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Colloque "J’ai tué" : Violence guerrière et fiction

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"Les hommes bons ne tuent pas" : violence guerrière, éthique et idéologie
Déborah Lévy-Bertherat (ENS)

26 mars 2009

Session Grande Guerre, présidée par Pierre Schoentjes (université de Gand).
Alors que, dans la plupart des récits de la Première Guerre mondiale, la figure de l’intellectuel est mise au service d’un devoir de témoigner pour les victimes et d’une dénonciation pacifiste de la guerre, certains textes la placent face à l’acte guerrier par excellence, l’acte de tuer. Dans deux brefs récits portant le même titre, J’ai tué, Cendrars (1918) et Boulgakov (1926) apportent des réponses divergentes à la question centrale du rapport entre violence guerrière et violence meurtrière. Mais les deux textes ont en commun de souligner la rencontre entre l’intellect et l’action : celui qui tue (un poète, un médecin) s’interroge précisément sur le sens de son acte, sur ses liens avec l’humanité, dans les deux sens du terme. La question traverse le recueil de Babel, Cavalerie rouge (1926). Son narrateur, Lioutov (de lioutiy, "féroce"), chroniqueur de la campagne de Pologne, décrit avec une horreur mêlée de fascination les actes de violence commis autour de lui : exécutions de civils, viols, massacres de prisonniers. La justification de la violence par la mission révolutionnaire est remise en cause par l’autre versant de Lioutov, celui de l’intellectuel juif, qui écoute le vieux Guédali saper sa justification idéologique de la guerre : "Les hommes bons ne tuent pas". On pourra clore cette réflexion en mentionnant l’évolution de l’écriture de Faulkner, de Soldier’s Pay (1926) à A Fable (1954) : la figure du héros sacrifié de la Première Guerre mondiale cesse d’être l’occasion de défendre des thèses pacifistes pour illustrer de manière complexe la théorie de la guerre juste.

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Non disponible Déborah Lévy-Bertherat (ENS)
Déborah Lévy-Bertherat est maître de conférences en littérature comparée à l’École normale supérieure. Thèmes de recherche :
– Aires culturelles russe, américaine, anglaise, française et italienne
– Littérature du XIXe et XXe siècle
– Œuvres de Lermontov, Gogol, Tolstoï, Nabokov
– Poétique du récit (autobiographie et fiction, récit d’enfance, récit de guerre)
– Théorie de la fiction
– Littérature et jeu
– Intertextualité
– Traduction.
Elle a publié notamment :
L’Artifice romantique, de Byron à Baudelaire, Klincksieck, 1994.
– (dir.) Le Jaloux, lecteur de signes, SEDES, 1996.
– (édition, traduction, dossier) Lermontov, Un héros de notre temps, GF-Flammarion, 2003.
– (édition, traduction partielle, dossier) Gogol, Nouvelles de Pétersbourg, GF-Flammarion, 2009 (1/ 1998).
– "Cavalerie rouge de Babel. Le régiment de Boudionny dans la littérature et la culture populaire", in Littérature et dissidence en URSS, éd. Frédérique Leichter, Presses de l’Université de Paris X, 2009.
– (dir.) J’ai tué, violence guerrière et fiction, en collaboration avec Pierre Schoentjes, Paris, Éditions Rue d’Ulm, 2009.

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