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» Conférences d’après mars 2011 : nouveau site

 

Colloque Daniel Arasse

Organisé par : Maurice Brock (univ. Tours) et Giovanni Careri (EHESS) et Danièle Cohn (EHESS) et Frédéric Cousinié (INHA) et Philippe Dagen (univ. Paris I) et Yves Hersant (EHESS) et Nadeije Laneyrie Dagen (ENS) et Philippe Morel (univ. Paris I)

Le colloque organisé par l’Institut national d’histoire de l’art, l’École des hautes études en sciences sociales, l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, l’École normale supérieure, l’ARIAS et le Centre d’études supérieures de la renaissance, avec le soutien de l’Istituto Italiano per gli Studi Filosofici (Naples), réunit des intervenants qui, amis, éditeurs, collègues ou anciens étudiants, ont tous bien connu Daniel ARASSE. Dans leurs communications, ils s’attachent à dégager sur des points précis la portée historique, théorique et méthodologique de ses travaux.
Disparu prématurément le 14 décembre 2003, Daniel ARASSE laisse derrière lui une production scientifique abondante et variée. Il a essentiellement travaillé sur l’image de la peinture mais ne s’est jamais cantonné à un domaine de spécialité. Si la plupart de ses recherches portaient sur l’Italie du XIVe au XVIe siècle, Daniel ARASSE s’est aussi intéressé à la Hollande du XVIIe siècle, à la France du XVIIIe et, plus récemment, à divers artistes contemporains. Une telle diversité procède d’une curiosité toujours en éveil et d’une insatiable envie de connaître et de comprendre, mais on y perçoit une profonde unité : elle est sous-tendue par une évidente cohérence intellectuelle. Le petit recueil intitulé On n’y voit rien (2000) fait ainsi écho au gros livre sur le détail (1992) : dans l’un et l’autre ouvrage, si différents que soient les objets étudiés, l’analyse a pour ressort ce qui arrête le regard et sollicite la sagacité de l’observateur. Ainsi retrouve-t-on à l’œuvre l’attention que Daniel ARASSE a constamment portée à ce qui relève de l’affleurement parfois à peine perceptible, qu’il s’agisse de la foi d’un peintre catholique vivant en milieu réformé (Vermeer, 1993) ou de la trace que le moi de l’artiste ou du commanditaire laisse dans l’œuvre (Le sujet dans le tableau, 1997).
Responsables scientifiques : Maurice Brock, Giovanni Careri, Danièle Cohn, Frédéric Cousinié, Philippe Dagen, Yves Hersant, Nadeije Laneyrie-Dagen, Philippe Morel
assistés de Marie-laure Allain et Sara Longo

Ressources en ligne

  • Ouverture du colloque Daniel Arasse (le 8 juin 2006) — Frédéric Cousinié et Jean-Pierre Cuzin

