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Colloque La philosophie du soin - Éthique, médecine et société

Organisé par : Lazare Benaroyo (Lausanne) et Céline Lefève (Paris VII) et Jean-Christophe Mino (Centre François-Xavier Bagnoud) et Frédéric Worms (univ. Lille III, CIEPFC, ENS)

La philosophie du soin que ces journées voudraient esquisser ne vise ni à dénoncer la technique médicale pour elle-même, ni à attendre qu’elle résolve par son évolution les problèmes éthiques. Elle cherche à penser les manières dont les techniques peuvent, y compris dans leur matérialité, s’intégrer à la visée du soin. Elle ne vise pas à ajouter de l’extérieur une dimension soignante à la médecine technique existante, mais à penser le soin au cour même de la technique et de la médecine.
Organisées par le Centre Georges-Canguilhem (université Paris VII), le Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine (CIEPFC, École normale supérieure) et Ethos (plateforme interdisciplinaire d’éthique de l’université de Lausanne), en association avec le Centre de ressources national sur les soins palliatifs François-Xavier Bagnoud, ces trois journées des 10–12 juin 2009 visent à établir des échanges et un réseau de recherches qui réuniraient praticiens et chercheurs en philosophie et en sciences humaines et sociales autour de la question du soin.

Ressources en ligne

  • Ouverture du colloque La philosophie du soin - Ethique, médecine et société (le 10 juin 2009) — Dominique Lecourt, Céline Lefève et Frédéric Worms
    Ouverture du colloque La philosophie du soin - Éthique, médecine et société par Dominique Lecourt, directeur du Centre Georges-Canguilhem.
  • Le moment du soin. Précision et extension du modèle du soin dans le moment du vivant (le 10 juin 2009) — Frédéric Worms
    (Session "La philosophie du point de vue du soin I")
    S’il y a aujourd’hui comme un "moment du vivant", c’est pour une double raison : c’est parce que l’extension des problèmes du vivant (des fondements de la connaissance jusqu’à la politique et à l’histoire), qui en est le principe, ne se fait pas sur le mode d’une évidence simple, mais sur celui de problèmes ou de tensions critiques (entre la vie et la mort, l’humain et l’animal ou la nature, par exemple). Le but de cet exposé est de montrer qu’il en va de même de façon centrale pour le soin, qui est d’ailleurs pour cette raison au cœur de ce "moment". De fait, il faut tenir ensemble aujourd’hui l’extension du modèle du soin – comme s’il devenait le principe de toute notre action – et son analyse la plus précise dans ce qu’il a de plus spécifique, avec aussi ses tensions et ses risques. C’est donc en partant de la relation vitale et médicale de soin, avec ses tensions internes, qu’on comprendra comment son extension peut ne pas être métaphorique et vague, et recouvrir à la fois un changement général de paradigme théorique, et des tâches pratiques précises et concrètes. Le soin de soi, du monde, des normes et des principes emprunte à la relation vitale et médicale de soin non pas une évidence simple et unilatérale, mais des tensions profondes et, si on les approfondit, décisives. Seules, elles permettront de comprendre en quoi nous vivons un moment précis, donnant un sens nouveau aux métaphores antiques (le soin de l’âme) ou modernes (le souci), mais rencontrant aussi les problèmes nouveaux et imprévisibles qui définissent l’urgence du présent et ce qu’on pourrait appeler le soin de l’avenir.
  • "Who cares?" Quelle attention au malade dans la relation thérapeutique ? (le 10 juin 2009) — Claire Marin
    (Session "La philosophie du point de vue du soin I")
    Au-delà du simple jeu de mots, la polysémie de l’expression "who cares?" pose une double question. D’une part, elle évoque le sentiment d’incompréhension ou d’indifférence que le patient peut ressentir dans la relation thérapeutique. Le décalage entre la perspective du médecin sur la pathologie et le vécu subjectif et singulier du malade nourrit un malentendu qui peut entretenir l’idée d’un désintérêt ou d’un mépris. D’autre part, interrogeant le sujet du soin, elle pose le problème de la compétence du médecin dans l’attention ou la prise en charge de certains aspects, notamment psychologiques et moraux, de la maladie ; éléments dont l’identification et l’évaluation débordent sans doute le seul domaine de la médecine, tout en étant des éléments essentiels du soin nécessaire au malade. Qui est à même d’évaluer ce qui fait souffrir le patient, au-delà des éléments symptomatiques d’une pathologie ? Qui peut appréhender les effets subjectifs de telle ou telle atteinte ? Qui enfin peut assumer la responsabilité de cette dimension spécifique du soin ?
    Bibliographie succincte :
    – Stoïciens, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1962
    – Simone Weil, L’attente de Dieu, Fayard, 1966
    – Georges Canguilhem, Écrits sur la médecine, Seuil, 2002
    – Axel Honneth, La société du mépris, La découverte, 2006
    – David Le Breton, Anthropologie de la douleur, Métaillé, 2006
  • Questions à Frédéric Worms et Claire Marin (le 10 juin 2009) — Claire Marin et Frédéric Worms
    (Session "La philosophie du point de vue du soin I")
    Questions relatives aux interventions suivantes :
    Le moment du soin. Précision et extension du modèle du soin dans le moment du vivant (Frédéric Worms)
    "Who cares?" Quelle attention au malade dans la relation thérapeutique ? (Claire Marin)
  • La relation de soin doit-elle être une relation d’amitié ? (le 10 juin 2009) — Céline Lefève
    (Session "La philosophie du point de vue du soin I")
    Nous montrerons que l’activité de soin ne peut se déployer qu’au sein d’une relation dont nous tenterons de définir la nature particulière, complexe et fragile, au confluent du subjectif et de l’objectif, de l’affectif et du rationnel, de l’intime et du politique. Nous nous demanderons dans quelle mesure la relation de soin doit, pour que le soin réponde aux besoins propres de la personne soignée, s’approcher d’une relation d’amitié. Nous nous appuierons, d’une part, sur la notion grecque de philia, essentielle dans la définition de la relation médicale mais aussi des relations philosophique et politique, et, d’autre part, sur la philosophie de la maladie et de la clinique de Georges Canguilhem.
    Bibliographie succincte :
    • Aristote, Éthique à Nicomaque, livres VIII et IX.
    • G. Canguilhem, Écrits sur la médecine, Paris, Seuil, 2002.
    • J.-C. Fraisse, Philia. La notion d’amitié dans la philosophie antique, Paris, Vrin, 1974.
    • D. Gourevitch, Le triangle hippocratique dans le monde gréco-romain : le malade, sa maladie et son médecin, École française de Rome, BEFAR, 1984.
    • F. Gros, "Le soin au cœur de l’éthique et l’éthique du soin", Recherches en soins infirmiers, 89 (2007), 15–20 (en ligne sur le site de l’ARSI).
