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Semaine Tragédie : poésie et action

Organisé par : Donatien Grau (ENS) et Sylvain Perrot (ENS Paris) et Laure Petit (ENS Paris)

La semaine de la tragédie, organisée du 19 au 23 janvier 2009 à l’École normale supérieure, se présente en cinq actes :
– lundi 19 : projection-débat autour du film Œdipe Roi de Pier Paolo Pasolini ;
– mardi 20 : La tragédie grecque, texte et contextes, journée d’études autour des Sept contre Thèbes d’Eschyle ;
– mercredi 21 : La tragédie, domaine public, colloque organisé par l’ENS et le théâtre national de l’Odéon ;
– jeudi 22 : découvrir la tragédie grecque, journée d’accueil et ateliers pédagogiques animés par des élèves de l’ENS ;
– vendredi 23 : concert de musique grecque antique par l’ensemble Kérylos sous la direction d’Annie Bélis.

Ressources en ligne

  • Projection-débat autour du film de Pier Paolo Pasolini, Œdipe Roi (le 19 janvier 2009) — Jean-Loup Bourget, Rossella Colonna, Hervé Joubert-Laurencin et Françoise Zamour
    Dans le cadre de la semaine de la tragédie, la projection d’Œdipe Roi, de Pier Paolo Pasolini, est suivie d’un débat animé par Françoise Zamour (département Histoire et théorie des arts) avec la participation d’Hervé Joubert-Laurencin (université d’Amiens), Rossella Colonna (Bari) et Jean-Loup Bourget (DHTA).
  • Les Sept contre Thèbes, ou le loto tragique (le 20 janvier 2009) — Paul Demont
    Les Sept contre Thèbes sont l’histoire d’une expédition manquée, celle des sept chefs argiens rassemblés autour de Polynice, qui se conclut sur le meurtre mutuel des deux fils d’Œdipe. Le propos d’Eschyle est de saisir l’angoisse des habitants de Thèbes, mais aussi l’orgueil démesuré de ces chefs qui croient la victoire acquise. Paul Demont étudie avec précision le tirage au sort des portes de la ville, la manière dont chaque héros est placé à son poste. Commençant par le type traditionnel du tirage au sort dans l’épopée, en particulier lorsqu’il a lieu entre deux frères pour des questions d’héritage, il revient ensuite sur celui qui oppose Étéocle à Polynice, dans un papyrus conservé à Lille, puis dans la pièce d’Eschyle. Il met ainsi en évidence le fait que, chez Eschyle, le duel entre les frères est un tirage au sort corrompu.
  • Thèbes : ses rois et ses spartes (le 20 janvier 2009) — Bernadette Leclercq-Neveu
    Les Sept contre Thèbes d’Eschyle racontent un mythe qui appartenait au grand cycle thébain, qui commence avec la fondation de la ville aux sept portes par Cadmos. Vainqueur du dragon qui protège cette terre, il en plante les dents qui donnent naissance à des hommes armés, les spartes, qui s’entretuent. Le survivant sera le fondateur de la dynastie, frappée par la malédiction des dieux. Bernadette Leclercq-Neveu étudie le fonctionnement même du mythe, la manière dont il est structuré par un jeu de répétitions, le lieu où se joue le problème de l’héritage paternel et celui du fils perdu.
  • Du cri au chant : désordre de la voix lyrique dans les Sept contre Thèbes (le 20 janvier 2009) — Anne-Iris Muñoz
    Anne-Iris Muñoz propose une étude de la métrique du début de la pièce d’Eschyle. Elle montre combien la métrique peut éclairer le texte tragique et en dévoiler certains enjeux. Il s’agit de voir comment la parole des personnages, en particulier celle d’Étéocle, peut changer de statut et passer du cri au chant. Si le discours d’Étéocle au peuple de Cadmos qui ouvre la pièce oscille entre la prière et le thrène, manifestant un certain désordre de la voix lyrique qui peine à se trouver, la parodos se trouve une voix plus stable, où la prière l’emporte sur la panique sourde. Le kommos qui suit entre Étéocle et le chœur remet en cause cette paix éphémère pour glisser du cri au silence. Il en résulte un brouillage de plus en plus fort au moment du premier stasimon où il apparaît que le chœur, d’une certaine manière, se trompe de chant.
  • Le Polinice : Alfieri, lecteur d’Eschyle… ou d’Euripide ? (le 20 janvier 2009) — Laure Petit
    Au XVIIIe siècle, le poète tragique Vittorio Alfieri écrivit un Polynice dont le protagoniste présente des traits qui ne semblent pas correspondre à un modèle unique. Riche d’une tradition grecque et française (la Thébaïde de Racine), Alfieri compose un personnage original dont Laure Petit s’attache à comprendre l’essence. Elle étudie successivement les enjeux poétiques et politiques de la caractérisation de ce personnage. Sur le plan poétique, Alfieri s’en remet à Racine et à Eschyle, dont il a une connaissance indirecte, la traduction faite par le Père Brumoy, qui s’intéressait aussi au personnage créé par Euripide. Alfieri souhaite faire de Polynice un personnage grec, épuré des transformations modernes. Aussi le travail se fait-il sur un plan politique : Alfieri, auteur des Lumières, pense le personnage de Polynice différemment de Racine, qui écrivait dans un contexte monarchique, au point que le Polynice d’Alfieri paraît comme en négatif de celui de Racine. Le personnage est alors un héros tyrannicide face au tyran en place ; de l’homme violent et fier qu’il était chez Racine, il devient un héros vertueux.
  • Les Sept contre Thèbes : réflexions sur l’histoire de l’interprétation (le 20 janvier 2009) — Didier Pralon
