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Colloque La physiognomonie à la Renaissance / The Arts and Sciences of the Face 1500–1850

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Science ou pseudo-science ? Physiognomonie et ethnographie / Science or psuedo-science: physiognomony and ethnography
Frédéric Le Blay (univ. Nantes)

13 décembre 2007

L’héritage et son interprétation - session Physiognomonie et philosophie classiques présidée par Fernand Hallyn (Gand)

L’étude de la physiognomonie a conduit les commentateurs à poser la question du statut de ce savoir. Peut-il se hausser au rang de science ou constitue-t-il un savoir dont les présupposés et les méthodes restent discutables au regard des autres domaines de l’activité théorique ? Nous ressentons un certain malaise épistémologique, dont les causes sont à rechercher dans les avatars et les applications que la physiognomonie a pu connaître tout au long de l’histoire. Or il semble bien que le statut de ce savoir ne soit pas aussi problématique pour les théoriciens antiques. En effet, loin d’être une pratique isolée, la physiognomonie élabore sa méthode et son fonds théorique en puisant aux deux grands domaines complémentaires du savoir sur l’homme et le monde que sont la médecine d’une part et la météorologie d’autre part. Cette triade (physiognomonie-médecine-météorologie) repose sur un système humoral associé aux qualités élémentaires (froid/chaud, humide/sec), que l’on voit à l’œuvre aussi bien dans la médecine d’inspiration hippocratique que dans la physique aristotélicienne. L’homme et son environnement sont ainsi reliés dans un même mouvement spéculatif. L’une des voies d’expression privilégiées de cette pensée unificatrice est la détermination des caractéristiques physiques et morales des peuples habitant les diverses contrées du monde, programme déjà à l’œuvre dans les Physiognomonica attribués à Aristote et sans cesse revisité dans la littérature postérieure.

Studying physiognomony has led commentators to consider the status of the knowledge it produces. Can it be elevated to the rank of a science or is it a form of knowledge whose presuppositions and methods are problematic from the point of view of other domains of theoretical activity? The applications and spin-offs that physiognomony has experienced throughout its history create in us a certain epistemological malaise. Yet it seems that the theoretical status of this form of knowledge was not as problematic in Antiquity. Far from being an isolated practice, moreover, physiognomony developed its methodology and its theoretical basis by drawing on two great complementary forms of knowledge about humanity, namely, medicine on one hand and meteorology on the other. The resultant triad (physiognomony – medicine - meteorology) rested on a humoral system linked to elemental qualities (hot/cold, wet/dry) that were evident both in Hippocratic-style medicine and in Aristotlelian physics. Man and his environment were thus conjoined within the same mode of enquiry. One of the privileged forms of expression of this unificatory thought – and one which was also evident in the Physiognomonica attributed to Aristotle, and endlessly revisited thereafter - was the determination of the physical and moral characteristics of peoples inhabiting different parts of the world.

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Frédéric Le Blay Frédéric Le Blay (univ. Nantes)
maître de conférences de langue et littérature latines, université de Nantes, département de Lettres anciennes.