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Colloque Origines de la vie : auto-organisation et/ou évolution biologique ?

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Les premiers âges de la Terre et l’environnement de l’origine de la vie
Francis Albarède (ENS Lyon)

3 octobre 2008

L’enfer sous les pieds, l’enfer sur la tête. La formation de notre planète et l’origine de la vie n’ont certainement pas bénéficié de conditions clémentes : le manteau terrestre transformé en une masse de magma sur une profondeur de plusieurs centaines de kilomètres, la fournaise de l’atmosphère trouée d’impacts incessants de météorites dont certaines faisaient des dizaines de kilomètres, rien ne laissait présager que notre planète serait le seul berceau que la vie trouverait dans le Système Solaire. La raison en est probablement que l’eau ne lui fut délivrée que tardivement, grâce à l’influence des planètes géantes sur les débris glacés qui peuplaient les orbites lointaines de notre nébuleuse. Jupiter, en jetant de l’eau sur le feu intérieur de la Terre, a permis la stabilisation d’une croûte légère flottant sur l’océan de magma et des dégagements massifs d’hydrogène, de méthane et d’ammoniaque, les composants de la soupe primordiale de Miller et de Urey. L’avenir de ces composants prébiotiques aurait probablement été aussi sombre que sur les planètes voisines, Vénus et Jupiter, si l’arrivée de ces masses d’eau n’avait également permis l’installation d’un régime géodynamique unique à l’intérieur de la Terre, la tectonique des plaques, et son corollaire, la formation des continents qui aujourd’hui s’avèrent essentiels au renouvellement des substances nutritives de l’océan et donc à la stabilité de la production biologique primaire.

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Francis Albarède Francis Albarède (ENS Lyon)
Géochimiste français, Francis Albarède appartient au Laboratoire des sciences de la Terre de l’École normale supérieure de Lyon et est membre de l’Académie Europaea.