    • P. Mudry, "Medicus amicus, un trait romain dans la médecine antique", in Medicina, soror philosophiae, Lausanne, Éditions BHMS, 2006, 479–482.
    • P. Ricoeur, Soi-même comme un autre, Paris, Seuil, 1990.
  • Narration et accompagnement : accéder au monde de l’autre (le 10 juin 2009) — Catherine Draperi
    (Session "La philosophie du point de vue du soin I")
    L’expérience de la souffrance est d’abord épreuve de la solitude. C’est vrai pour celui ou celle qui vit cette expérience, comme pour celui ou celle qui mesure son impuissance, parfois son incompréhension et son désarroi. On sait les limites de l’attitude compassionnelle ; si l’on peut considérer qu’il faut être touché pour s’intéresser authentiquement à l’autre, il faut aussi constater l’impossibilité de se mettre à sa place. Le ferait-on, on risquerait de s’y abîmer, au point de ne plus pouvoir être aidant. Le recueil de la parole de l’autre, fût-elle fragmentaire et éclatée, l’écoute de son récit, le travail de compréhension visant à accéder au sens de son témoignage, permettent d’accéder virtuellement au monde de l’autre et de construire un espace social partagé. Donner sa place à la parole de l’autre c’est aussi préserver sa marge d’autonomie. La narration ouvre une porte à cette expérience partagée. L’écoute relève d’une démarche de connaissance du monde de l’autre, mais aussi de reconnaissance de son témoignage, sans interprétation subjective ou psychologique, s’appuyant sur ce qu’il veut bien livrer. C’est aussi le moyen de passer de la compassion, fondée sur l’émotion, à la compréhension, fondée sur la reconnaissance de la situation originale de chacun. Simultanément, la prise en compte de la narration modifie la démarche quotidienne dans laquelle se tisse le lien social du soin. À travers la compréhension de l’histoire, des représentations, compétences et objectifs de chacun, sa place et son rôle se construisent à partir de sa propre position et en réponse aux attentes d’autrui.
  • Éthique et herméneutique du soin (le 10 juin 2009) — Lazare Benaroyo
    (Session "La philosophie du point de vue du soin I")
    Les récents développements de la bioéthique ne vont pas sans soulever des difficultés lors de leur extension au champ de la pratique médicale. En proposant une éthique de responsabilité fondée sur le respect de principes éthiques a priori puisant leurs sources pour une part hors du champ de l’éthique hippocratique, la bioéthique a eu tendance à dévitaliser les liens qui unissent éthique et médecine et à remettre en question la légitimité de la visée éthique cardinale qui guidait traditionnellement la profession : aider le malade, exposé à la vulnérabilité, à restaurer, au sein d’une relation de confiance, son autonomie altérée par la maladie et à retrouver ainsi un nouvel état d’équilibre. Dès lors, la question reste ouverte de savoir comment intégrer l’ethos de la bioéthique dans une éthique de responsabilité interpellée par l’altérité du malade dont le dénuement et la souffrance sont un appel à l’aide mobilisant une sollicitude médicale sans laquelle le principe d’autonomie s’avérerait dénué de tout point d’appui authentique. Nous proposons ici de mener une réflexion herméneutique sur le statut du soin dans la clinique ainsi que sur les conditions d’exercice d’une sagesse pratique médicale à même d’intégrer les diverses dimensions qui le constituent. Sur cette base, nous chercherons à poser les jalons d’une éthique de responsabilité propre à la médecine clinique.
    Bibliographie succincte :
    – Benaroyo L. "The Contribution of Philosophical Hermeneutics to Clinical Ethics", in The Health Care Professional as Friend and Healer. Building on the Work of Edmund D. Pellegrino, éd. David C. Thomasma et Judith Lee Kissell , Washington DC, Georgetown University Press, 2000, 227–232.
    – Benaroyo L., "Suffering, Time, Narrative, and the Self", in Personhood and Healthcare, éd. David C. Thomasma, David Weisstub et Christian Hervé, Dordrecht, Kluwer Academic Publishers, 2001, 373–381.
    – Benaroyo L. "Soin, confiance et disponibilité : les ressources éthiques de la philosophie d’Emmanuel Lévinas", Éthique et Santé, 1 (2004), 60–63.
    – Benaroyo L., "Responsabilité éthique au quotidien. La narration au cœur du soin", Éthique et Santé, 2 (2005), 76–81.
    – Benaroyo L., Éthique et responsabilité en médecine, Genève, Médecine et Hygiène, 2006.
  • Questions à Céline Lefève, Catherine Draperi et Lazare Benaroyo (le 10 juin 2009) — Lazare Benaroyo, Catherine Draperi et Céline Lefève
    (Session "La philosophie du point de vue du soin I")
    Questions relatives aux interventions suivantes :
    La relation de soin doit-elle être une relation d’amitié ? (Céline Lefève)
    Narration et accompagnement : accéder au monde de l’autre (Catherine Draperi)
    Éthique et herméneutique du soin (Lazare Benaroyo)
  • L’éthique du care : entre sollicitude et soin, dispositions et pratiques (le 11 juin 2009) — Fabienne Brugère
    (Session "La philosophie du point de vue du soin II")
    Il s’agira, en partant de la complexité de la théorie du care (avec ses différentes phases chez Joan Tronto par exemple), de comprendre tous les ressorts du care en tenant à la fois une réflexion sur la sollicitude (pour rendre compte du souci des autres et de la prise en charge) et une réflexion sur le soin (prendre soin et recevoir le soin). On se demandera alors comment élaborer une éthique qui réunit à la fois des dispositions et des pratiques et comment penser les modalités de leur agencement.
  • Questions à Fabienne Brugère et Vanessa Nurock (le 11 juin 2009) — Fabienne Brugère et Vanessa Nurock
    (Session "La philosophie du point de vue du soin II")
    Questions relatives aux interventions suivantes :
    L’éthique du care : entre sollicitude et soin, dispositions et pratiques (Fabienne Brugère)
    Le berceau du care (Vanessa Nurock)
  • Médecine contemporaine et disposition au soin (le 11 juin 2009) — Alain-Charles Masquelet
    (Session "La philosophie du point de vue du soin II")
    La question posée est de savoir si la médecine contemporaine recèle une réelle disposition au soin, entendu comme attention méticuleuse dans la relation avec l’Autre. En effet, la tendance universalisante de la médecine dite scientifique entre en contradiction avec l’expérience singulière de la maladie. Toutefois, ce qui est vrai de la connaissance médicale cesse de l’être quand on aborde le problème de la décision médicale, soumise à un contexte d’incertitude par la confrontation simultanée du médecin, du malade et de la maladie. Accorder à la médecine une dimension soignante signifie, pour une large part, restituer au jugement réfléchissant kantien la place qui lui convient dans la logique de la décision. L’orientation actuelle de la thérapeutique vers des traitements de plus en plus individualisés peut être perçue comme une première approche d’une conciliation entre médecine et soin, en se gardant de confondre soin et traitement.