    Les Sept contre Thèbes sont d’abord un texte qui nous a été transmis depuis le Ve siècle avant Jésus-Christ. Jugée comme un chef-d’œuvre du premier des trois grands tragiques, et transmise à ce titre, cette pièce a été plus d’une fois recopiée et commentée. Didier Pralon revient sur cette histoire mouvementée qui est celle de tous les textes antiques, mais qui nous parlent aujourd’hui encore.
  • Théâtres et autres lieux de spectacle en Grèce (le 20 janvier 2009) — Jacques Des Courtils
    En même temps qu’un nouveau genre littéraire, les Grecs ont inventé un édifice qui en permettait la mise en scène : le théâtre, étymologiquement le lieu d’où l’on regarde : c’est d’abord l’espace du spectateur avant de désigner l’ensemble de l’édifice, koilon et bâtiment de scène. Jacques des Courtils revient sur ce type de bâtiment pour en étudier les spécificités techniques, mais aussi l’origine. Le théâtre en effet n’est pas le seul bâtiment grec destiné à accueillir des spectateurs. Il s’agit alors de voir dans quels autres contextes les Grecs avaient aménagé des gradins, du simple talus au bois et à la pierre, et force est de constater que parfois la distinction entre escaliers et gradins ne va pas de soi. Le théâtre rassemble des citoyens – la comparaison avec d’autres bâtiments, à vocation spécifiquement politique, s’impose donc : après tout, le grand orateur Eschine avait commencé comme acteur de théâtre.
  • Scaenographia : une notion contestée (le 20 janvier 2009) — Agnès Rouveret
    Agnès Rouveret revient sur une notion bien connue de Vitruve, mais qui pose aujourd’hui encore des problèmes d’interprétation. Il s’agit de replacer cette notion dans les relations que l’art antique entretenait avec la science et la philosophie. L’étude de documents originaux, comme les dessins qu’on peut trouver sur quelques rares papyrus, donne tout son sens au savoir-faire que les Grecs possédaient dans l’art des décors. Les panneaux de bois peints suspendus dans les théâtres répondaient au texte des acteurs, dans un jeu constant entre l’architecture réelle et la peinture. L’habitude était alors prise de jouer sur l’illusion tout en la dénonçant.
  • Eschyle, Delphes et son théâtre (le 20 janvier 2009) — Jean-François Bommelaer
    C’est à Delphes que la tragédie d’Œdipe se noue, et c’est par la volonté d’Apollon que le fils de Jocaste prend le pouvoir à Thèbes pour le transmettre dans la douleur à ses deux fils. Delphes, au cœur de la Grèce continentale, a mis en scène le mythe thébain. On le voit dans l’iconographie de certaines offrandes monumentales, notamment le monument dit des Épigones, qui se trouvait en face d’un autre qui représentait les rois d’Argos. Cet hémicycle de pierre accueillait des statues où l’on reconnaissait les chefs alliés contre Thèbes. Mais le texte d’Eschyle peut éclairer aussi notre connaissance du sanctuaire de Delphes : ainsi les Euménides semblent s’ouvrir sur la description du fronton du temple. Enfin, le théâtre en pierre, construit au IIe siècle avant Jésus-Christ, a pu accueillir des mises en scène de la pièce d’Eschyle, plusieurs siècles après sa représentation athénienne.
  • Eschyle et l’héritage musical du VIe siècle (le 20 janvier 2009) — Sylvain Perrot
    Eschyle, le premier des trois grands tragiques, était tout autant auteur que compositeur. Si nous n’avons conservé aucun fragment de sa musique – même si on l’a cru un temps – il n’est pas impossible de saisir la conception qu’il en avait et les choix esthétiques qui pouvaient être les siens. Eschyle en effet évoque des scènes musicales dans ses pièces : si on a pu les étudier d’un point de vue littéraire ou philosophique, il semble opportun de les confronter aux sources iconographiques contemporaines. Une telle étude permet d’établir un moment de la culture musicale grecque, au lendemain des guerres contre les Perses. On comprend alors qu’Eschyle fait le choix d’une musique solennelle, qui exalte les vertus guerrières du peuple athénien. Mais en même temps il met en garde son public contre une musique aux intervalles trop grands, dont il est difficile de garder la mesure. La musique, tout comme le texte eschyléen, dit l’inconstance de la condition humaine.
  • La tragédie, domaine public : accueil et introduction (le 21 janvier 2009) — Monique Canto-Sperber
    Introduction par Monique Canto-Sperber (directrice de l’ENS) de la journée La tragédie, domaine public :
    La tragédie, une réalité politique, animée par Donatien Grau et Grégoire Schmitzberger :
    Florence Dupont (Paris VII) : La tragédie dans l’espace public antique
    Renaud Donnedieu de Vabres (ancien ministre) : La tragédie dans le politique
    Dialogue entre Howard Baker (dramaturge) et Daniel Loayza (Théâtre de l’Europe) : La question politique dans l’écriture tragique contemporaine
    La tragédie, un spectacle de l’homme, animée par Laure Adler et Donatien Grau :
    Jean Bollack (Lille III) : Adapter les schémas de la tragédie grecque au monde contemporain
    Dialogue entre Daniel Mendelsohn (écrivain) et Donatien Grau (ENS) : La tragédie dans le roman
    Dominique Blanc (actrice) : Jouer la tragédie
    Olivier Py (metteur en scène, Théâtre national de l’Odéon) : Mettre en scène le tragique
    Catherine Grenier (Centre Pompidou) : Le tragique dans l’art contemporain
    George Steiner (Genève, Cambridge, Harvard) : Où va la tragédie ?
  • La tragédie dans l’espace public antique (le 21 janvier 2009) — Florence Dupont

