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Colloque Jean Deny : Les relations culturelles et scientifiques entre Turquie et France au XXe siècle

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Mobiliser des compétences linguistiques et culturelles. L’organisation du service de langues dans l’armée française en Orient pendant la Première Guerre mondiale
Franziska Heimburger (EHESS)

26 mars 2010

Il existe, somme toute, relativement peu de travaux sur le front d’Orient de la Première Guerre mondiale, à l’exception de quelques chantiers très précis, comme sur l’expérience des ANZAC à Gallipoli. Ces travaux font tous l’impasse sur les problèmes linguistiques pouvant surgir à la fois à l’intérieur de la coalition alliée (troupes parlant anglais, français, italien, serbe, russe, grec et les langues des contingents coloniaux) et face à un ennemi linguistiquement divers (turc, bulgare, allemand, hongrois, albanais). Pour soutenir le Corps expéditionnaire d’Orient (qui deviendra par la suite le Corps expéditionnaire des Dardanelles, avant de former l’Armée d’Orient en 1916 et l’Armée française d’Orient à partir d’octobre 1918), l’armée française déploie un effort particulier pour recruter des linguistes compétents, appelés à renforcer les contingents d’Orient, tant pour la coordination entre les alliées que, par exemple, pour l’interrogatoire des prisonniers de guerre. Le témoignage sans doute le plus connu de cet effort demeure les Souvenirs de la guerre en Orient (Paris, Hachette, 1970) de Jérôme Carcopino, qui se trouve à partir de 1916 à la tête du 2e Bureau de l’Armée d’Orient, et qui dirige le corps des interprètes militaires, parmi lesquels se trouve Jean Deny, pour la langue turque. Cette communication explorera les stratégies de recrutement de l’armée à partir des archives militaires conservées au Service historique de la défense, ainsi qu’à partir de nombreux ego-documents, publiés ou non. Quelles populations sont visées ? Par quels moyens l’armée réussit-elle à repérer les locuteurs des langues nécessaires ? Comment le service est-il organisé et à quelles fins ? Ces stratégies, qui répondent en premier lieu à des besoins militaires concrets, en disent long sur la perception par l’institution militaire des spécialistes de langues orientales.

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Non disponible Franziska Heimburger (EHESS)
Franziska Heimburger est allocataire-monitrice à l’EHESS.