    Bibliographie succincte :
    – G. Agamben, Qu’est-ce que le contemporain ?, Payot, Rivages Poche, Paris, 2008.
    – E. Kant, Critique de la faculté de juger, Analytique du sublime, Vrin, Paris, 1993.
    – P. Dominici & F. Waldvogel, Dialogue sur la médecine de demain, PUF, Paris, 2009.
    – J. Lombard & B. Vandewalle, Philosophie et soin, Seli Arslan, Paris, 2009.
    – G. Canguilhem, Écrits sur la médecine, Seuil, Paris, 2002.
  • Urgence et trauma : la place de l’interrogation philosophique (le 11 juin 2009) — Catherine Malabou et Valentina Ragno
    (Session "La philosophie du point de vue du soin II")
    Nous croiserons deux questions. Tout d’abord celle de savoir si l’urgence psychique, en conséquence aussi l’urgence sociale, a un sens. Si oui, ce sens remet en cause la conception psychanalytique traditionnelle du trauma comme ce qui engage le sujet dans un temps long. Il faudra donc savoir quel concept de l’immédiateté le philosophe peut proposer pour échapper à l’interminable. La seconde question concerne le pouvoir de soin de la philosophie elle-même : la philosophie peut-elle soigner, comment et selon quelles modalités ?
  • Questions à Alain-Charles Masquelet, Catherine Malabou et Valentina Ragno (le 11 juin 2009) — Catherine Malabou, Alain-Charles Masquelet et Valentina Ragno
    (Session "La philosophie du point de vue du soin II")
    Questions relatives aux interventions suivantes :
    Médecine contemporaine et disposition au soin (Alain-Charles Masquelet)
    Urgence et trauma : la place de l’interrogation philosophique (Catherine Malabou et Valentina Ragno)
  • Consentement aux soins et à leur arrêt en réanimation (le 11 juin 2009) — Didier Dreyfuss
    (Session "La médecine du point de vue du soin", modérée par Emmanuel Fournier, coordonnateur du département universitaire "Éthique, douleur, soins palliatifs" de la Faculté de médecine Pierre-et-Marie-Curie)
    Les principes classiques de l’éthique médicale, bienfaisance, non-malfaisance, respect de l’autonomie et justice sont opérationnels dans la plupart des situations du soin. Néanmoins, des tensions peuvent naître entre eux lors de situations médicales critiques. Il en est ainsi de la bienfaisance par rapport à l’autonomie, lors de situations telles que le refus de soins. Le consentement à la recherche, souvent intégrée mais parfois confondue avec les soins, pose également des problèmes spécifiques, notamment celui de l’altruisme. Enfin, le consentement lors de la fin de vie, en particulier chez certains patients de réanimation, maintenus artificiellement en vie, constitue également une situation complexe. En effet, d’une part, il ne s’agit plus d’un consentement pour "faire" mais pour "arrêter de faire" et, d’autre part, c’est l’entourage qui est le plus souvent l’interlocuteur. Au nom de la bienfaisance pour le patient, son autonomie se trouve en quelque sorte transférée à ses proches.
  • La parole en réanimation : complexité et ambiguïtés de la relation soignants/soigné-famille (le 11 juin 2009) — Nancy Kentish-Barnes
    (Session "La médecine du point de vue du soin", modérée par Emmanuel Fournier, coordonnateur du département universitaire "Éthique, douleur, soins palliatifs" de la Faculté de médecine Pierre-et-Marie-Curie)
    La communication, l’information et la transparence sont aujourd’hui au centre de la relation soignant-soigné, permettant aux patients d’exercer leur autonomie et d’être de réels acteurs de la situation. En réanimation, la réalité est souvent plus complexe : la situation médicale est très "aiguë" et s’associe à des capacités et des besoins difficiles à identifier, voire ambigus, tant chez les profanes (patients et proches) que chez les professionnels (infirmières et médecins). Si des stratégies de communication pro-actives permettent d’améliorer l’expérience des proches de patients, la réciprocité dans la relation au patient en réanimation reste encore difficile à trouver.
  • Questions à Didier Dreyfuss et Nancy Kentish-Barnes (le 11 juin 2009) — Didier Dreyfuss et Nancy Kentish-Barnes
    (Session "La médecine du point de vue du soin", modérée par Emmanuel Fournier, coordonnateur du département universitaire "Éthique, douleur, soins palliatifs" de la Faculté de médecine Pierre-et-Marie-Curie)
    Questions relatives aux interventions suivantes :
    Consentement aux soins et à leur arrêt en réanimation (Didier Dreyfuss)
    La parole en réanimation : complexité et ambiguïtés de la relation soignants/soigné-famille (Nancy Kentish-Barnes)
  • Une médecine de l’incurable ? (le 11 juin 2009) — Jean-Christophe Mino
    (Session "La médecine du point de vue du soin", modérée par Emmanuel Fournier, coordonnateur du département universitaire "Éthique, douleur, soins palliatifs" de la Faculté de médecine Pierre-et-Marie-Curie)
    Associer médecine et incurabilité pourrait paraître provocateur, tant la médecine est avant tout définie comme activité curatrice. Néanmoins, l’accent mis sur les traitements peut faire oublier que l’action "curative" ne débouche pas nécessairement sur la guérison. Les maladies chroniques, en particulier, associent traitement au long cours et incurabilité, soit par impossibilité de guérir in fine le malade, soit par absence de traitement efficace. Il est utile de se pencher sur les conséquences de ce fait pour le soin, et d’examiner en particulier les réagencements de la conception de l’activité médicale qu’il peut occasionner.
    Bibliographie succincte :
    – avec E. Fournier : Les mots des derniers soins. La démarche palliative dans la médecine contemporaine, Paris, Les Belles Lettres, 2008 (Prix d’éthique médicale de l’institut Maurice-Rapin).
    – avec M.-O. Frattini et E. Fournier : "Pour une médecine de l’incurable", Études, juin 2008.
    – plusieurs études du Manuel pour les études médicales. Médecine et sciences Humaines, dir. J.-M. Mouillie, C. Lefève et L. Visier, Paris, Les Belles Lettres, 2007.
    – avec M.-O. Frattini : "Les soins palliatifs en France. ’Mettre en pratiques’ une politique de santé", Revue française des affaires sociales, 2 (2007), 139–156.
    – "Entre urgence et accompagnement, les équipes mobiles de soins palliatifs", Sciences sociales et santé, 25 (2007), 63–92.
    – avec F. Lert : "Beyond the Biomedical Model: Palliative Care and Its Holistic Model", Hospital Ethics Committee Forum, 17 (2005), 226–235.
    – avec F. Lert : "L’éthique quotidienne d’une équipe mobile de soins palliatifs", Gérontologie et société, 2008 (2004), 137–158.
    – avec F. Lert : "Le travail invisible des équipes de soutien et conseil en soins palliatifs au domicile", Sciences sociales et santé, 21 (2003), 35–63.