  • La tragédie dans le politique (le 21 janvier 2009) — Renaud Donnedieu de Vabres

  • La question politique dans l’écriture tragique contemporaine (le 21 janvier 2009) — Howard Barker et Daniel Loayza
    Dialogue entre Howard Barker (dramaturge, plusieurs pièces à l’affiche au Théâtre national de l’Odéon) et Daniel Loayza (conseiller dramaturgique au Théâtre national de l’Odéon).
  • Adapter les schémas de la tragédie grecque au monde contemporain (le 21 janvier 2009) — Jean Bollack

  • La tragédie dans le roman (le 21 janvier 2009) — Donatien Grau et Daniel Mendelsohn
    Dialogue entre Daniel Mendelsohn (prix Médicis étranger 2007 pour Les Disparus) et Donatien Grau (ENS).
  • Jouer la tragédie (le 21 janvier 2009) — Dominique Blanc

  • Mettre en scène le tragique (le 21 janvier 2009) — Olivier Py

  • Le tragique dans l’art contemporain (le 21 janvier 2009) — Catherine Grenier

  • Où va la tragédie (le 21 janvier 2009) — George Steiner

Organisateurs

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Donatien Grau (ENS)

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Sylvain Perrot (ENS Paris)

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Laure Petit (ENS Paris)