Lien 
vers le site de l'ENS
ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEUREPARIS
Lien vers l'accueil
lancer la recherche

» Conférences d’après mars 2011 : nouveau site

2845

Colloque Jean Deny : Les relations culturelles et scientifiques entre Turquie et France au XXe siècle

< précédent | suivant >

La turcologie avant Jean Deny : la place des drogmans
Gilles Veinstein (Collège de France/EHESS)

27 mars 2010

Par la valeur et l’abondance de son œuvre, par sa position académique et le magistère qu’il a durablement exercé, Jean Deny a ouvert une nouvelle étape des études turques en France. Consciemment ou non, nous en sommes tous les héritiers. Des études turques ont cependant existé dans ce pays avant Jean Deny. C’est une évidence qu’il convenait de rappeler en apportant modestement quelques précisions à ce sujet. A l’origine, il y a la place de l’Empire ottoman en Europe et la place de la relation franco-ottomane dans la diplomatie française. Les considérations politiques et commerciales et les besoins très pratiques qu’elles ont induits ont été premiers dans l’intérêt pour la langue turque et sa production écrite, et non des motivations proprement scientifiques et religieuses comme pour d’autres "langues orientales", telles que l’arabe, l’hébreu ou le syriaque. C’est à travers l’École des "Jeunes de langue", qui se met en place à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècles, et où le turc est prédominant – ou, plus précisément, à travers certains de ses anciens élèves, devenus "drogmans" et "secrétaires-interprètes", que commencera à se faire le passage d’un apprentissage pratique à une recherche plus scientifique. La création d’une chaire de "langues orientales" (le turc et le persan) au Collège de France à la fin du XVIIIe siècle et d’une chaire de langue turque, en 1805, illustre ce passage. Quant à l’"École spéciale des langues orientales", créée par la Convention en 1795, et qui coexistera un temps avec celle des Jeunes de langue supprimée par la Révolution et rétablie par Napoléon jusqu’à la fusion des deux établissements en 1873, elle maintiendra cette double orientation, préparant des interprètes en même temps qu’elle devenait le foyer d’une turcologie française. Comme Barbier de Meynard avant lui, Jean Deny était encore issu du concours des "drogmans".

Écouter
pictogrammeformat audio mp3 - 30.45 Mo

Gilles Veinstein Gilles Veinstein (Collège de France/EHESS)
Chaire histoire turque et ottomane