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Séminaire de l’ITEM : Genèse et correspondances

Organisé par : Françoise Leriche (univ. Grenoble III) et Alain Pagès (univ. Paris III)

Une correspondance d’écrivain peut-elle être considérée comme un objet génétique ? Bien qu’elle ait été posée à différentes reprises, cette question n’a jamais fait l’objet d’une réflexion approfondie. C’est une telle lacune que ce séminaire voudrait s’efforcer de combler.
On réfléchira, avant tout, à la situation de la correspondance comme archive de l’œuvre littéraire : gardant la trace des documents utilisés, permettant de saisir les étapes suivies par l’élaboration d’une œuvre, offrant des commentaires de l’écrivain sur son propre travail d’écriture.
En dehors des cas dans lesquels la correspondance sert d’auxiliaire aux études de genèse, on s’intéressera aussi à des situations plus ambiguës, où la frontière s’estompe entre témoignage sur l’œuvre, brouillon même de l’oeuvre, avant-texte, moyen de diffusion : lettres où, oubliant son destinataire, l’écrivain se lance dans la première esquisse d’une œuvre, la première ébauche d’un passage ; lettres reprises ultérieurement dans l’œuvre ; lettres communiquant des textes inédits non publiés du vivant de l’auteur, posant à l’éditeur moderne la question du statut de ces textes…
Deux problèmes seront particulièrement envisagés :
- la confrontation du commentaire épistolaire portant sur l’œuvre en cours avec les éléments du dossier génétique ;
- la question du « rôle » des correspondants dans le dispositif génétique de l’écriture.
Les interventions faites au cours de ce séminaire examineront dans cette perspective les correspondances de Stendhal, de Tocqueville, de Balzac, de Flaubert, des frères Goncourt, de Zola et de Proust.

Ressources en ligne

  • Zola, ou la transparence épistolaire (le 21 octobre 2006) — Alain Pagès
    Conférence introduite par Françoise Leriche
  • Écrire sous le regard d’autrui : la dimension génétique dialogale de l’œuvre proustienne (le 4 novembre 2006) — Françoise Leriche

