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Les chantiers de construction en Italie et dans les provinces romaines – III. L’économie des chantiers

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Le stockage des briques à Rome
Évelyne Bukowiecki (univ. Provence - École française de Rome)

11 décembre 2009

(Session 3. Outils et matériaux, modérateur : François Villeneuve, Université de Paris I)
La production des briques à Rome s’organise autour de l’activité d’une multitude d’ateliers disséminés le long de la vallée du Tibre et de ses principaux affluents navigables, mais ce qui assurera le succès et la diffusion régionale de la construction en brique à partir du début du Ier siècle après J.-C. dérive principalement d’une organisation rationnelle et d’une efficience constante de l’approvisionnement en matériaux. À l’occasion de l’analyse des timbres sur briques, la plupart des études de monument concentre l’attention sur les liens probables entre lieux de production (les figlinae) et lieux de consommation (les chantiers) et ce, en négligeant un maillon essentiel de la chaîne opératoire de la brique : le stockage intermédiaire.
Nous savons peu de chose sur la navigabilité du Tibre dans l’Antiquité, mais il est certain que l’importance des échanges entre la vallée du Tibre et l’Urbs nécessitait un minimum de programmation et de contrôle de la navigation dans cette portion de fleuve. Ainsi, les embarcations transportant les briques produites dans la vallée ne pouvaient sans doute que rarement accoster à proximité des chantiers et devaient plutôt être orientées systématiquement vers des zones portuaires où les briques pouvaient être déchargées et emmagasinées en attendant leur utilisation. Ces horrea étaient sans doute remplis au fur et à mesure de l’arrivée des embarcations et peut-être sans tenir rigoureusement compte de leur lieu de provenance. Les briques pouvaient ainsi y séjourner de plusieurs jours à plusieurs décennies avant d’être redistribuées sur les chantiers. Dans ces conditions, il semble donc prudent de relativiser l’importance que nous accordons souvent au lien qui pouvait exister entre le propriétaire des figlinae dont les timbres ont été retrouvés sur un monument et le commanditaire du monument en question. Finalement, le phénomène de stockage des briques a des implications directes sur les cycles d’approvisionnement des chantiers et nous constatons d’ailleurs que l’analyse de la disponibilité simultanée ou successive des différents lots de briques utilisés dans un même monument fournit des indications très utiles à la compréhension de l’organisation même du chantier et des relations chronologiques entre les phases de construction, souvent bien plus efficaces que la datation même des timbres qui les identifient.

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Évelyne Bukowiecki Évelyne Bukowiecki (univ. Provence - École française de Rome)

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