalité immédiatement perçue que s’efforçaient de décrire les théories traditionnelles, Newton a substitué un fait général qui va devenir le véritable objet dont traitera la science de la genèse des phénomènes de la couleur, son véritable point d’enracinement.
  • Un bref parcours d’histoire de l’alchimie (le 5 juin 2009) — Didier Kahn
    Après avoir défini ce qu’est (et ce que n’est pas) l’alchimie, bien loin de la magie et de la sorcellerie, on donne ici un bref aperçu de son histoire à travers les siècles, les langues et les cultures, depuis le début de l’ère chrétienne jusqu’au XVIIIe siècle et du grec à l’arabe, puis au latin à partir du XIIe siècle. On expose aussi les problèmes posés par l’alchimie à l’historien, en termes de transmission des textes, mais aussi face à la notion de tradition initiatique. On précise la situation difficile de l’alchimie en Europe au Moyen Âge par rapport à l’ensemble de la science universitaire, et l’on expose les rapports entre théorie et expérimentation dans le cadre de la conception de l’expérience qui a cours chez les alchimistes. Sont ensuite présentés des exemples de théories alchimiques : d’abord la théorie du "mercure seul", due au pseudo-Geber (XIVe siècle), qui repose sur une conception corpusculaire de la matière et sur l’idée que la plus ou moins grande perfection des métaux dépend de son poids. Puis les idées liées au développement d’une alchimie de l’antimoine (Sb) à partir de la Renaissance, sous l’influence de Paracelse. On expose la doctrine des trois principes (sel, soufre, mercure) que Paracelse mit en circulation et qui ouvrit la voie à l’analyse (al)chimique de la matière, puis on passe à sa réfutation par Van Helmont et à la conception helmontienne des "semences" (semina) et des ferments, et l’on en vient à la façon dont Lavoisier, en 1787, consomma définitivement la rupture avec toute la chimie ancienne en remplaçant les noms d’"air déphlogistiqué" ou "air vital", de "gaz inflammable" et d’"air phlogistiqué" – au prix d’un raisonnement parfaitement scientifique – par leurs noms modernes : oxygène, hydrogène et azote.
  • Scientifiques et publications aux XVIe et XVIIe siècles (le 5 juin 2009) — Laurent Pinon
    Dès les débuts de l’imprimerie, beaucoup d’auteurs scientifiques s’investissent eux-mêmes dans le processus éditorial. Je me propose de discuter ici de l’impact de l’invention de l’imprimerie sur la communication scientifique au tournant des XVIe et XVIIe siècles à partir de trois exemples de figures savantes : les humanistes Conrad Gesner et Ulisse Aldrovandi et l’astronome Tycho Brahe. Avant l’apparition de l’article, le livre scientifique est un instrument de travail essentiel, mais c’est aussi un instrument de médiation sociale pour des savants encore fondamentalement inscrits dans une culture de cour d’Ancien Régime.

Organisateurs

Clotilde_Policar

Clotilde Policar (ENS)

Clotilde Policar est professeur de chimie à l’École normale supérieure.
Domaines de recherche :
Synthèse et évaluation de complexes mimes de sites actifs de métalloprotéines : application à la synthèse complexes mimes des superoxyde-dismutases (SODs) à fer ou à manganèse

En savoir plus sur le cycle...


Conférences, débats et tables rondes

Éthique à l’ENS

Éthique à l’ENS, avec le comité d’éthique de l’INSERM

4e Conférences Pierre Duhem

Autour du livre "Zones humides du littoral français" (F. Verger)

Conférence organisée par les Archives Husserl.

Conférence-débat Neurosciences : essor et enjeux

Conférences "Colloquium de l’ENS"

Conférences de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) à l’ENS

Conférences de la Semaine du cerveau

Conférences de rentrée 2001

Conférences de rentrée 2002

Conférences de rentrée 2003

Conférences de rentrée 2004

Conférences de rentrée 2005

Conférences de rentrée 2006

Conférences de rentrée 2007

Conférences de rentrée 2008

Conférences de rentrée 2009

Conférences des Docteurs "honoris causa" de l’ENS, 2003

Conférences du Club Montagne Sainte-Geneviève

Conférences exceptionnelles

Conférences Jean-Nicod de philosophie cognitive

Conférences Pierre Duhem

Conférences-débats de l’Association Emmaüs et de l’École normale supérieure

Cycle de conférences Changement climatique

Département des sciences sociales

Formation continue : Programme de l’École d’économie de Paris

Journée de chimie : La chiralité

Journée Georges Bram 2009 (7e conférences en histoire des sciences et épistémologie)

Journée Georges Bram 2010 (8e/9e conférences en histoire des sciences et épistémologie)

Journée L’histoire de l’art, de l’Université à l’École (INHA)

Journée Typologies et analyse spatiale de l’âge du Fer européen

Journées de chimie : Les processus biologiques sous le regard des chimistes

La rentrée des revues

Les conférences d’Alain Badiou

Les conférences de l’association EcoCampus

Les débats de l’École d’économie de Paris

Les Invités d’Ulm

Les jeudis de l’archéologie

Les lundis de la philosophie

Open Forum à l’Observatoire de Paris

Projection-débat "DADVSI : Quelle liberté numérique ?"

Regards de physiciens

Rencontres autour du livre à l’ENS

Rencontres des Éditions Rue d’Ulm et des Bibliothèques de l’ENS

Rencontres EIST 2008 (Enseignement intégré de science et technologie au collège)

Rencontres EIST 2009 (Enseignement intégré de science et technologie au collège)

Respublica Literaria (Institut européen d’histoire de la République des lettres)

Séminaire d’élèves : Discussion et réflexion politiques à l’ENS

Séminaire de l’Institut de l’École normale supérieure

Science débats sur la montagne Sainte-Geneviève

Semaine de l’histoire 2006 : L’historien et les images

Stage de rentrée : Pratiques actuelles de la philosophie

Une poétique de la pensée