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Les grandes conférences de l’École normale supérieure

Organisé par : Monique Canto-Sperber (CNRS-ENS)

L’École normale supérieure a été pendant des décennies un centre de rayonnement de la vie intellectuelle et scientifique française, où se formulaient les grandes thématiques qui inspiraient les grands débats dans les sciences et les humanités. C’est l’ambition affirmée de la Direction actuelle de renouer le fil d’une telle tradition d’excellence.
À cette fin, les meilleures activités de recherche, qu’elles soient d’origine française, européenne ou internationale, ont vocation à être accueillies à l’École. La plupart des grands intellectuels et scientifiques de ce monde sont en rapport avec les départements scientifiques et littéraires de l’École, ce qui motive la volonté de faire de l’École normale supérieure une plate-forme d’où toute une série de travaux remarquables pourraient être présentés et diffusés. Ainsi l’École remplirait-elle de nouveau sa double mission : accueillir l’excellence et diffuser les savoirs au sein de la société.
Dans cette perspective, la Direction de l’École normale supérieure organise trois cycles de Grandes Conférences. L’un d’eux donnera l’occasion d’inviter de grandes personnalités scientifiques, le deuxième, de grandes personnalités littéraires, le troisième, les grands « responsables » de ce monde.
Chaque personnalité invitée donne trois conférences au cours de trois soirées successives. Le modèle dont s’inspirent ces Grandes Conférences de l’École normale supérieure est celui des Tanner Lectures ou des Gifford Lectures.
Monique Canto-Sperber, directrice de l’École normale supérieure.

Ressources en ligne

  • Flatland, un bel endroit pour faire de l’algebre (le 27 mars 2007) — Vaughan Jones
    On commence par réfléchir sur le concept de dimension. On verra que, dans un certain sens, l’algèbre ordinaire est une affaire unidimensionelle. Ensuite on introduira une nouvelle algèbre, l’algèbre planaire, ou les opérations sont naturellement données par des dessins dans le plan. On finira par regarder quelques domaines en physique et en mathématiques ou cette algèbre planaire est utile et naturelle. En particulier une proposition de Michael Freedman pour la construction d’un ordinateur quantique. L’expose sera enrichi d’anecdotes et d’images.
  • À la recherche d’un noeud à polynôme trivial (le 28 mars 2007) — Vaughan Jones
    Séminaire en présence de Pierre Vogel, université Paris VII.
  • Les sous-facteurs : une théorie de Galois enrichie (le 29 mars 2007) — Vaughan Jones

  • Interaction entre les aspects économiques, politiques et écologiques de la mondialisation (le 2 avril 2007) — Kemal Derviş
    conférence donnée en présence de Monique Canto-Sperber
  • Espace politique et interaction économique (le 3 avril 2007) — Kemal Derviş
    conférence donnée en présence de Monique Canto-Sperber et de Michel Rocard, ancien Premier ministre
  • Coopération mondiale et régionale : alternatives ou compléments (le 4 avril 2007) — Kemal Derviş
    conférence en présence de Monique Canto-Sperber
  • Le rôle du religieux dans la culture humaine (le 4 décembre 2007) — René Girard