  • Prendre soin dans la relation endeuillée (le 11 juin 2009) — Catherine Dekeuwer
    (Session "La médecine du point de vue du soin", modérée par Emmanuel Fournier, coordonnateur du département universitaire "Éthique, douleur, soins palliatifs" de la Faculté de médecine Pierre-et-Marie-Curie)
    Lorsqu’on tente de penser ce qui se joue quand une personne accompagne un être cher qui se prépare à mourir, on a tendance à poser que le premier prend soin du second. Une prise en charge de l’accompagnant peut être envisagée, mais cette fois par des tiers. Il s’agira de montrer que pourtant, dans ce contexte, le soin devrait être une pratique doublement orientée. Elle est certes soin de celui qui s’approche de la mort par le proche, mais aussi, quand cela est possible, soin de celui-ci par celui-là. Le deuil n’est en effet peut-être pas tant le processus intime d’une conscience qui lui permet de se séparer d’un proche qu’un processus de transformation d’une relation singulière. Dans cette perspective, prendre soin, dans le contexte d’une relation endeuillée, s’effectuerait selon une double orientation. Nous soulignerons les bénéfices de la prise en compte de cette dimension du deuil.
  • Questions à Jean-Christophe Mino et Catherine Dekeuwer (le 11 juin 2009) — Catherine Dekeuwer et Jean-Christophe Mino
    (Session "La médecine du point de vue du soin", modérée par Emmanuel Fournier, coordonnateur du département universitaire "Éthique, douleur, soins palliatifs" de la Faculté de médecine Pierre-et-Marie-Curie)
    Questions relatives aux interventions suivantes :
    Une médecine de l’incurable ? (Jean-Christophe Mino)
    Prendre soin dans la relation endeuillée (Catherine Dekeuwer)
  • Aux sources de l’éthique : les enjeux psychiques de la relation de soin (le 12 juin 2009) — Simone Korff-Sausse
    (Session "L’Éthique du point de vue du soin"). Exposé précédé d’une introduction par Frédéric Worms (3’27")
    Penser le soin en termes psychanalytiques implique d’étudier les processus psychiques mis en œuvre dans la relation de soin. C’est à partir de la mise en lumière des enjeux psychiques, et en particulier en interrogeant la possibilité du partage de l’épreuve de la maladie, que pourront se dégager les éléments et les fondements d’un questionnement éthique. Il faut s’éloigner d’une "éthique d’en-haut", qui risque d’être idéologique et réductrice, pour promouvoir une "éthique d’en-bas", qui émerge de la confrontation à des situations concrètes sur le terrain et provient des soignants eux-mêmes. Plus spécifiquement, on pourra étudier l’appropriation subjective du corps (malade, handicapé, vieillissant, accidenté...), au-delà du soin ou grâce au soin ou malgré le soin, en faisant référence au Nebenmensch, l’autre secourable de Freud.
    Bibliographie succincte sur l’éthique :
    – Herrou C. et Korff- Sausse S. Intégration collective des jeunes enfants handicapés, semblables et différents, Toulouse, Erès, 1999, rééd. 2006.
    – Korff-Sausse S. "L’éthique, un mot dangereux", Cliniques méditerranéennes : Médecine, éthique et psychanalyse, 76 (2007), 31–44.
    – Korff-Sausse S. "La responsabilité éthique du point de vue de la personne handicapée elle-même", in Handicap : l’éthique dans les pratiques cliniques, éd. Ciccone A., Korff-Sausse S., Missonnier A., Scelles R. et Salbreux R., Erès, 2008, 77–87.
  • Le soin comme accompagnement et facilitation de l’individuation avec la maladie chronique (le 12 juin 2009) — Philippe Barrier
    (Session "L’Éthique du point de vue du soin")
    Le soin peut être compris comme une attention portée à la fois aux autres et à soi. Dans le cadre de la maladie chronique, où le patient doit prendre soin de lui-même, il implique nécessairement de la part du soignant la reconnaissance d’un potentiel processus de subjectivation de l’expérience de la maladie par le patient, c’est-à-dire de sa quête d’une possible cohérence et unité de sa vie avec la maladie, comme expérience singulière de la normativité de santé à la fois biologique et subjective. Il y a donc toute une éthique de la non-stigmatisation et non-essentialisation du patient à y développer.
  • Questions à Simone Korff-Sausse et Philippe Barrier (le 12 juin 2009) — Philippe Barrier et Simone Korff-Sausse
    (Session "L’Éthique du point de vue du soin")
    Questions relatives aux interventions suivantes :
    Aux sources de l’éthique : les enjeux psychiques de la relation de soin (Simone Korff-Sausse)
    Le soin comme accompagnement et facilitation de l’individuation avec la maladie chronique (Philippe Barrier)
  • Care et institutions : quels regards sur le style organisationnel et le soin aux personnes ? (le 12 juin 2009) — Nathalie Zaccaï-Reyners
    (Session "L’éthique du point de vue du soin")
    Des études sociologiques classiques (Hughes, Strauss, Goffman) ont depuis longtemps mis en évidence l’incidence du style de l’organisation sur la texture des soins proposés en institution. Les travaux plus récents menés dans le sillage de l’éthique du care font-ils écho sur ce point à ces recherches antérieures ? L’entrée par la place des émotions dans l’analyse comme dans l’institution peut s’avérer pertinente dans l’examen des spécificités de ces regards sur le soin.
  • Questions à Simone Korff-Sausse, Philippe Barrier et Nathalie Zaccaï-Reyners (le 12 juin 2009) — Philippe Barrier, Simone Korff-Sausse et Nathalie Zaccaï-Reyners
    (Session "L’Éthique du point de vue du soin")
    Questions relatives aux interventions suivantes :
    Aux sources de l’éthique : les enjeux psychiques de la relation de soin (Simone Korff-Sausse)
    Le soin comme accompagnement et facilitation de l’individuation avec la maladie chronique (Philippe Barrier)
    – Care et institutions : quels regards sur le style organisationnel et le soin aux personnes ? (Nathalie Zaccaï-Reyners)
  • Le "soin" face au patient "précaire" (le 12 juin 2009) — Marie Gaille
    (Session "La société du point de vue du soin")
