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Colloque La physiognomonie à la Renaissance / The Arts and Sciences of the Face 1500–1850

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Robert Fludd et la physiognomonie / Robert Fludd and physiognomony
François Fabre (Paris)

14 décembre 2007

Les usages de la physiognomonie - session Physiognomonie et occultisme présidée par Isabelle Pantin (Paris).

Dans l’œuvre tentaculaire de Robert Fludd, médecin de son état, la physiognomonie occupe une place bien délimitée. Une portion distincte de l’Histoire des deux cosmos (Utriusque cosmi historia), parue à Oppenheim en plusieurs livraisons à partir de 1617, est consacrée à la discipline étudiant les rapports entre l’âme “vitale” et l’âme “animale”, également désignée “astrologie physiognomique” (UCH, tome II, traité 1, section 2, portion 5), et rangée parmi les arts divinatoires, fondés sur l’examen “technique” (technica historia) du microcosme, et qui vont de la prophétie à la science des pyramides.
C’est dans ce contexte que prend place le traité que notre auteur consacre à la physiognomonie. Fidèle à sa méthode, Fludd procède par subdivisions systématiques et répartit la matière de cette “portion” en trois livres, respectivement consacrés à la physiognomonie en général (définition, étymologie, sources et autorités) ; aux “signes physiognomoniques”, eux-mêmes classés en deux parties : signes communs, affectant l’ensemble du corps, et signes propres, se manifestant surtout dans certaines parties du corps ; aux tempéraments, enfin, et au relevé des traits physiognomoniques qui les singularisent.
L’obsessionnelle manie classificatoire de Fludd, rendant illisible le plan d’ensemble à force de subtilités taxinomiques, ainsi que l’élargissement constant de ce même plan – horizon perpétuellement reculé d’un work in progress condamné à l’inachèvement – consituent dès l’abord les deux originalités les plus frappantes de l’écriture fluddienne. Mais ces deux singularités procèdent au fond de la même démarche et racontent à deux échelles différentes la même quête d’un savoir hermétique, déchiffrable in fine par les yeux de l’imagination.
Enfin, la minutie avec laquelle Fludd détaille le corps microcosmique dans ses rapports avec le macroscosme annonce déjà le fascinant exercice auquel l’auteur se livrera dans son Amphithéâtre d’anatomie (1624), qui juxtapose une “anatomie vulgaire” et une “anatomie mystique” aux perspectives encore élargies et toujours plus fécondes.

In the sprawling works of the physician Robert Fludd, physiognomony occupies a very restricted place. A distinct part of his History of Two Worlds, which appeared in Oppenheim from 1617 onwards, was devoted to the discipline studying the relationship between the ‘vital soul’ and the ‘animal soul’. This discipline was also known as ‘physiognomic astrology’: situated amongst the divinatory arts based on the ‘technical’ analysis of the microcosm, it ranged from prophesy to the science of the pyramids. It is in this context that we can place our author’s treatise on physiognomony. Faithful to his method, Fludd proceeds by systematic subdivision and splits up the contents into three parts, devoted respectively to physiognomony in general (definition, etymology, sources, authorities); to ‘physiognomonic signs’, which in turn are subdivided into two parts (common signs affecting the whole of the body, and proper signs manifesting themselves in particular parts of the body); and temperaments, with an account of the physiognomic traits which characterise them.
The two most striking originalities in Fludd’s writing are his obsessional classificatory mania – which makes the overall plan unreadable by dint of its taxonomic subleties – and, second, the constant broadening of the overall plan, which becomes the perpetually vanishing horizon of a work in progress condemned to incompletion. Yet these two singularities derive basically from the same approach and express, albeit in different registers, the same quest for a hermetic knowledge decipherable only through the eyes of the imagination. Finally, the minute detail with which Fludd describes the microcosmic body in its relations with the macrocosm prefigures the fascinating exercise in which the author will engage in his Amphitheatre of Anatomy (1624) which juxtaposes a ‘vulgar anatomy’ and a ‘mystical anatomy’ which opens up even broader and more fruitful perspectives.

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