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Colloque Jean Deny : Les relations culturelles et scientifiques entre Turquie et France au XXe siècle

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La fondation de l’Institut d’archéologie de Stamboul (1930–1932)
Jacques Thobie (Paris VIII)

26 mars 2010

Un difficile accouchement. Quatre essais non transformés : la suggestion de l’archéologue Charles Clermont-Ganneau (1886) ; les initiatives de l’ambassadeur Paul Cambon avec l’archéologue André Joubin et Osman Hamdi bey (1896–98) : opposition intransigeante de l’École d’Athènes ; suggestion de l’archéologue Gustave Mendel (1913) : trop cher ; mise au point sous l’occupation, sous la houlette du général Pellé, après les missions de Maurice Pernot et Charles Diehl, par Charles Picard, docteur de l’École française d’Athènes, d’un projet consistant (1919–22) mais victoire des kémalistes. Le cinquième essai est transformé. En 1929 est inauguré l’Institut allemand d’archéologie. R. Dussaud "qui contrôle tous les leviers de l’archéologie française au Moyen-Orient" propose au retour d’une mission d’installer, dans le bâtiment de l’ancien drogmanat, un institut français d’archéologie permanent, "qui orienterait les recherches concernant la langue turque, les antiquités islamiques et proprement anatoliennes". L’affaire est alors entre les mains de deux amis : Jean Marx, chef de la section universitaire et des écoles au ministère des Affaires étrangères et Albert Gabriel, architecte, archéologue et historien en poste à Strasbourg, premier directeur du futur institut. Seront passés en revue les différents problèmes posés par une telle création : l’articulation des relations entre le ministère (Jean Marx), le futur directeur et les autorités sur place (l’ambassadeur) ; la transformation du drogmanat en institut de recherche : expulser les occupants sans droit, déplacer des cloisons, meubler et recruter une secrétaire permanente, etc. Tâche à laquelle s’attelle, avec succès et sans dépasser les crédits, Albert Gabriel ; la procédure théorique et pratique du choix des pensionnaires et des missionnaires et le choix des personnalités de passage ; la mise en place d’une bibliothèque et d’un projet de publication. L’institut commencera sans bruit ses activités avec un seul pensionnaire (alors que deux postes sont financés) en novembre 1930. L’autorisation de la Turquie ne viendra que le 28 février 1931. L’année 1931–32 sera de rodage avec de nouveau le recrutement d’un seul pensionnaire. L’année 1932–33 fonctionne avec le même seul pensionnaire, mais le directeur peut effectuer avec des collègues choisis d’importantes recherches en Anatolie. Une question se pose, pourquoi ce malthusianisme dans le recrutement ? Quelle est la stratégie du directeur ?

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Jacques Thobie Jacques Thobie (Paris VIII)