  • The Universe is a Strange Place (le 14 avril 2008) — Frank Wilczek
    Over the course of the twentieth century we have constructed a very successful fundamental theory of the behavior of matter. Viewed from this perspective, the world looks very different from our everyday reality. It is a very strange place, and a beautiful one – in particular, we have come to understand that the building blocks of matter appear as notes in a Music of the Void. I shall describe this using a combination of facts, pictures, and jokes. Finally I shall discuss some recent discoveries indicating that the world is even stranger than we have understood so far, and how we are rising to the challenge.
  • QCD Meets BCS Meets QQ (le 17 avril 2008) — Frank Wilczek
    What happens to matter when you squeeze it very, very hard? A child might ask this question, as might a neutron star astrophysicist or a quantum field theorist looking for challenges. By adapting the methods of superconductivity theory (BCS) to the fundamental theory of matter (QCD) we get some beautiful and suprising answers. (For experts: We find both confinement and chiral symmetry breaking in a controlled, weak-coupling approximation.) The nature of quark-quark (QQ) interactions play a crucial role in the analysis, which motivates some new phenomenology leading to a dramatic prediction.
  • Engineering the Dirac Equation (le 18 avril 2008) — Frank Wilczek
    The Dirac equation occurs naturally in the relativistic theory of elementary particles, but for both practical and theoretical reasons it is very interesting to consider approximate realizations in discrete (lattice) systems. The Dirac equation arises in, and has important implications for, the description of low-energy excitations in graphene and possibly others materials. Then I shall describe "fermion doubling", a fundamental issue in the treatment of chiral theories using lattice discretization. I shall define the problem, show its deep origins in topology, and suggest simple ways to minimize and possibly overcome it.
  • "Pages from a Memoir", conférence de Stanley Cavell (le 14 mai 2008) — Stanley Cavell
    Le philosophe américain Stanley Cavell a présenté en anglais des pages inédites de ses mémoires, à paraître aux Presses universitaires de Harvard fin 2008. Sa conférence a été introduite par Claude Imbert, professeur de philosophie à l’École normale supérieure.
  • Appréhender une vie : une confrontation avec la reconnaissance (le 25 mai 2009) — Judith Butler
    Dans cette première conférence, Judith Butler met en œuvre une interrogation complexe du concept de reconnaissance (Hegel, Foucault, Axel Honneth, etc.) pour montrer que la reconnaissance est moins affaire de lutte de personnes ou de consciences que motivée par les "cadres" épistémologiques qui la rendent possible, la délimitent et la distribuent de façon inégale entre les êtres. Le deuil – la possibilité de pleurer une vie qui s’en va – en constitue un critère premier : toutes les vies ne sont pas également reconnues comme dignes d’être pleurées. À l’encontre de ces "cadres de reconnaissance", toujours limitatifs et sources d’inégalité, Butler met en avant une condition universelle de toute vie humaine : sa "précarité". Toute vie humaine est placée sous le signe de l’interdépendance à l’égard des autres, et cette vulnérabilité doit être reconnue pour qu’une vie soit vécue.
    Répondants par ordre de prise de parole :
    – Étienne Balibar, professeur émérite à l’université Paris X-Nanterre et professeur à l’université d’Irvine (Californie), auteur de très nombreux ouvrages dont Très loin et tout près (Fayard, 2007) sur la notion de frontière à l’époque de la mondialisation ;
    – Marie Gaille, chercheur CNRS au Centre de recherche, sens, éthique, société (CERSES, Paris V), spécialiste d’éthique et politique de la santé, notamment des questions de reconnaissance de la vie et de la maladie, domaine dans lequel elle a publié de nombreux articles ;
    – Guillaume Le Blanc, professeur de philosophie à l’université Bordeaux III, qui a dirigé et contribué à un ouvrage collectif sur l’œuvre de Judith Butler (Judith Butler, Troubles dans le genre, trouble dans le sujet, PUF, 2009) et qui s’intéresse depuis plusieurs années aux questions de précarité et d’identité dans la société contemporaine.
  • Compter les morts de guerre (le 28 mai 2009) — Judith Butler
    Dans cette seconde conférence, Judith Butler développe et applique les analyses conceptuelles de la conférence précédente (25 mai 2009) au cas des images de soldats américains tués au combat, images longtemps interdites aux États-Unis, au "cadrage" de la guerre par le photo-journalisme contemporain, notamment par les journalistes "embarqués" dans les convois militaires, au traitement des photos d’Abu Ghraib pendant la seconde guerre du Golfe et au comptage des morts dans le conflit israélo-palestinien.
    Répondants par ordre de prise de parole :
    – Chantal Pontbriand, commissaire d’exposition indépendante et directrice de la revue d’art contemporain Parachute dont deux numéros (123 et 124) portent sur la violence psychique. Elle a présenté au Jeu de Paume une exposition d’Harun Farocki et Rodney Graham, deux artistes qui travaillent la question de la violence dans l’image (mai-juin 2009).
    – Esther Benbassa, directrice d’études à l’EPHE, spécialiste des mondes juifs et intellectuelle publique, auteur notamment du Dictionnaire des mondes juifs (avec Jean-Christophe Attias, Larousse 1997, 2008) et de La souffrance comme identité (Fayard 2007). Elle a organisé un colloque "Israël-Palestine, l’état des lieux" en avril 2009, intervient régulièrement sur France Culture, notamment sur le conflit Israël-Palestine, et a publié un point de vue sur "L’égalité par l’action positive" dans Le Monde du 18 avril 2009.
  • Égalité et amour à la fin des Noces de Figaro : constituer les émotions démocratiques (le 6 juin 2009) — Martha Nussbaum
    (Conférence organisée en collaboration avec l’université d’Amiens.)
    À partir d’analyses textuelles et musicales de plusieurs airs de l’opéra de Mozart (l’air du Comte, le premier air de Figaro, le duo de Suzanne et de la Comtesse), Martha Nussbaum en propose une lecture basée sur l’approche des genres et souligne le changement de régime des émotions entre les couples masculins (Figaro, le Comte) et féminins (Suzanne, la Comtesse) : aux mots d’ordre d’honneur, de possession et de hiérarchie des premiers répondent les mélodies légères, fraternelles et égalitaires des secondes. Par la victoire des femmes, qui est aussi une victoire de l’amour, cet opéra de 1786 annonce le changement de régime prochain. Le personnage de Chérubin, homme élevé parmi les femmes et chantre de l’amour, serait l’incarnation d’une nouvelle masculinité, propre à un régime réciproque et égalitaire.
    Répondantes par ordre de prise de parole :
    – Monique Canto-Sperber, directrice de l’ENS, spécialiste de philosophie morale et de philosophie grecque, qui a dirigé le Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale (PUF, 1996–2004) et est notamment l’auteur de L’inquiétude morale et la Vie humaine (PUF, 2001), Le Bien, la Guerre et la Terreur (Plon, 2005) et Que peut l’éthique face à l’homme qui vient ? (Textuel, 2008).
    – Sandra Laugier, professeur à l’université d’Amiens, spécialiste de philosophie américaine et de philosophie morale, qui a notamment co-dirigé un ouvrage collectif sur l’autonomie en philosophie contemporaine (Penser l’autonomie, PUF, 2008) et Éthique, littérature, vie humaine (PUF, 2006). Elle a également contribué à introduire les problématiques du care en France.
    – Catherine Larrère, professeur à l’université Paris I, spécialiste de philosophie morale et politique, de Montesquieu et des éthiques et politiques de l’environnement, qui a notamment publié une édition des Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence de Montesquieu (Gallimard, 2008), Trois essais sur l’éthique économique et sociale (Quae, 2001) et Du bon usage de la nature : Pour une philosophie de l’environnement (Aubier, 1998).
  • La place du droit de l’OMC dans le droit international (le 2 octobre 2009) — Pascal Lamy
    L’OMC, de par son rôle de régulateur des échanges commerciaux internationaux, se trouve étroitement imbriqué dans le droit international, en étant tout à la fois sujet et acteur. L’OMC est en effet soumis aux règles de droit international public produites par d’autres instances, comme par exemple la déclaration universelle des droits de l’homme. La réalisation des objectifs de l’OMC ne peuvent s’effectuer par conséquent de manière indépendante des autres instances internationales, quand bien même subsistent des difficultés d’harmonisation et de coordination. Mais l’OMC produit également des normes en droit international : d’un point de vue substantiel par l’imposition aux États membres de certaines règles relatives aux réglementations nationales des échanges commerciaux, et d’un point de vue processuel par la création de procédures de règlement des conflits entre États sur les matières commerciales.
    Conférence organisée avec le soutien de l’association des anciens élèves, élèves et amis de l’ENS (A-Ulm).
  • Théorie de la justice et analyse de la société (le 3 mars 2011) — Axel Honneth