    À la question pratique de savoir quel projet thérapeutique il est possible d’élaborer en contexte de précarité fait écho une interrogation plus générale sur la nature du "soin" à apporter lorsque le patient paraît être dans une situation de vulnérabilité sociale particulière. Est-il possible, tout d’abord, d’identifier des critères de cette "précarité", ou bien celle-ci est-elle toujours avant tout situationnelle, relative à un contexte donné ? Quel est, ensuite, l’impact de cette précarité sur le rapport du patient à son corps et à sa santé ? Le médecin doit-il incorporer à son projet de soin cet élément de la vie du patient, et le cas échéant, comment peut-il le faire ? Le questionnement contemporain sur le rôle de la médecine psychiatrique – soin ou accompagnement ? – éclaire ce questionnement sous un angle nouveau : ce souci des autres, par-delà le strict soin médical, n’est pas sans ambiguïtés. Il peut en effet être interprété comme conduisant à envisager pour la médecine une mission "sociale", où le soin s’avère second. Est-il possible de trouver un juste équilibre entre "soin" et prise en compte de la situation de "précarité" ? Vers quelle acception du mot "soin" aller à cette fin ?
  • Du sens unique au sens interdit. Les malades et l’épreuve de la maladie (le 12 juin 2009) — Sylvie Fainzang
    (Session "La société du point de vue du soin")
    L’approche anthropologique de la maladie implique de porter son attention non seulement au sens que le malade donne à son mal, aux représentations qu’il s’en fait, au système symbolique ou cognitif dans lequel il l’intègre, mais aussi à la perception qu’il a de l’activité médicale et de la prise en charge dont il fait l’objet. On partira de matériaux de terrain sur l’information dans la relation médecins-malades pour montrer la fécondité d’une approche intégrant le point de vue du malade et prenant ses distances avec la perspective biomédicale.
    Bibliographie succincte :
    – Bok S. Secrets. On the Ethics of Concealment and Revelation, Oxford et Melbourne, Oxford University Press, 1984.
    – Fainzang S. La relation médecins-malades : information et mensonge, Paris, Presses universitaires de France, 2006.
    – Fletcher J. Morals and Medicine. The Moral Problems of the Patient’s Right to Know the Truth, Princeton University Press, New Jersey, 1979.
    – Hoerni B. "Communiquer l’information médicale. De nouvelles responsabilités partagées", in Espace éthique. La relation médecin-malade face aux exigences de l’information, éd. E. Hirsch, Dossiers de l’APHP, Paris, Doin Éditeurs / APHP, 1999.
    – Reich M. "L’information diagnostique et pronostique à l’épreuve des avancées thérapeutiques en cancérologie : réflexions éthiques", Psycho-oncologie, 3, 4 (2004), 188–196.
  • Questions à Marie Gaille et Sylvie Fainzang (le 12 juin 2009) — Sylvie Fainzang et Marie Gaille
    (Session "La société du point de vue du soin")
    Questions relatives aux interventions suivantes :
    Le "soin" face au patient "précaire" (Marie Gaille)
    Du sens unique au sens interdit. Les malades et l’épreuve de la maladie (Sylvie Fainzang)
  • Le travail comme valeur thérapeutique (le 12 juin 2009) — Marie-Odile Frattini
    (Session "La société du point de vue du soin")
    Après 1945, la spécialité médicale de "rééducation et réadaptation fonctionnelles" (RRF) émerge et se structure. Entre innovation médicale et politique de réhabilitation, les promoteurs de RRF ont été influencés par les acteurs sociaux associatifs, politiques et administratifs. Ils ont aussi participé au mouvement du retour à l’emploi des personnes handicapées ; ce et pour certains, en donnant au travail une valeur thérapeutique. Je me propose, ici, de discuter, à travers la RRF, la manière dont "travail" et "médecine" ont été alliés et les controverses que cela a suscitées.
    Bibliographie succincte :
    – Albrecht Gary L. The Disability Business. Rehabilitation in America, London, Sage Library of Social Research 190, 1992, 327.
    – Gritzer G. et Arluke A. The Making of Rehabilitation: A Political Economy of Medical Specialization, 1890–1980, Berkeley, Los Angeles, London, University of California Press, 1985, 214.
    – Gzil F., Lefève C., Cammelli M., Pachoud B., Ravaud J.-F., Leplege A. "Why is rehabilitation not yet fully person-centred and should it be more person-centred?", Disability and Rehabilitation, 29 (2007), 1–9.
    – Stiker H.-J. Corps infirmes et société. Essais d’anthropologie historique, Paris, Dunod, 1982, rééd. 2005, 253.
    – Ville I. Le handicap comme épreuve de soi. Politiques sociales, pratiques institutionnelles et expérience, Mémoire HDR, Université de Rennes II, 2008, 162.
  • La volonté de soigner (le 12 juin 2009) — Claude-Olivier Doron
    (Session "La société du point de vue du soin")
    Il s’agira d’envisager, à partir de l’exemple de la prise en charge des auteurs de violences sexuelles en France, la manière dont le soin psychiatrique se trouve de plus en plus profondément mêlé aux pratiques pénales, transformant ainsi le sens du "soin" et celui de la "peine", et bousculant les frontières de l’un comme de l’autre. On dressera le panorama des discours des praticiens qui justifient et pensent cette articulation, voire cette "confusion" du soin et de la peine, la manière dont elle se traduit dans les pratiques, et les nouveaux territoires qu’elle ouvre à l’action thérapeutique, en s’efforçant d’en interroger la légitimité.
  • L’expérience vécue de la maladie (le 12 juin 2009) — Guillaume Le Blanc
    (Session "La société du point de vue du soin")
    Je souhaiterais interroger la polysémie des noms qui encadrent l’expérience vécue de la maladie. Pourquoi cette expérience donne-t-elle lieu aux caractérisations de malade, de patient et d’usager ? Quels sens vitaux et sociaux se cachent sous ces termes ? Comment en réfléchir philosophiquement la portée ? Le soin se trouve dès lors questionné à partir d’une telle polysémie.
  • Questions à Marie-Odile Frattini, Claude-Olivier Doron et Guillaume Le Blanc (le 12 juin 2009) — Claude-Olivier Doron, Marie-Odile Frattini et Guillaume Le Blanc
    (Session "La société du point de vue du soin")
    Questions relatives aux interventions suivantes :
    Le travail comme valeur thérapeutique (Marie-Odile Frattini)
    La volonté de soigner (Claude-Olivier Doron)
    L’expérience vécue de la maladie (Guillaume Le Blanc)