  • Le clin d’œil de saint Sébastien (le 8 juin 2006) — Karim Ressouni-Demigneux
    Dans « Le corps fictif de Sébastien et le coup d’œil d’Antonello », Daniel Arasse ouvre et conclut son texte par l’analyse d’un détail, celui du nombril du saint, dans lequel il voit un œil, « l’œil de la peinture elle-même, en son corps peint », nouant dialectiquement le corps du saint et le corps du spectateur. La récente restauration du tableau à Dresde, à supposer qu’elle ait été effectuée dans les règles de l’art, contredit, quelles que soient les conditions de vision, ce regard de l’historien. Pourtant cet excès d’imagination, ce rêve, reste, dans son erreur même, le moyen le plus efficace de penser le tableau d’Antonello, d’autant que la force poétique de cette analyse acquiert aujourd’hui un relief particulier, car si la restauration révèle que le seul « coup d’œil » est d’Arasse, elle rend plus que jamais visible que quelque chose se joue effectivement là, au nombril.
  • Le reflet, un détail-emblème de la représentation en peinture (XVe-XVIe siècles) (le 8 juin 2006) — Diane Bodart
    Dans l’Italie du XVe siècle, si le miroir est une métaphore du tableau, le reflet, circonscrit à un pan restreint de la composition picturale, est un paradigme de l’excellence technique, de la maîtrise de la peinture à l’huile jusqu’alors l’apanage des Flandres. Il surprend par la précision de sa facture, par l’éclat de sa lumière, mais encore par sa capacité à dévoiler l’envers de la représentation. Cette dernière qualité l’imposera, au siècle suivant, parmi les atouts témoignant de la primauté de la peinture sur la sculpture dans le débat sur le paragone. Pourtant, le reflet minutieusement décrit est progressivement décrié par les théories artistiques, au moment même où la peinture vénitienne, fondée sur le pouvoir évocateur du coloris, repousse le regard du spectateur de la vision rapprochée à un point de vue distant. À travers l’analyse de ce que décrit le reflet en peinture, et de la détermination de son référent, il s’agira ainsi de montrer en quelle mesure ce détail est susceptible de révéler la conception de la représentation picturale, en fonction de contextes culturels et historiques donnés.
  • La question du regard dans les œuvres tardives de Giovanni Bellini (le 8 juin 2006) — Philippe Morel
    Prenant pour point de départ l’article particulièrement stimulant que Daniel Arasse a consacré à la Dérision de Noé de Giovanni Bellini et réédité dans Le sujet dans le tableau, cette étude vise à préciser les enjeux théologiques de l’image ainsi que les mécanismes de son fonctionnement réflexif, avant de revenir sur le rapport établi par Daniel Arasse avec d’autres œuvres, contemporaines mais profanes, du même artiste. Cette confrontation permettra de prendre la mesure des ultimes réflexions du vieux maître sur l’économie scopique de la peinture et conduira vers une interprétation quelque peu paradoxale du souci d’apparente modernité qui s’en dégage, en replaçant l’exégèse chrétienne au cœur de la théorie artistique.
  • Voir ne pas voir (le 8 juin 2006) — Hubert Damisch
    Que voit-on dans un tableau ? Et si tout conspire à ce qu’on n’y voie guère, sinon rien, peut-on attendre de l’histoire qu’elle soit de quelque secours en la matière ? : Daniel Arasse en a fait le pari, mais pour y reconnaître une affaire moins de contexte que d’optique. Ce qui n’apparaît jamais plus clairement, en termes de production autant que de réception (celle-là ayant décidément le pas sur celle-ci), que là où l’objet participe tout ensemble du voir et du non-voir, de l’in-vu. Quand l’Annonciation toscane ne trouve pas dans le dispositif perspectif la forme emblématique de sa manifestation, tandis que se déplace et se déconstruit l’opposition traditionnelle entre le visible et l’invisible. L’histoire, pour avoir su entendre la question, prend ici force de pensée.
  • La part de l’oeil (le 8 juin 2006) — Diane Bodart, Hubert Damisch, Éric Darragon, Philippe Morel et Karim Ressouni-Demigneux
    Discussion suite à la séance présidée par Éric Darragon
  • Eheu vincit Venus: Love and Desire in 16th century Florence (le 8 juin 2006) — Elizabeth Cropper
    Bronzino’s paintings of Venus present a much darker side of desire from that associated with the Petrarchan paradigm for the beloved, or with those Venetian Venuses to which Daniel Arasse dedicated his attention. This paper seeks to show that Lucretius’s association of amor with voluptas had profound meaning for the generation of Bronzino in Florence, and that Lucretian theories of the image altered artists’ understanding of the very status of the representations they were producing.
  • The Passion of Adonis (le 8 juin 2006) — David Rosand