  • Le marché comme un exemple de la liberté sociale (le 22 mars 2011) — Axel Honneth
    Professeur invité - Philosophie : Axel Honneth (Université de Francfort) Grandes Conférences de l’ENS Les 10, 17 et 22 mars 2011, 18h30, Salle Dussane, 45 rue d’Ulm 75005 Paris Organisé par la Direction et le Département de Philosophie Quatre « Grandes Conférences » sur « L’ethos démocratique » Entrée libre dans la limite des places disponibles. Jeudi 3 mars 2011 : « Théorie de la justice et analyse de la société » Répondants : Jean-Claude Monod, Emmanuel Renault Jeudi 10 mars 2011 : « La possibilité de la liberté » Répondants : Jean-François Kervégan, Frédéric Worms Jeudi 17 mars 2011 : « L’effectivité de la liberté » Répondants : Marc Crépon, Michael Foessel Mardi 22 mars 2011 : « Le marché comme un exemple de la liberté sociale » Répondants : François Calori, Catherine Colliot-Thélène Axel Honneth est aujourd’hui considéré, avec Jürgen Habermas, comme le représentant le plus important de l’Ecole de Francfort. Ses travaux proposent un redéploiement philosophique de la question de la « reconnaissance » sociale et abordent les différentes formes de son envers, les expériences de non-considération, de méconnaissance, de mépris et d’injustice. Depuis son ouvrage, désormais classique, La Lutte pour la reconnaissance (Kampf um Anerkennung : zur moralischen Grammatik sozialer Konflikte, 1992, trad. fr. 2000), il s’est engagé dans une réactualisation critique de la philosophie hégélienne du droit, considérée comme la matrice possible d’une théorie de la justice attentive aux conditions d’une démocratie effective. Le séjour d’Axel Honneth à l’Ecole normale supérieure, tout au long du mois de mars 2011, sera l’occasion, pour le philosophe, de présenter l’état actuel de ses recherches et, plus précisément, sa conception d’un « ethos démocratique » (demokratische Sittlichkeit). Véritable fondement d’une théorie de la justice qui prendrait pour base une analyse de la société, cet ethos est constitué de toutes les demandes normatives immanentes aux institutions des démocraties occidentales et libérales, qu’Axel Honneth se propose de mettre en lumière.

Organisateurs

Monique_Canto-Sperber

Monique Canto-Sperber (CNRS-ENS)

Monique Canto-Sperber est philosophe et directrice de l’ENS. Elle est directrice de recherche au CNRS. Elle a été vice-présidente du Comité Consultatif National d’Éthique. Elle dirige deux collections aux Presses Universitaires de France (PUF). Elle conseille également la chaîne parlementaire, Public Sénat et est productrice à France Culture.