Organisateurs

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Lazare Benaroyo (Lausanne)

Professeur d’éthique et philosophie de la médecine à la Faculté de biologie et de médecine (FBM) de l’université de Lausanne et médecin-chef de l’unité d’éthique du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Président de la Plateforme interdisciplinaire d’éthique (Ethos) de l’université de Lausanne.
Recherches dans le champ de l’éthique médicale, notamment étude des fondements de la responsabilité éthique en médecine, des enjeux méthodologiques en éthique clinique et de la pédagogie de l’éthique médicale, ainsi que dans le champ de l’épistémologie et de la philosophie des sciences, notamment étude des méthodes de l’interdisciplinarité dans les sciences de l’homme et de la nature.

Céline_Lefève

Céline Lefève (Paris VII)

Céline Lefève est maître de conférences en histoire et philosophie des sciences au département Histoire et philosophie des sciences de l’université Paris VII (Denis-Diderot) et membre du REHSEIS (CNRS UMR 7219) /Centre Georges-Canguilhem.
Sa thèse a porté sur l’épistémologie des rapports entre la biologie, la psychologie et la philosophie chez Maine de Biran et Bergson, et sur la question de l’individualité biologique et psychologique chez ces auteurs. Ses recherches portent désormais, d’une part, sur la philosophie de Georges Canguilhem et, d’autre part, sur le statut et le rôle du patient dans la médecine contemporaine. Elles interrogent en particulier les discours et pratiques faisant référence à l’individualité, la subjectivité et l’autonomie du patient, qui articulent en effet souvent individualisation des soins et responsabilisation du patient. Son travail vise à saisir les conditions théoriques et pratiques d’une revalorisation du soin dans la médecine.
Publications :
• C. Lefève, C.-O. Doron, A.-C. Masquelet, Les nouvelles pratiques de soin, Cahiers du Centre Georges Canguilhem, PUF, à paraître en 2010.
• C. Lefève, J.-M. Mouillie, L. Visier, Médecine et sciences humaines. Manuel pour les études médicales, préface de T. Todorov, Paris, Belles-Lettres, 2007.
• C. Lefève, "La lecture épistémologique de la psychologie de Maine de Biran par Georges Canguilhem", in L’envers de la raison. Broussais, Canguilhem, Foucault, éd. P.-F. Daled, Annales de l’Institut de philosophie de l’Université de Bruxelles, Paris, Vrin, 2008, 35–52.
• C. Lefève, "L’activité et l’expérience subjective du patient dans la relation médicale aujourd’hui", in Action médicale et confiance, éd. P.-Y. Quiviger & T. Martin, Annales littéraires de l’Université de Franche-Comté, Besançon, 2007, 247–275.
• C. Lefève, "La philosophie du soin", in La matière et l’esprit, Université de Mons-Hainaut, 2006, 25–34, en ligne sur le site du Centre Georges Canguilhem.

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Jean-Christophe Mino (Centre François-Xavier Bagnoud)

Jean-Christophe Mino est médecin chercheur spécialiste de santé publique, rattaché au Centre de ressources national sur les soins palliatifs François-Xavier Bagnoud et à l’équipe mobile de soins palliatifs de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris VI). Il est également coordonnateur du projet Éthique de l’Institut Curie (Paris).
Ses travaux étudient les pratiques professionnelles et l’organisation des soins en fin de vie. Au travers de l’examen des modalités concrètes du travail de soin, il s’agit de mieux comprendre les innovations techniques et sociales dans ce champ de la médecine et d’y mettre en perspective certains enjeux des politiques publiques.