    In the theme of the death of the hero, classical antiquity offered to the Christian pictorial imagination a model of pathos and a hero of particular relevance: Adonis, the mortal immortalized by divine love in a cycle of death and resurrection. This paper considers the appropriation of that model in the imagery of the late Renaissance, the visual model of its affective structure and the emotional resonance of its literary expression. Exploring the tale Venus and Adonis, painters probed the dimensions of pathos and the possibilities of narrative implication inherent in that model.
  • Nicolas Poussin and the Invention of the Mythological Idyl (le 8 juin 2006) — Charles Dempsey
    Daniel Arasse and I once spoke together at a colloquium honoring the centenary of the foundation of the Kunsthistorisches Institut in Florence. We both took as our subject Poussin’s experimentation with new genres of painting, in particular Poussin’s development of a theory of tragic subject and disposition, about which we both spoke. I wish to return to the question of genre for this Colloque in his memory, this time considering the early Poussin’s invention of a completely new genre, which I am naming the Mythological Idyl.
  • L’érotique arassienne (le 8 juin 2006) — Yves Hersant
    Explorer l’intimité du rapport entre les œuvres et leurs auteurs ou commanditaires ; ouvrir à l’analyse et à l’interprétation historiques le champ des investissements psychiques dont les œuvres de la Renaissance ont été le lieu ; imaginer une iconographie des associations d’idées, susceptible de reconstituer les enjeux individuels dont certaines œuvres étaient porteuses et qu’elles manifestent encore aujourd’hui par les condensations, les déplacements, les élaborations singulières qui affectent le traitement de leur thème : en réalisant pleinement ce programme, et souvent avec humour, Daniel Arasse a conféré (ou rendu) à la peinture un statut d’objet du désir.
  • Figures de l’amour (le 8 juin 2006) — Jean-Loup Bourget, Elizabeth Cropper, Charles Dempsey, Yves Hersant et David Rosand
    Discussion suite à la séance présidée par Jean-Loup Bourget
  • Une histoire de moulins à vent (le 9 juin 2006) — Nadeije Laneyrie Dagen
    Dans son souci de voir, mieux voir, faire voir, et cesser en tout cas de n’y rien voir, Daniel Arasse a donné pour sous-titre à son ouvrage sur Le Détail, « Pour une histoire rapprochée ». L’objet de la communication que nous proposons est la peinture du Nord, non cette peinture hollandaise à laquelle Arasse a consacré son Vermeer, mais la peinture flamande du XVe siècle, soit un corpus qui, au plus haut point, pour reprendre les termes d’Arasse, « suscite chez celui qui regarde le désir de s’approcher ». Les remarques que l’on va présenter suivront cependant une perspective un peu distincte de celle d’Arasse. Afin de montrer comment le détail joue le rôle d’« emblème » du processus de représentation adopté et en même temps « fait écart », Daniel Arasse a choisi d’« identifier », d’« isoler », de « découper de son ensemble » le détail : bref, de l’examiner d’abord séparément. La méthode était indispensable, pour changer les habitudes d’une histoire de l’art habituée à une appréhension « de loin » et questionner ainsi - mettre en cause - les concepts, les catégories, établies par celle-ci. Notre propos n’est pas d’isoler un détail de son ensemble. Il est plutôt de réfléchir à la manière dont un motif, à la fois mineur et récurrent dans plusieurs œuvres d’un même artiste, fait sens, non pas tant parce qu’il revient à plusieurs reprises dans un corpus, mais parce qu’il y revient avec d’autres motifs, les mêmes, eux aussi. Nous voudrions développer la notion de « réseau de détails », après qu’Arasse a eu ouvert la voie en inventant (quoiqu’il se réclame du précédent de Kenneth Clark) l’examen « du » détail. En l’occurrence, l’approche sera centrée sur l’œuvre des fondateurs de la peinture flamande, les frères Hubert et Jan van Eyck. Dans cette œuvre, on étudiera un détail - les moulins - qu’on mettra en relation avec d’autres détails.
  • Le possédé dans la _Transfiguration_ de Raphaël : un détail ? (le 9 juin 2006) — Maurice Brock
    Dans la Transfiguration de Raphaël, le possédé ne constitue pas un détail, au sens de « particolare », si on en juge par sa grande importance visuelle et par son rôle essentiel dans le fonctionnement narratif et sémantique du tableau. Les spécialistes de l’épilepsie ont toutefois tendance à en faire un « dettaglio » qu’on pourra qualifier d’« iconique » : lorsqu’ils étudient l’histoire des représentations de la maladie, ils détachent le jeune malade de son contexte afin de déterminer si l’image que l’artiste donne d’une crise d’épilepsie est cliniquement exacte ou inexacte. On s’intéressera donc, à partir des catégories que Daniel Arasse met en place au début de son livre sur le détail, au statut bien particulier qui revient au possédé dans l’économie narrative, sémantique et esthétique de la Transfiguration.
  • Antonello da Messina nei dettagli (le 9 juin 2006) — Bernard Aikema