  • De la Conception à la Production : la correspondance de Balzac comme mémorial d’un processus d’engendrement (le 2 décembre 2006) — José-Luis Diaz
    Que pouvons-nous attendre d’une correspondance telle que celle de Balzac en matière de connaissance génétique ? Peu de chose sans doute au sens strict. Point chez lui de texte qui s’essaie d’abord par correspondance. Point non plus de journal systématique de l’œuvre et de son processus rédactionnel, comme dans l’exemple – il est vrai limite – de Madame Bovary. Les productions se succèdent à une vitesse telle, s’enchevêtrent de telle façon, qu’il est difficile de suivre les étapes du processus de « génération » d’une œuvre si l’on s’en tient aux seuls bulletins venus du fond du « cratère ». Ce déficit de l’épistolaire est ici d’autant plus sensible que le généticien est comblé, en revanche, par des archives prodigues. Nous sommes face à un écrivain qui, l’un des tout premiers, a mis un accent d’emphase exceptionnel sur son laboratoire. Objet d’étude pour la génétique, mais aussi l’un de ses promoteurs… Partant de ce constat, l’exposé s’efforcera de recueillir les éléments génétiques que, malgré tout, offre la correspondance de Balzac. On distinguera selon les diverses phases et les différents correspondants, mais surtout selon les moments du processus génétique qu’elle permet d’éclairer : « chasse aux idées », recherche de titres, utilisation d’informateurs, de « nègres », élaboration de plans, rédaction éclair « dans la joie folle de la génération », harassant travail des épreuves, mais surtout constante attention aux proportions changeantes d’une Œuvre multiforme mais qui se sait d’emblée « capitale ». Enfin, dans un dernier temps de la réflexion, il conviendra d’envisager ce que la correspondance a en propre en termes, non plus d’« archives génétiques », mais de mémorial d’un engendrement passionné. La correspondance nous en a gardé le témoignage ; mais ne fut-elle pas aussi l’un des vecteurs de ce processus ?
  • La lettre chez les Goncourt, miroir ou écran de la création (le 13 janvier 2007) — Pierre Dufief
    Les études génétiques consacrées aux Goncourt ont, à défaut de manuscrits, privilégié le Journal et les Carnets préparatoires. Il semble pertinent de s’interroger aussi sur le rôle de la correspondance comme témoin de la genèse des œuvres littéraires. Historiens-collectionneurs, passionnés d’autographes, les deux frères ont soigneusement conservé le courrier reçu qu’ils considéraient comme le complément nécessaire du Journal.
  • L’atelier épistolaire : Dispositifs génétiques dans la correspondance de Stendhal (le 3 février 2007) — Brigitte Diaz
    Comme beaucoup d’écrivains de son siècle, c’est par la médiation de la correspondance qu’Henri Beyle a investi le champ littéraire. Le jeune homme des années 1800 qui délivre à sa sœur des cours de « métaphysique littéraire » par correspondance gère par lettres sa propre formation de « poète ». La correspondance est un terrain d’essai où pratiquer des exercices de style, programmer les œuvres à venir et négocier fantasmatiquement son entrée en littérature. Bien plus qu’à la genèse des œuvres la correspondance est alors vouée à la genèse de soi comme écrivain. Dans ce contexte, la lettre est davantage « brouillon de soi » qu’avant-texte d’une œuvre à venir. C’est là une première et essentielle fonction génétique de la correspondance
  • Analyse de la correspondance et genèse de l’oeuvre : le cas Flaubert (le 17 mars 2007) — Pierre-Marc de Biasi
    La critique et l’histoire littéraire considèrent habituellement la correspondance d’un auteur comme un réservoir disponible pour puiser à volonté - sur l’intertexte, la poétique, les sources biographiques de l’œuvre, etc. - des informations qui deviennent directement mobilisables pour l’interprétation de l’œuvre. Il n’en va pas de même en critique génétique où le statut des indices épistolaires est plutôt considéré comme un problème. Même dans les cas où elle semble nous apporter une connaissance de première main sur son travail, la lettre d’écrivain ne constitue pas à proprement parler un document de genèse, mais un témoignage, c’est-à-dire une information extérieure au processus génétique lui-même. À la différence du manuscrit de travail, la lettre est un médium de communication : elle est fortement marquée par le cycle court des circonstances et par l’identité du destinataire auquel elle s’adresse. De ce point de vue, la Correspondance contient autant de mensonges que d’aveux, et son message est nécessairement sujet à caution. Sauf quelques exceptions qu’il s’agit précisément de circonscrire avec précision, elle reste d’autre part étrangère à l’élaboration de l’œuvre elle-même. Les lettres de l’écrivain ne font donc pas partie du dossier de genèse de l’œuvre au même titre que les manuscrits de travail proprement dits : plans, scénarios, carnets, brouillons, mises au net, etc. Ce qui n’empêche pas la Correspondance de constituer un gisement d’informations souvent essentielles sans lesquelles l’investigation génétique serait démunie. Quelles informations ? Utilisables selon quelles modalités, avec quelles précautions ? Est-il possible d’imaginer une typologie des fonctions ou des usages génétiques de la correspondance ?
    Le problème est particulièrement crucial pour un corpus comme celui de Flaubert, dont l’interprétation a été profondément renouvelée et plusieurs fois redéfinie, depuis un siècle, par la découverte progressive d’une Correspondance qui a, par ailleurs, fini par acquérir elle-même le statut d’œuvre littéraire à part entière. On se servira de quelques cas exemplaires empruntés à ce corpus pour éclairer le problème théorique des relations entre Correspondance et genèse et pour illustrer le rôle décisif mais décalé que la lettre peut tenir dans l’investigation génétique.
  • Tocqueville (le 12 mai 2007) — Lise Dumasy

Organisateurs

Françoise_Leriche

Françoise Leriche (univ. Grenoble III)

membre de l’Institut des textes et manuscrits modernes UMR 8132 CNRS/ENS

Alain_Pagès

Alain Pagès (univ. Paris III)

Membre de l’Institut des textes et manuscrits modernes UMR 8132 CNRS/ENS. Professeur de littérature française à l’Université Paris III. Responsable de l’équipe Zola.

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