Frédéric_Worms

Frédéric Worms (univ. Lille III, CIEPFC, ENS)

Directeur du Centre international d’études de la philosophie française contemporaine (CIEPFC, ENS) et professeur à l’université de Lille III, il a notamment publié une étude sur "Les effets de la nécessité sur l’âme humaine : Simone Weil et le moment philosophique de la seconde guerre mondiale" en juillet 2007 dans la revue des Études philosophiques (PUF) et a co-organisé en mai 2009 le colloque "Simone Weil et la philosophie du XXe siècle" à l’ENS.

En savoir plus sur le cycle...

Si la distinction entre l’objectivité des symptômes et des causes de la maladie, d’une part, et la subjectivité de l’expérience du malade, d’autre part, est indispensable, si les traitements et le soin lui-même requièrent l’objectivation scientifique, la médecine peut aussi masquer la visée du soin et l’accès aux normes de vie du malade. La spécialisation des disciplines, la fragmentation des suivis, l’organisation complexe et actuellement en pleine évolution du système de santé renforcent le risque de cette occultation de l’expérience subjective du malade.
Comment faire que le soignant articule la logique des savoirs et des savoir-faire impliqués dans le soin et la logique existentielle du malade ? Comment faire que la logique de connaissance et de maîtrise qui est à l’œuvre dans la médecine n’empêche pas la reconnaissance de la réalité même de l’épreuve de la maladie, du corps abîmé, de l’identité bouleversée, de la mort inéluctable et pourtant souvent déniée ? Comment éviter que la relation de soin ne soit confisquée par l’intervention soignante ? Ces questions sont essentielles tant l’absence de soin implique et révèle l’absence de relation humaine et sociale.
Le soin requiert une attention portée au non-sens et aux souffrances multiples que la maladie implique pour la personne qui en est affectée. Sa visée appelle une compréhension globale de la norme de vie perdue par la personne malade afin de l’aider à restaurer (ou à instaurer) une norme de vie qu’elle éprouve et juge par elle-même et pour elle-même comme sienne. Compréhension et respect de l’individualité, le soin n’en est pas moins institution d’une relation. Le soin répond notamment au besoin du malade de partager l’épreuve qu’il traverse. Il permet de briser la solitude face à la maladie et, par cette médiation, il peut aider la personne malade à donner à sa maladie et à sa vie un sens personnel qui guidera ensuite les choix thérapeutiques. Le soin apparaît dès lors comme la finalité et le sens même de la médecine.
Contribuer à une philosophie du soin demande de faire converger différentes approches réflexives dans les divers champs de la médecine qui mobilisent de manière intense la question du soin. Ce projet rencontre aussi les problèmes soulevés par l’éthique du care. Il s’agit aussi de s’interroger sur la manière dont cette réflexion peut initier le soignant à se décentrer du point de vue de la technique médicale pour (re)connaître l’existence et la légitimité de celui du malade. Comment faire que la philosophie ne soit pas tant une initiation à l’éthique et à des principes fondamentaux extérieurs à la question du soin qu’une formation éthique visant la rénovation du soin par l’attention au malade ?


Colloques et journées d’études

École d’été bio-image

Éthique à l’ENS

5e journée de protohistoire celtique : les Celtes à l’époque de la Tène moyenne

Atelier La recherche philosophique et l’organisation des masters en Europe

Atelier sur la transdisciplinarité

Bergson et Jaurès : Métaphysique, politique et histoire

Bergson professeur

Catastrophe et Récit

CAVOUR L’EUROPEEN et la "révolution diplomatique"

Colloque Éthique et esthétique de la corrida

Colloque Évaluer, dévaluer, réévaluer l’évaluation

Colloque "École 2.0 ?"

Colloque "De Brunschvicg à Bachelard"

Colloque "J’ai tué" : Violence guerrière et fiction

Colloque "Le déni de l’Holocauste" / "Holocauste Denial" Conference

Colloque "Vous avez dit Hopper ?"

Colloque Alain, littérature et philosophie mêlées

Colloque Albert Camus : littérature, morale, philosophie

Colloque Architectures au-delà du mur, Berlin-Varsovie-Moscou, 1989–2006

Colloque Autour de "Logiques des Mondes" d’Alain Badiou

Colloque Cavaillès, Lautman, Canguilhem : le concept, l’être, la vie

Colloque Ceci tuera cela : Autour de Victor Hugo

Colloque Celtes et Gaulois : L’archéologie face à l’histoire

Colloque Continuous Dynamics and Computability

Colloque Daniel Arasse

Colloque De l’imitation dans les musées

Colloque Derrida, la tradition de la philosophie

Colloque Einstein chez les philosophes : La réception philosophique de la relativité

Colloque en l’honneur du bicentenaire de la publication de Philosophie zoologique de Lamarck

Colloque Enseignement des sciences à l’école primaire : Éducation à l’environnement pour un développement durable

Colloque Figures de l’imposture, entre philosophie, littérature et sciences

Colloque Fonctionnement cérébral et apprentissage

Colloque Fractures et recompositions

Colloque Jean Deny : Les relations culturelles et scientifiques entre Turquie et France au XXe siècle

Colloque Jean-Paul Sartre : De L’Être et le Néant à la Critique de la raison dialectique

Colloque L’œuvre d’art totale, un simple décor ?