    La conferenza propone una (ri)lettura di alcune opere di Antonello da Messina, generalmente considerato il paradimmatico "trait d’union" fra le Fiandre e l’Italia, nel Quattrocento. Analizzando e contestualizzando la struttura pittorica di alcune opere chiave dell’artista, a cui in questi giorni è stato dedicato una grande mostra retrospettiva a Roma, si scopre un rapporto più complesso di quanto finora è stato proposto dalla critica, che ha messo l’accento troppo unilateralmente sulle supposte innovazioni techniche di Antonello, tralasciando invece i mezzi e le finalità pittoriche da lui effettuati.
  • Il dettaglio nella pittura veneziana del Cinquecento (le 9 juin 2006) — Augusto Gentili
    Negli anni della polemica e del disciplinamento, al pittore non bastano più il corredo della tradizione e il repertorio del mestiere: ha anche bisogno di una formidabile strumentazione retorica per comunicare l’intera complessità dei significati prescelti. Nasce così un linguaggio fondato soprattutto sull’invenzione di nuove metafore, col risultato di sensibili modifiche delle iconografie consolidate. Le nuove metafore nascono direttamente con l’immagine, generando dettagli inediti e significativi, segnali isolati o intrecciati che fundaziono come indicatori di percorso e chiariscono azioni, intenzioni e concetti. L’indagine sui dettagli attraversa i teleri veneziani di Jacopo Tintoretto nella chiesa della Madonna dell’Orto e quelli di Paolo Veronese nella chiesa di San Sebastiano.
  • Détails (le 9 juin 2006) — Bernard Aikema, Maurice Brock, Augusto Gentili, Nadeije Laneyrie Dagen et Victor Stoichita
    Discussion suite à la séance présidée par Victor Stoichita
  • L’événement de l’œuvre d’art (le 9 juin 2006) — Bruno-Nassim Aboudrar
    L’histoire de l’art de Daniel Arasse se caractérise par la précision de l’articulation entre les œuvres qu’il examine dans leur singularité la plus intime (cf. le « détail » des tableaux, auquel il a consacré un livre majeur) et la construction historienne du moment dans lequel elles interviennent. Cette précision, à elle seule, suppose une réflexion épistémologique élaborée portant sur la peinture en tant qu’objet d’histoire – et d’histoires, qui, si elle n’a finalement pas donné lieu à l’ouvrage théorique auquel Daniel Arasse songeait, affleure toutefois assez clairement dans son œuvre.
  • Le sujet dans le tableau (le 9 juin 2006) — Giovanni Careri
    Après une discussion sur la notion de sujet dans Le sujet dans le tableau de Daniel Arasse la question de la subjectivité sera développée à partir d’une étude de l’autoportrait de Michel Ange dans le Jugement dernier. Nous allons aborder l’autoportrait du point de vue de la tension entre la subjection et de la subjectivation qui gouverne la fresque toute entière.
  • Autour de l’Annonciation (le 9 juin 2006) — Omar Calabrese
    L’intervention part du livre de Daniel Arasse (L’Annonciation italienne, Hazan, Paris 1999) sur le thème, mais touche aussi certains articles ou conférences de l’auteur sur le même sujet, et cherche de souligner l’apport que la sémiotique a donné à la pensée de Daniel Arasse sur la théorie de l’art, et celui que Daniel a donné à la sémiotique. Certains de ses arguments seront repris et développés, comme la question de l’énonciation en peinture (liée à l’Annonciation à travers la perspective), la figuratisation de la croix ou de la porte, les rites de passage contenus dans le même sujet. L’intervention cherche aussi à construire un lien entre différentes théories des sciences humaines (sémiotiques, anthropologiques, psychologiques) et l’analyse concrète des œuvres d’art, selon le style typique de Daniel Arasse (et d’autres compagnons de route), c’est-à-dire celui de trouver la clef de l’interprétation dans ce que l’on appelle « l’objet théorique ». L’explication sera toujours fournie par les images-prétexte de l’Annonciation.
  • La peinture à son plaisir. Vers une méthode. (le 9 juin 2006) — Guillaume Cassegrain
    Daniel Arasse ne considérait pas la réflexion méthodologique comme une pratique annexe de l’histoire de l’art qui devait être dissociée de l’analyse proprement dite des œuvres. Le titre qu’il a donné à l’ouvrage qu’il souhaitait consacrer au sujet résume bien l’idée qu’il se faisait de la « méthode » : L’Art dans ses œuvres. Ainsi, même s’il n’a jamais abordé les problèmes théoriques de front, Daniel Arasse a toujours témoigné, à travers ses livres et ses articles, d’un intérêt pour la dimension réflexive de l’histoire de l’art. La « signification figurative », l’« iconologie analytique » sont autant d’exemples qui montrent, au-delà de la diversité des objets interrogés (de la peinture siennoise du trecento à la peinture abstraite), comment Daniel Arasse cherchait à faire jouer, ensemble, lecture historique de l’image et élaboration théorique d’une méthode d’analyse. Mais l’originalité de