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Colloque Jean Deny : Les relations culturelles et scientifiques entre Turquie et France au XXe siècle

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Albert Gabriel et les Turcs (1908–1956)
Pierre Pinon (INHA)

26 mars 2010

Architecte de formation, Albert Gabriel (1883-1972) a connu sa première expérience archéologique en travaillant sur le chantier de Délos de 1908 à 1911. Mais il découvre la Turquie dès 1908, et commence alors pour lui une carrière d’"orientaliste" et une vie d’ami de la Turquie. En 1912, il publie dans la Revue socialiste un article intitulé "Les Turcs et l’opinion" dans lequel il tente, à l’instar de Pierre Loti et Claude Farrère, de réhabiliter dans l’opinion française la Turquie "humiliée" par ses défaites dans les Balkans. En 1914, dans la même revue, il critique l’occupation italienne de Rhodes. Après de nombreux voyages en Turquie (neuf entre 1908 et 1922), il devient professeur d’histoire de l’art à l’université d’Istanbul en 1926, puis premier directeur de l’Institut français d’archéologie de Stamboul en 1930. De 1926 à 1941, puis de 1946 à 1956, il séjourne en Turquie plusieurs mois chaque année. Il noue des relations avec de très nombreux chercheurs et intellectuels turcs (Reşid Saffet Atabinen, Semavi Eyice, Adnan Adıvar, Ali Macit Arda, Fuat Köprülü) et forme un grand nombre d’étudiants, futurs historiens de l’architecture turque. En 1951, dans le cadre de l’Institut français, il lance une revue au titre bien turc : Anadolu. Ses études sur l’architecture en Turquie qui le mènent à définir une architecture turque, au-delà des distinctions entre seldjoukides et ottomans, flattent le nationalisme turc, même s’il n’est lui-même pas dupe de l’interprétation que l’on fait de son œuvre. Sans doute, il s’en amuse et en joue pour séduire. En 1955, il devient "citoyen d’honneur" des villes de Bursa et d’Istanbul. A son enterrement, à Bar-sur-Aube, fin décembre 1972, assistent le premier conseiller et le premier secrétaire de l’ambassade de Turquie à Paris, en l’absence de tout personnage officiel français.

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