Colloque L’amitié et les sciences, de Descartes à Lévi-Strauss

Colloque L’art et la mesure : Histoire de l’art et approches quantitatives, sources, outils, méthodes

Colloque L’essor des neurosciences, France, 1945–1975

Colloque L’histoire des sciences, des techniques et de la médecine en Europe

Colloque La critique / Le critique

Colloque La pensée de Pierre Boulez à travers ses écrits

Colloque La philosophie du soin - Éthique, médecine et société

Colloque La physiognomonie à la Renaissance / The Arts and Sciences of the Face 1500–1850

Colloque La terminologie, discipline scientifique

Colloque Le corps souffrant sur la scène contemporaine

Colloque Le dialogue ou les voies du dissensus : Philosophie et théâtre contemporains

Colloque Le rayonnement de la philosophie polonaise au XX° siècle

Colloque Le terrorisme : Un défi à la pensée politique

Colloque Les défis d’Hilary Putnam

Colloque Les disciplines face à leur histoire

Colloque Les engagements ontologiques des sciences

Colloque Levinas et la philosophie du XXe siècle en France

Colloque Littérature et vanité : La trace de l’Ecclésiaste de Montaigne à Beckett

Colloque Littérature et vanité : La trace de l’Ecclésiaste de Montaigne à Beckett

Colloque Mathématiques, Sciences expérimentales et d’observation à l’école primaire

Colloque Mutations de l’écriture : Arts et sciences

Colloque Neurosciences cognitives du développement

Colloque Origines de la vie : auto-organisation et/ou évolution biologique ?

Colloque Ouvrir la logique au monde

Colloque Penser la catastrophe : Entre nature et politique

Colloque Promenade dans la physique d’aujourd’hui / A Stroll through Today’s Physics

Colloque Proust dans l’œil des philosophes

Colloque Qu’est-ce qui est réel ?

Colloque Raymond Aron : Genèse et actualité d’une pensée politique

Colloque Roland Barthes : Littérature et philosophie des années 1960

Colloque Science, technologie et créativité

Colloque Simone Weil et la philosophie du XXe siècle

Colloque Temps long : De la physique aux sciences humaines

Colloque Vladimir Jankélévitch : Actuel inactuel

Colloque Voyage au centre du récit

Conférence sur les travaux de la commission Sen-Stiglitz

De-Teleologising History of Money and Its Theory

Des psychanalystes face à la politique française à l’égard des Roms et des Gens du Voyage

Ecole d’été Langues et langage : compréhension, traduction, argumentation

Enfance et littérature : colonies et colonisation

Ethnografeast II : La fabrique de l’ethnographie

Forum de la régulation 2003

Journée Économie et sciences sociales

Journée Agriculture, forêts, pêche : nature exploitée et ingénierie écologique

Journée Architectures imaginaires

Journée Aspects historiques et philosophiques de la théorie des Catégories

Journée Conservation, restauration, évaluation écologique

Journée d’études : Dessiner le monde, une exploration des imaginaires cartographiques

Journée d’études autour de Richard Shusterman

Journée d’études L’anneau des disciplines

Journée d’études sur la représentativité

Journée Empirical Study of Juridical Review

Journée Environnement, agriculture et éthique (aspects scientifiques, industriels, et sociétaux)

Journée Environnement, agriculture, éthique

Journée GDR Dynamo à l’Institut Henri-Poincaré

Journée Georges Bram 2011 (10ème journée de Conférences en Histoire des sciences et épistémologie)

Journée Henri Cartan

Journée Images, raison et raisonnement

Journée Intrications philosophie-sciences de la nature

Journée Jean Hyppolite : Entre structure et existence

Journée Jean Wahl, le multiple

Journée Jules Verne et la vulgarisation scientifique

Journée L’action : Délibérer, décider, accomplir

Journée L’Europe face à sa constitution

Journée L’histoire de l’art, de l’Université à l’École (INHA)

Journée La classification : Problèmes logiques et épistémologiques

Journée La justice, approches croisées

Journée Le bijou, ses fonctions et ses usages de la Préhistoire à nos jours

Journée Le classicisme hollywoodien

Journée Le concept de ‘randomness’ : aléatoire et stochastique

Journée Les Principles of Psychology de William James et leur postérité scientifique aujourd’hui

Journée Les archives de l’enseignement supérieur français contemporain

Journée Lyrisme : Autour de Jonathan Culler

Journée Mathematical Foundations of Learning Theory

Journée Michel Foucault : Travaux actuels

Journée Parsifal, une œuvre pour notre temps ?

Journée Perspectives nouvelles en biologie théorique

Journée Pierre Hadot et la philosophie française contemporaine

Journée Pilotage, gouvernance, excellence

Journée publique de réflexion : Quelle éthique face au changement climatique ? Agir en situation d’incertitude

Journée Regards insolites sur la sexualité

Journée Science et démocratie

Journée Trois corps, classique-quantique, discret-continu

Journée Visualization of High-Resolution 3D Turbulent Flows

Journées d’études publiques du groupe MENS (Métaphysique à l’ENS)

Journées Esthétique : histoire et théories

L’héritage scientifique de Jacques Herbrand

La dynamique non linéaire du climat : journée scientifique en l’honneur de Michael Ghil

La philosophie française contemporaine en Asie

La place du mécénat dans les institutions publiques : quelles contreparties ?

La psychothérapie en Europe, spécificités nationales et tendances communes

Le mois de la science-fiction de l’ENS

Le rayonnement oriental des Parthes

Les chantiers de construction en Italie et dans les provinces romaines – III. L’économie des chantiers

Les inspirations françaises dans l’Empire ottoman et la Turquie moderne

Littérature et thérapeutique des passions : la catharsis en question

Portrait de villes américaines à l’âge global

Quatrième journée de protohistoire celtique : Le chercheur, le gisement archéologique et les problématiques de l’âge du Fer européen

Questions de phrasé

Réseaux sociaux, analyse et data mining

Rencontres sur l’archéologie de la construction : les chantiers publics de l’Occident romain

Round Table - GPC 2007 (Grid and Pervasive Computing)

Séminaire ARC2 "Accumulation, régulation, croissance et crise"

Semaine arabe 2011

Semaine de commémoration et de réflexion sur la Shoah

Semaine de l’Europe

Semaine de l’histoire 2003 : L’histoire face à la demande sociale

Semaine de l’histoire 2006 : L’historien et les images

Semaine de l’histoire 2007 : L’historien face à l’actualité de l’Antiquité à nos jours

Semaine de l’histoire 2008 : L’historien et les modes

Semaine de l’histoire 2009 : Histoire et fiction

Symposium Facets of quantum physics at ENS

The Journées 2010 "Systèmes de référence spatio-temporels"

Troisième congrès de la SPS : Sciences et décision