la démarche de Daniel Arasse est sans doute à chercher ailleurs. Daniel Arasse fait appel non pas à une méthode dogmatique – incapable de s’adapter à ce que montre l’image, système aveugle aux originalités de la peinture – mais ce que l’on pourrait appeler, avec Roland Barthes, une « critique » qui vient lorsque « le plaisir peut être dit ». cette notion de plaisir – plaisir de l’historien devant les œuvres et plaisir de l’artiste devant son œuvre, dans son œuvre – peut servir à mieux définir les usages historiques et théoriques des images et à dégager, dans le cadre d’une histoire de l’art, une poétique de l’art. Le plaisir que Daniel Arasse a recherché dans la peinture est un moyen heuristique qui lui permet de rester attentif à l’image en train de se faire, de comprendre ses excès et de ne pas se fier aveuglément aux « besoins » de l’iconographie. Le plaisir dans/de la méthode de Daniel Arasse est enfin l’occasion d’interroger ses « sources » et de mieux comprendre ce que la lecture de textes comme Le Plaisir du texte de Roland Barthes ou Les Plaisirs de la narration de Louis Marin a pu lui apporter.
  • Daniel Arasse et l’hypothèse de l’inconscient (le 9 juin 2006) — Gérard Wajcman
    Il y a, pour l’histoire de l’art, un dossier du « Souvenir d’enfance de Léonard de Vinci » de Freud. Il a été instruit tout au long du XXe siècle. En 1956, on le sait, Meyer Schapiro y apporte une contribution décisive. Dans une analyse historique modèle, l’erreur de Freud entre milan et vautour y apparaît rédhibitoire. Les psychanalystes américains eux-mêmes rendront d’ailleurs les armes. Vingt-cinq ans plus tard, Daniel Arasse va rouvrir le dossier, dans un article. Contre toute attente, il conclut cette fois au bénéfice de Freud. Son « approche historique » s’anime d’une hypothèse non conforme : qu’une erreur peut dire vrai, qu’exactitude et vérité sont disjointes. Les psychanalystes ne peuvent qu’y souscrire. Elle déconcerte une certaine pratique de l’histoire. Maniée avec tact et sans enjeu doctrinaire par Daniel Arasse, l’hypothèse montre une certaine fécondité. Et l’iconoclasme tranquille d’un jeune historien.
  • Théories et méthodes (le 9 juin 2006) — Bruno-Nassim Aboudrar, Jean-Claude Bonne, Omar Calabrese, Giovanni Careri, Guillaume Cassegrain et Gérard Wajcman
    Discussion suite à la séance présidée par Jean-Claude Bonne
  • Vaporisation vs. Centralisation. « Le Sujet dans la peinture à l’époque de l’Impressionnisme » (le 10 juin 2006) — Victor Stoichita
    L’intervention prend son essor à partir des recherches vouées par Daniel Arasse au « sujet dans le tableau » (1997) à l’époque de la Renaissance. Il s’interroge sur les avatars de l’auctorialité picturale à l’époque où tant le « tableau » que le « sujet » sont mis en question. Seront analysés notamment les autoportraits et les signatures de Manet et de Degas, deux peintres sensibles aux enjeux de la tradition avec laquelle ils entretinrent un dialogue riche d’implications.
  • Léonard et Kiefer. Quelques réflexions à partir de Daniel Arasse. (le 10 juin 2006) — Claudia Cieri-Via
    Leonardo da Vinci e Anselm Kiefer: due artisti a confronto. Sulle tracce del pensiero e degli scritti di Daniel Arasse si vuole mettere a fuoco quel processo critico, che prende le mosse dal celebre passaggio: “Ogni pittore dipinge se stesso”. La ricerca della genesi della forma implica un interesse per l’atto creativo che affonda le radici nel processo biblico della creazione dell’uomo. Le riflessioni di Leonardo sulla processualità della formazione, legata al movimento e alla temporalità, ci introducono al pensiero di Klee e alla sua teoria della forma e della figurazione ma anche alla ricerca di Anselm Kiefer che sposta sul processo creativo ed originario la sua sperimentazione artistica fra la trasparenza del senso e l’opacità della materia che avvicina alcune opere dell’artista tedesco al ‘componimento inculto’ di Leonardo. A questo concetto di immagine densa e concettuale stratificata di memoria, rielaborata anche da Joseph Beuys, si legano le ricerche di Aby Warburg sulle pathosformeln, di Walter Benjamin sull’immagine dialettica, di Paul Klee e di Anselm Kiefer che riflettono sul valore della storia e della memoria. Nel risalire agli elementi originari e fondativi della costruzione dell’opera d’arte s’intende rintracciare il senso operativo dell’artista al di qua e al di là dell’oggettualità e della spazialità dell’opera, sulla soglia dell’immagine (dallo Zwischenraum warburghiano allo Stillstand della immagine dialettica di Benjamin), nella temporalità del processo creativo, nel movimento che attraversa il disegno leonardesco e il suo “componimento inculto” ma anche nella geologia dei materiali stratificati e sconvolti dal movimento di una potenza impensabile delle opere di Kiefer.
  • Anselm Kiefer, Daniel Arasse, la matière de la mémoire (le 10 juin 2006) — Danièle Cohn

  • Un moderne chez les contemporains (le 10 juin 2006) — Philippe Dagen
    Le détail, On n’y voit rien : autant d’ouvrages qui portent sur l’art que l’on dit « ancien ». Pour autant, la leçon de regard qu’ils donnent ne s’appliquerait-elle pas à l’art actuel? Ne serait-elle même à tel point en accord avec quelques unes de ses manifestations récentes que l’on pourrait soutenir que Daniel Arasse a été, à sa manière, l’un de ceux qui ont accompagné, de leurs positions d’historiens et de critiques, cette évolution ? Relire Les miroirs de Cindy Sherman est un exercice riche en enseignements.
  • Dialogue entre Anselm Kiefer et Philippe Dagen (le 10 juin 2006) — Philippe Dagen et Anselm Kiefer

  • Rencontre autour de Daniel Arasse (le 22 juin 2006) — Nadeije Laneyrie Dagen
    Catherine Axelrad-Bourget questionne Nadeije Laneyrie-Dagen autour de Daniel Arasse à l’occasion du colloque qui s’est tenu en juin 2006 à l’INHA.

Organisateurs

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Maurice Brock (univ. Tours)

Ancien élève de l’École normale supérieure, Maurice Brock est agrégé des Lettres et Docteur d’État de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Il est actuellement professeur d’histoire de l’art moderne au Centre d’Études Supérieures de la Renaissance et à l’Université François Rabelais (Tours).

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Giovanni Careri (EHESS)

Giovanni Careri est maître de conférences à L’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Il a travaillé essentiellement sur le rapport entre les formes et les pratiques à l’époque baroque (Envols d’amour. Le Bernin. Montage des arts et dévotion Baroque (1990), Baroques (2003)). Son dernier ouvrage est consacré aux relations entre images et affects saisies à travers les transpositions entre les arts (Gestes d’amour et de guerre. La Jérusalem Délivrée. Images et affects XVIe XVIIIe siècles (2005)).

Danièle_Cohn

Danièle Cohn (EHESS)

Enseigne l’esthétique et la philosophie de l’art à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales.

Photo non disponible

Frédéric Cousinié (INHA)

conseiller scientifique pour l’axe Histoire de l’histoire de l’art

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Philippe Dagen (univ. Paris I)

Philippe Dagen est professeur d’histoire de l’art contemporain à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne et critique au quotidien Le Monde. En 2006 il a publié : Arthur Cravan n’est pas mort noyé (Editions Grasset). Il est également directeur de l’HiCSA (Histoire Culturelle et Sociale de l’Art).

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Yves Hersant (EHESS)

Directeur d’études à l’EHESS, chargé du Groupe de recherches sur l’Europe, Yves Hersant a étudié la Renaissance sous des aspects aussi divers que la mélancolie, l’allégorie, la notion de beauté, le mythe de l’âge d’or, le rire, le rêve, l’émerveillement. Il est membre du comité de rédaction de Critique et co-dirige l’édition française des œuvres de Giordano Bruno. Principales publications : Italies : les voyageurs français aux XVIIe et XVIIIe siècles. Europes. Anthologie critique et commentée, en collaboration avec Fabienne Durand-Bogaert. La métaphore baroque. D’Aristote à Tesauro. Mélancolies, de l’Antiquité au XXe siècle.

Nadeije_Laneyrie Dagen

Nadeije Laneyrie Dagen (ENS)

Nadeije Laneyrie-Dagen est professeur d’histoire de l’art moderne à l’École normale supérieure. Spécialiste de peinture, elle a publié notamment L’Invention du corps (Flammarion, 1997 et 2006), Rubens (Hazan, 2003), et Lire la peinture (Larousse, 2 volumes, 2002 et 2004).
Centre d’Histoire de l’Art de la Renaissance, CHAR, Paris I.

Philippe_Morel

Philippe Morel (univ. Paris I)

Philippe Morel est professeur d’histoire de l’art moderne et directeur du Centre d’histoire de l’art de la Renaissance (CHAR) à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il est également membre senior de l’Institut Universitaire de France. Outre de nombreux articles sur l’art italien de la fin du XVe au début du XVIIe siècle, il est l’auteur de divers ouvrages : Le Parnasse astrologique. Étude iconologique des décors peints pour le cardinal Ferdinand de Médicis (École Française de Rome-Académie de France à Rome, 1991), Les grottes artificielles en Italie au XVIe siècle (Macula, 1997), Les grotesques. Les figures de l’imaginaire dans la peinture italienne de la fin de la Renaissance (Flammarion, 1997), et Mélissa. Magie, astres et démons dans l’art italien de la Renaissance (Les Belles Lettres, 2006). Il est également le directeur et l’un des auteurs de l’ouvrage collectif L’art italien (2 vol., Citadelles et Mazenod, 1997-1998), et des actes du colloque L’art de la Renaissance entre science et magie (Académie de France à Rome-Somogy, 2006).

En savoir plus sur le cycle...


Colloques et journées d’études

École d’été bio-image

Éthique à l’ENS

5e journée de protohistoire celtique : les Celtes à l’époque de la Tène moyenne

Atelier La recherche philosophique et l’organisation des masters en Europe

Atelier sur la transdisciplinarité

Bergson et Jaurès : Métaphysique, politique et histoire

Bergson professeur

Catastrophe et Récit

CAVOUR L’EUROPEEN et la "révolution diplomatique"

Colloque Éthique et esthétique de la corrida

Colloque Évaluer, dévaluer, réévaluer l’évaluation

Colloque "École 2.0 ?"

Colloque "De Brunschvicg à Bachelard"

Colloque "J’ai tué" : Violence guerrière et fiction

Colloque "Le déni de l’Holocauste" / "Holocauste Denial" Conference

Colloque "Vous avez dit Hopper ?"

Colloque Alain, littérature et philosophie mêlées

Colloque Albert Camus : littérature, morale, philosophie

Colloque Architectures au-delà du mur, Berlin-Varsovie-Moscou, 1989–2006

Colloque Autour de "Logiques des Mondes" d’Alain Badiou

Colloque Cavaillès, Lautman, Canguilhem : le concept, l’être, la vie

Colloque Ceci tuera cela : Autour de Victor Hugo

Colloque Celtes et Gaulois : L’archéologie face à l’histoire

Colloque Continuous Dynamics and Computability

Colloque Daniel Arasse

Colloque De l’imitation dans les musées

Colloque Derrida, la tradition de la philosophie

Colloque Einstein chez les philosophes : La réception philosophique de la relativité

Colloque en l’honneur du bicentenaire de la publication de Philosophie zoologique de Lamarck

Colloque Enseignement des sciences à l’école primaire : Éducation à l’environnement pour un développement durable

Colloque Figures de l’imposture, entre philosophie, littérature et sciences

Colloque Fonctionnement cérébral et apprentissage

Colloque Fractures et recompositions

Colloque Jean Deny : Les relations culturelles et scientifiques entre Turquie et France au XXe siècle

Colloque Jean-Paul Sartre : De L’Être et le Néant à la Critique de la raison dialectique

Colloque L’œuvre d’art totale, un simple décor ?

Colloque L’amitié et les sciences, de Descartes à Lévi-Strauss

Colloque L’art et la mesure : Histoire de l’art et approches quantitatives, sources, outils, méthodes

Colloque L’essor des neurosciences, France, 1945–1975

Colloque L’histoire des sciences, des techniques et de la médecine en Europe

Colloque La critique / Le critique

Colloque La pensée de Pierre Boulez à travers ses écrits

Colloque La philosophie du soin - Éthique, médecine et société

Colloque La physiognomonie à la Renaissance / The Arts and Sciences of the Face 1500–1850

Colloque La terminologie, discipline scientifique

Colloque Le corps souffrant sur la scène contemporaine

Colloque Le dialogue ou les voies du dissensus : Philosophie et théâtre contemporains

Colloque Le rayonnement de la philosophie polonaise au XX° siècle

Colloque Le terrorisme : Un défi à la pensée politique

Colloque Les défis d’Hilary Putnam

Colloque Les disciplines face à leur histoire

Colloque Les engagements ontologiques des sciences

Colloque Levinas et la philosophie du XXe siècle en France

Colloque Littérature et vanité : La trace de l’Ecclésiaste de Montaigne à Beckett

Colloque Littérature et vanité : La trace de l’Ecclésiaste de Montaigne à Beckett

Colloque Mathématiques, Sciences expérimentales et d’observation à l’école primaire

Colloque Mutations de l’écriture : Arts et sciences

Colloque Neurosciences cognitives du développement

Colloque Origines de la vie : auto-organisation et/ou évolution biologique ?

Colloque Ouvrir la logique au monde

Colloque Penser la catastrophe : Entre nature et politique

Colloque Promenade dans la physique d’aujourd’hui / A Stroll through Today’s Physics

Colloque Proust dans l’œil des philosophes

Colloque Qu’est-ce qui est réel ?

Colloque Raymond Aron : Genèse et actualité d’une pensée politique

Colloque Roland Barthes : Littérature et philosophie des années 1960

Colloque Science, technologie et créativité

Colloque Simone Weil et la philosophie du XXe siècle

Colloque Temps long : De la physique aux sciences humaines

Colloque Vladimir Jankélévitch : Actuel inactuel

Colloque Voyage au centre du récit

Conférence sur les travaux de la commission Sen-Stiglitz

De-Teleologising History of Money and Its Theory

Des psychanalystes face à la politique française à l’égard des Roms et des Gens du Voyage

Ecole d’été Langues et langage : compréhension, traduction, argumentation

Enfance et littérature : colonies et colonisation

Ethnografeast II : La fabrique de l’ethnographie

Forum de la régulation 2003

Journée Économie et sciences sociales

Journée Agriculture, forêts, pêche : nature exploitée et ingénierie écologique

Journée Architectures imaginaires

Journée Aspects historiques et philosophiques de la théorie des Catégories

Journée Conservation, restauration, évaluation écologique

Journée d’études : Dessiner le monde, une exploration des imaginaires cartographiques

Journée d’études autour de Richard Shusterman

Journée d’études L’anneau des disciplines

Journée d’études sur la représentativité

Journée Empirical Study of Juridical Review

Journée Environnement, agriculture et éthique (aspects scientifiques, industriels, et sociétaux)

Journée Environnement, agriculture, éthique

Journée GDR Dynamo à l’Institut Henri-Poincaré

Journée Georges Bram 2011 (10ème journée de Conférences en Histoire des sciences et épistémologie)

Journée Henri Cartan

Journée Images, raison et raisonnement

Journée Intrications philosophie-sciences de la nature

Journée Jean Hyppolite : Entre structure et existence

Journée Jean Wahl, le multiple

Journée Jules Verne et la vulgarisation scientifique

Journée L’action : Délibérer, décider, accomplir

Journée L’Europe face à sa constitution

Journée L’histoire de l’art, de l’Université à l’École (INHA)

Journée La classification : Problèmes logiques et épistémologiques

Journée La justice, approches croisées

Journée Le bijou, ses fonctions et ses usages de la Préhistoire à nos jours

Journée Le classicisme hollywoodien

Journée Le concept de ‘randomness’ : aléatoire et stochastique

Journée Les Principles of Psychology de William James et leur postérité scientifique aujourd’hui

Journée Les archives de l’enseignement supérieur français contemporain

Journée Lyrisme : Autour de Jonathan Culler

Journée Mathematical Foundations of Learning Theory

Journée Michel Foucault : Travaux actuels

Journée Parsifal, une œuvre pour notre temps ?

Journée Perspectives nouvelles en biologie théorique

Journée Pierre Hadot et la philosophie française contemporaine

Journée Pilotage, gouvernance, excellence

Journée publique de réflexion : Quelle éthique face au changement climatique ? Agir en situation d’incertitude

Journée Regards insolites sur la sexualité

Journée Science et démocratie

Journée Trois corps, classique-quantique, discret-continu

Journée Visualization of High-Resolution 3D Turbulent Flows

Journées d’études publiques du groupe MENS (Métaphysique à l’ENS)

Journées Esthétique : histoire et théories

L’héritage scientifique de Jacques Herbrand

La dynamique non linéaire du climat : journée scientifique en l’honneur de Michael Ghil

La philosophie française contemporaine en Asie

La place du mécénat dans les institutions publiques : quelles contreparties ?

La psychothérapie en Europe, spécificités nationales et tendances communes

Le mois de la science-fiction de l’ENS

Le rayonnement oriental des Parthes

Les chantiers de construction en Italie et dans les provinces romaines – III. L’économie des chantiers

Les inspirations françaises dans l’Empire ottoman et la Turquie moderne

Littérature et thérapeutique des passions : la catharsis en question

Portrait de villes américaines à l’âge global

Quatrième journée de protohistoire celtique : Le chercheur, le gisement archéologique et les problématiques de l’âge du Fer européen

Questions de phrasé

Réseaux sociaux, analyse et data mining

Rencontres sur l’archéologie de la construction : les chantiers publics de l’Occident romain

Round Table - GPC 2007 (Grid and Pervasive Computing)

Séminaire ARC2 "Accumulation, régulation, croissance et crise"

Semaine arabe 2011

Semaine de commémoration et de réflexion sur la Shoah

Semaine de l’Europe

Semaine de l’histoire 2003 : L’histoire face à la demande sociale

Semaine de l’histoire 2006 : L’historien et les images

Semaine de l’histoire 2007 : L’historien face à l’actualité de l’Antiquité à nos jours

Semaine de l’histoire 2008 : L’historien et les modes

Semaine de l’histoire 2009 : Histoire et fiction

Symposium Facets of quantum physics at ENS

The Journées 2010 "Systèmes de référence spatio-temporels"

Troisième congrès de la SPS : Sciences et décision

Hors les murs

Colloque Daniel Arasse

Colloque L’essor des neurosciences, France, 1945–1975

Colloque Mathématiques, Sciences expérimentales et d’observation à l’école primaire

Colloque Science, technologie et créativité

Conférences "Culture Sciences-Physique"

Journée de l’Institut de biologie

Journée L’organisation du vivant : Actualités et perspectives

Journée La radiothérapie entre science, médecine et société

Journée Nanosciences et biotechnologies